Vous êtes ce que vous pensez

Vous êtes ce que vous pensez

Une vérité incontournable et bénéfique

Vous êtes ce que vous pensez, se place dans le droit fil de ce que nous avons abordé antérieurement quand j’ai affirmé que vous n’êtes pas ce que vous ressentez et que vous n’êtes pas non plus ce que vous faites

Certaines personnes ont l’impression de faire corps avec leurs émotions. En effet, un naturel assez généralisé nous pousse à dire « je suis en colère » ou encore « je suis triste ». Or, nous avons appris que ce n’est pas comme ça que fonctionnent les choses. Si vous n’avez pas lu cet article, je vous encourage à le faire.

Certains disent « je suis ce que je fais puisque, quand je fais une bêtise, je suis con et quand je fais une chose géniale, je suis brillant·e ». Là encore, nous avons souligné l’intérêt d’un travail de dissociation. De la même manière, si vous n’avez pas lu cet article, je vous encourage à le faire. 

Après deux sujets sur ce que vous n’êtes pas, il est temps de vous dire ce que vous êtes. 

Comment notre cerveau gère-t-il nos pensées ?

Comment notre cerveau gèrent-il les pensées ?

Comme dans les deux rendez-vous que je viens de mentionner, on est contraint, quand on fait face à cette réflexion sur le fait de ne pas être ce que l’on pense, de se recentrer sur le fonctionnement du cerveau. Et notamment, la première information à mentionner est que le cerveau ne peut pas traiter plusieurs pensées en même temps. C’est une excellente nouvelle, pour moi, et vous comprendrez en quoi !

Voici quelques chiffres issus d’études scientifiques :

  • 2 160 000 pensées par an
  • 180 000 pensées par mois
  • 42 000 pensées par semaine
  • 6000 pensées par jour
  • 380 pensées par heure
  • 6,5 pensées par minute
  • 1 pensée toutes les 5 secondes

Penser est une activité importante du cerveau

Finalement, nous pensons beaucoup :-). Cela dit, je sais enfoncer une porte ouverte ! Vous avez remarqué que vous pensiez beaucoup. Certains ont même l’impression d’être en permanence en train de penser à plein de choses en même temps. 

En fait, nous ne pensons pas à plusieurs choses en même temps. Nos pensées ne peuvent être traitées qu’une par une. On peut parler de constellations de pensées avec des connexions inter-pensées, si je puis me permettre cette expression. Ainsi, ayant pensé à une chose, on va penser à une autre avant de penser à une autre chose encore et ainsi de suite. Le système de pensées n’est pas linéaire avec des points numérotés de 1 à x.. Imaginez plutôt les pensées sous forme de constellations avec des lignes qui les rejoignent les unes aux autres dans le respect d’une cohérence permanente.

Il est intéressant de rappeler que certaines personnes qui ont l’impression d’avoir changé de sujet n’ont pas, en fait, changé de sujet. Certains me disent « ce que je veux dire n’a rien à voir avec ce que j’ai dit avant » alors que ça a véritablement à voir. Ça a systématiquement à voir avec ce que vous avez dit avant, même si 1/100 de ce que vous allez dire est en relation avec ce qui a été antérieurement évoqué. Il y a sensément un lien vu que le cerveau fonctionne en cohérence logique. 

Cette réalité n’est pas sans impacte sur les émotions. Parce que si vous avez un collègue adopte un comportement qui ne vous satisfait pas c’est forcément parce que vous avez vécu quelque chose qui, antérieurement, vous a conduit à utiliser votre collègue en question pour raviver des situations émotionnelles et des pensées corrélées à cette où ces événements intérieurs. Votre collègue n’y est pour rien dans votre mode de pensées. En ce sens, je rejoins Don Miguel Ruiz dans un de « Les quatre accords toltèques » qui écrit «Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle ». 

Nos pensées sont bien plus puissantes que nous le pensons

Lao Tseu, philosophe chinois, pleinement conscient de la puissance et de l’importance de nos pensées a écrit «Si vous corrigez votre esprit, le reste de votre vie se mettra en place ». Nos pensées sont capables d’une puissance colossale. Bien entendu, c’est valable également pour les émotions. Imaginez donc le cocktail pensées-émotions qui débouche sur les actions est, lui aussi, revêtu d’une puissance que nous avons tendance à sous-estimer

Nous avons parfois tendance à donner l’impression de subir nos pensées et nos émotions. On dit ne pas avoir choisi, c’est comme ça, « je pense comme ceci et comme cela. J’agis comme ceci et je n’y peux rien ». Eh bien, la bonne nouvelle est que vous avez tort !Je sais qu’il n’est pas forcément agréable d’avoir tort, mais c’est un fait. Vous avez tort. Vous pouvez, bien au contraire, agir sur vos pensées. Ainsi, cela conduira un changement sur vos émotions et, par conséquent, sur vos ressentis corporels et sensoriels. Par voie de conséquences, cela induira de nouvelles actions.

Rester ouvert à ses pensées

Choisissez de ne plus sous-estimer le pouvoir de vos pensées 

Avant de poursuivre, je vous demande de ne plus sous-estimer le pouvoir de vos pensées et de vos émotions. Prenez conscience de passer à côté d’une frange de votre vie (ou de franges de votre vie, pour le considérer au pluriel) parce que vous avez l’impression de vivre dans une sorte de mécanique automatisée. 

Vous pensez subir un fonctionnement autant en matière de pensées que d’émotions et d’actions. Comme si vous étiez dominé·e par une puissance, comme programmé·e, comme le serait un robot. Du coup, vous entrez dans une logique de victime, comme on subirait un tsunami. 

Or, en cas de tsunami émotionnel, on passe à l’action, on pète un Cable, on pleure, on tape du poing sur la table, on crie, on s’en va , on rougit, on en a marre et on quitte les lieux… Et on ne me rend pas forcément compte que tout ça est en relation avec nos pensées. On est donc bien en amont des émotions. Par conséquent, si l’on travaille sur ses pensées, ou dirais-je, si on investit dans ses pensées, on investit dans sa vie. C’est également valable si on choisit d’investir dans ses émotions. 

Seulement, vous comprenez que vos émotions prennent racine dans vos pensées. Mieux vaut donc travailler sur ses pensées que sur ses émotions étant donné que ces dernières viennent en aval. 

L’auto-traitement des pensées

À présent, arrêtons-nous sur la manière dont nous gérons nos pensées. 

Une grande part de nos actions sont programmées par nos pensées et émotions. Si je regarde en amont, ça a donc pour conséquence de m’éclairer sur le fait qu’un bon nombre de mes pensées sont automatisées, programmées. On appelle cela l’auto-traitement des pensées.

Ce fonctionnement automatisé à de nombreux avantages. Il nous permet de :

1. Procurer la sécurité  

En effet, grâce à l’auto-traitement des pensées, nous n’aurons pas besoin de réfléchir en permanence à l’éventuelle menace et aux risques que l’on peut encourir quand on se promène sur le trottoir pour aller au travail. Ni même quand on est en train de jouer dans la forêt ou de faire une randonnée en vélo. Et encore moins quand on cuisine.

Si nous ne fonctionnions pas sur le principe de l’auto-traitement des pensées, nous serions en mode d’alerte quasi-permanent, utilisant un radar qui veillerait à ce que tout comportement suspect (en ce sens qu’il serait différent de ce que l’on pourrait en attendre) serait identifié comme une menace potentielle. Dans ce cas, cela provoquerait un changement d’émotion pour une réponse immédiate par l’action. Il en résulterait : 

  • la fuite, 
  • l’attaque 
  • ou le figement, 
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une des trois réactions possibles face à l’émotion de peur.

L’auto-traitement des pensées qui génère ce sentiment de sécurité est donc relatif à l’émotion de peur. Il permet (en amont) de limiter le déclenchement de l’émotion de peur (en aval). Merci à l’auto-traitement 🙂 !

2. Instaurer un confort 

Toujours en relation avec l’émotion de peur, l’auto-traitement favorise le confort. Grâce à son efficacité, il nous permet d’identifier rapidement la situation comme étant déjà connue. C’est justement parce qu’elle est connue qu’elle est automatisée, intégrée. Il n’est donc plus nécessaire d’analyser un objet pour savoir s’il sera brûlant, coupant, dangereux, solide, etc

Quand vous vous asseyez sur une chaise, il ne vous arrive pas d’en vérifier la solidité avant de vous asseoir ! De la même manière, quand vous allumez votre smartphone, vous ne vous interrogez pas pour savoir s’il fonctionnera. Vous ne vous posez plus la question parce que vous êtes dans un auto-traitement des pensées. 

Même au niveau alimentaire, quand vous allez manger une courgette, vous ne vous posez pas la question de savoir quel goût elle pourrait avoir et si elle présente un danger pour votre santé. Grâce à l’auto-traitement, vous vivez un confort relatif à des expériences connues. Cela a pour conséquence l’économie d’énergie. 

3. Économiser de l’énergie 

La nature, comme le corps humain qui en fait partie, a une mission annexe, qui n’en demeure pas moins une mission : utiliser le moins d’énergie possible. Et mieux encore, produire davantage d’énergie qu’elle n’en consomme. La science, aujourd’hui, s’arrache les cheveux pour réussir à mettre en place des mécanismes qui produisent davantage qu’ils ne consomment. C’est sans doute l’avenir des nouvelles technologies. 

Nous sommes en plein boom des véhicules électriques. Renault est le plus gros vendeur de véhicules électriques en France en 2022. Nous sommes tous contents de mettre en place des véhicules électriques pour protéger la planète alors que le réel impact sur l’environnement est inquiétant quand on regarde la globalité du véhicule du début sa construction à sa disparition complète post-utilisation, comme l’évoque le magazine Futura-Sciences

Une chose est sûre, c’est bon pour la politique et l’économie ! Pour la planète, on verra après. Pour construire ce genre de véhicules, on consomme une telle énergie qu’on est bien loin d’un fonctionnement qui met en avant des bénéfices pour la nature. Dès que l’on entre dans le processus de création, au-delà du faire industriel humain, on sait créer un processus qui produise davantage qu’il ne consomme. 

REGARDER l’EXTRAIT VIDEO : Voiture 100% électrique en 2035 : à quel prix ? – François-Xavier Pietri – C à Vous – 17/10/2022

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S'observer en pleine conscience

L’auto-traitement est une voie d’excellence

L’auto-traitement est un excellent moyen pour gagner du temps et se protéger puisqu’il permet d’éviter de se reposer des questions en permanence, suscitant une insécurité récurrente. Il permet ainsi de favoriser le confort sans recours à des solutions nouvelles pour situations déjà connues. 

Quand on mange une soupe, on ne se demande pas si on prendra une cuillère, une fourchette ou un couteau. Si on veut se laver, manger une salade, savoir comment enfiler un pantalon, des questions ne se posent plus. On a pas à se replacer dans une situation qui nécessiterait de chercher à trouver des solutions. 

On ne se demande pas comment faire pour se raser sans se couper, enfiler un tampon périodique, attacher un soutien-gorge, etc. Même conduire un véhicule fait appel à un auto-traitement. De ce fait, il n’est plus nécessaire de penser ou de réfléchir. 

Les limites à poser à l’auto-traitement

Il est possible de répondre à son enfant grâce à l’auto-traitement des pensées. Idem pour manger… Aïe ! Je parle de manger, mais ça peut malheureusement mettre en évidence un des inconvénients de l’auto-traitement. En effet, on peut ne plus se poser de questions quand il s’agit de manger, de se droguer, de se soumettre ou même d’adopter quelques autres fonctionnements délétères dans lesquels on va s’abîmer de manière automatisée. C’est alors qu’il y a tout intérêt à recommencer à être conscient de ses pensées pour sortir d’un auto-traitement

En effet, le traitement produit confort, sécurité et économie d’énergie avec tous les détails mentionnés jusqu’ici. En même temps, ce mode de fonctionnement nous expose en au risque de nous maintenir dans une zone de confort dans laquelle on devrait être dans l’inconfort !

Je partage avec vous une citation du Docteur Simon, Professeur de psychiatrie clinique du comportement au collège de médecine Albert Einstein, et qui dit que « Si nous pouvons apprendre à être plus conscients de ce que nous pensons dans des situations qui nous dérangent, nous pouvons nous mettre en position de changer ce que nous ressentons dans ces situations ». Et pour ce faire, il est nécessaire de faire appel à la conscience, et mieux encore, à la pleine conscience. Mais qu’est-ce que la pleine conscience ?

La pleine conscience

La pleine conscience est un état d’attention actif et ouvert au présent. C’est un état qui décrit une capacité d’observer ses propres pensées et ses sentiments sans les juger comme bons ou mauvais. Cela signifie qu’il sera possible de les regarder, de les observer et d’en prendre connaissance sans plus d’intention que cela.

Je ne cherche pas à développer une philosophie bizarre. Il s’agit vraiment d’une observation de soi promue par toutes les écoles de Psychologie Pratique Cognitive et Comportementale. Chacune d’elle fait appel à des exercices de pleine conscience dans le but d’apporter des changements efficaces. Pour vous dire, je suis convaincu qu’il n’est pas possible d’apporter un changement réel sans passer par la pleine conscience. Nous avons besoin de passer par un moment d’observation de soi dans lequel on prend connaissance de ce que nous vivons. 

Ainsi, en cherchant à se comprendre, et à se lire sans se juger, on y parvient comme on lirait un événement complètement nouveau qui n’a aucune connexion possible avec le champ émotionnel expérimenté jusqu’alors. 

La pleine conscience est la pédale le frein de l’auto-traitement

Or, vous ayant parlé de l’auto-traitement, vous comprenez la raison pour laquelle je vous parle de pleine conscience. Étant donné que nos pensées sont, pour la plupart, autant traitées, que nos émotions le sont par voie de conséquences, nos actions sont également auto-traitées. Il n’est donc pas possible d’envisager un changement sans prise de conscience de la situation dans laquelle on se trouve. Sans chercher à comprendre les raisons pour lesquelles on déroule ce que l’on vit, que ce soit sur le plan émotionnel, factuel (du domaine des actions) ou des pensées. 

Quelque part, nous avons besoin de nous mettre en pause pour comprendre ce qui se passe en nous. C’est d’autant plus pertinent que, face à un événement, il peut y avoir de multiples manières d’agir et de réagir. On parle justement d’intelligence émotionnelle quand, face à un événement, on se rend compte qu’il est possible d’avoir plusieurs attitudes, plusieurs ressentis et donc, plusieurs réactions. On apprend qu’il n’existe pas qu’une seule réponse ou qu’une seule voie possible.

La vitre de la voiture

Prenons un exemple. Un homme baisse la vitre de sa voiture et siffle une femme qui passe. Pour illustrer l’exemple, supposons que trois femmes vivent la même situation. 

  • La femme numéro une pense : « c’est pénible ces mecs lourdauds. Ça me gonfle de les entendre me siffler comme ça… ». 
  • La femme numéro deux pense : « Ah, une touche de plus ! C’est la troisième depuis le début de la semaine ! ». 
  • La femme numéro trois, quant à elle, pense : « Où est la nana qui se fait siffler comme ça ? », convaincue que ce ne peut pas être elle.

Dans cet exemple, vous voyez que dans le même événement, trois femmes différentes ont trois pensées différentes.

J’en ai pris trois parce que je ne peux pas vous faire une liste énorme, mais si je prenais une liste de 100 personnes, on pourrait se rend compte que peu de personnes vivraient la même situation de la même manière. Il serait difficile de trouver plusieurs personnes qui auraient exactement la même pensée. Si, dans un amphithéâtre, on demandait à un groupe d’étudiants d’écrire ce qu’il pense de ce qui s’est passé, on se rendrait compte de divergences et de convergences. 

Mais, malgré tout, il y aurait forcément d’énormes différences. Comme nous le voyons depuis le début de ce rendez-vous, les facteurs qui déterminent nos réactions, comme les émotions qui s’y trouvent reliées, sont nos pensées.  

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Des différences considérables

Pourquoi ces femmes pensent-elles différemment face aux mêmes événements ? Parce que l’événement est neutre, en soi. Je vous renvoie vers le rendez-vous intitulé « le mystère des émotions ». La lecture d’un événement fait donc toute la différence puisque l’événement est neutre. En conséquence, la lecture de l’événement relève de la responsabilité de chacune de ses femmes. Elles ne sont pas conditionnées par le même milieu parce qu’elles n’ont pas la même éducation ni la même vision. En conséquence, elles n’ont pas la même manière de réagir. 

D’ailleurs, c’est intéressant de voir que dans une adelphité on n’a pas forcément vécu le même conditionnent. En conséquence, on ne vit pas l’auto-traitement des pensées de la même manière que son frère ou sa sœur. Tournez-vous vers vos frères et sœurs pour vous en assurer ! 

Posez-leur des questions pour savoir comment ils ont vécu la manière d’agir de votre père ou de votre mère. On peut ajouter celle de votre oncle, de votre prof si vous étiez dans la même classe. Vous verrez ainsi qu’il y a des différences colossales entre les uns et les autres pour le même événement.

Seulement, à partir du moment où l’on choisit de sortir de l’auto-traitement, on peut prendre la mesure de la pleine conscience de ce qui est en train de se produire dans ses pensées. À partir de là, et seulement à partir du moment où on vivrait la pleine conscience, on peut commencer à porter des changements dans ses pensées. 

Attraper une pensée

Comment vivre cette pleine conscience ? 

Plusieurs fois, sur Heureux au Présent, je vous ai invité à le faire avec ce que j’ai communément appelé l’installation des caméras. Avec cet exercice, vous devenez conscient·e, face à un événement donné, d’être sur la scène de l’événement. Vous le vivez en direct. 

Ainsi, ajoutez des caméras dans la salle, comme s’il s’agissait d’une salle de spectacle. Placez-en également dans la coulisse, sur la scène et au point exact situé là où se trouve votre regard, pour montrer ce que vous captez. Pourquoi autant de caméras, me direz-vous ? Parce qu’elles symbolisent que l’on a compris combien nos pensées et ressentis peuvent être hyper variés selon l’angle de vue. 

En effet, si l’on adopte un regard rationnel, on se rendra compte qu’en interrogeant cent personnes sur un événement donné, même si certaines semblent avoir pensé la même chose en surface, dans le fond ce n’est pas le cas. Ce qui explique ce phénomène est uniquement lié au fait que chacun «possède» un parcours de vie différent incluant des expériences et des ressentis émotionnels forcément différents de ceux de ses voisin·e·s  qui sembleraient avoir le même regard. 

Les deux témoins

Si on demandait à deux personnes ce qu’elles ont pensé d’un livre lu, les deux pourraient dire qu’elles l’ont trouvé super. « J’ai beaucoup aimé ce qu’a écrit l’auteur, et particulièrement quand il a dit ceci ! ». Et l’autre de dire « ah oui ! Moi aussi. J’ai retenu la même citation que j’ai beaucoup aimée… ». OK, j’entends bien. À présent, pourquoi avez-vous beaucoup aimé cette citation ?

Si l’on prenait chacune de ces personnes séparément, on se rendrait compte que la différence, ou plutôt les différences commenceraient à se multiplier. Cette réalité est indubitablement liée au fait que l’appréciation de ce qu’a écrit l’auteur est attachée à une expérience singulière et respective de chacun. 

Si donc je place plusieurs caméras dans la salle, j’aurai une pluralité de regard sur mes propres pensées, émotions et comportements. De plus, en plaçant une caméra à l’endroit même de mes yeux et d’autres en coulisses, je multiplierai les possibles regards comme ma capacité à m’observer. Je serai davantage alerté sur ce qui se passe en cherchant à me placer sous des angles différents pour chercher à percevoir les différents modes de pensée possible et les différents ressentis émotionnels manifestés. 

Passer à l’action

Cela nous permet d’apprendre à attraper nos pensées au vol. Qu’ai-je pensé à ce moment-là et qui a fait que j’ai ressenti des émotions et agit de telle manière ? Ainsi, je peux commencer à observer ce que j’ai conscience d’avoir pensé. Par exemple : 

  • J’ai trouvé que j’étais bon
  • Je pensais que c’était un salaud
  • Je pensais qu’il était généreux
  • Je pensais qu’il était radin
  • etc.

Première étape : attraper sa pensée

En attrapant ma pensée, avant de me demander pourquoi j’ai pensé ça, j’en prends l’information sans jugement. Par contre, pour un travail fécond, rien ne remplace l’observation par écrit. 

En travaillant sur cette capacité d’observation de soi, il devient de plus en plus facile d’identifier la pensée en question même si, comme nous l’avons dit tout à l’heure, nous avons une pensée toutes les cinq secondes. La pensée capturée sera peut-être corrélée à d’autres, comme nous l’avons évoqué également tout à l’heure. Seulement, il devient possible, grâce à l’entraînement, d’identifier une pensée parmi d’autres. 

Pratiquez donc plusieurs fois par jour cet exercice afin d’y parvenir. Une fois que vous avez identifié votre pensée, vous pouvez commencer à percevoir les raisons pour lesquelles vous avez ressenti une émotion donnée. 

Ensuite, vous pourrez commencer à la challenger comme à la modifier. Et vous vous rendrez compte que votre vie changera, mais nous verrons ça plus tard. Du coup, les pensées négatives, traitées de manière automatique, feront l’objet de votre travail.

Heureuse tout simplement

Les pensées négatives

Quand je parle de pensées négatives, je veux parler des pensées qui ont des effets négatifs. Il n’existe de pensées négatives et des pensées positives sur le plan rationnel. Toutefois, identifiez celles qui vous paraissent négatives, en les à accumulant sur votre cahier de vie ou sur la feuille que vous avez choisie pour les y coucher. 

Attention, ne cherchez pas à les challenger ou à les changer. La première étape de cet exercice est nécessairement de les attraper et de les observer sans envisager de changement. 

Qu’est-ce qu’une pensée négative

Il arrive qu’on me demande ce qu’est une pensée négative ? Je vous donnerai ma réponse pour vous aider à pratiquer cet exercice.

Nous sommes tous en mesure de mesurer l’impact positif ou négatif de pensées qui nous traversent l’esprit même si, parfois, on est dans la confusion, on n’est pas certain de savoir si une pensée est positive ou négative.  

Alors, imaginons que vous ayez attrapé une pensée. Vous l’avez couchée sur votre cahier de vie. Regardez-là et posez-vous la question :

Question 1 : Est-ce que cette pensée est agréable pour moi à court terme ? Est-elle bénéfique ?

Si je peux répondre « oui » à cette question, je peux passer à la question suivante.

Question 2 : Est-ce que, sur le long terme, cette pensée est agréable et bénéfique ? Si je réponds par la négative, il s’agit donc d’une pensée à effet négatif ou d’une pensée négative. En effet, si le bénéfice est présent sur le court terme et absent du long terme, c’est bien une pensée négative ou à effet négatif.

Ma méthode pour identifier les pensées positives et négatives

Voici ma méthode simplifiée pour identifier les pensées négatives et positives : 

  1. Agréable (A) et bénéfique (B) sur le court terme + désagréable (NA) et non bénéfique (NB) sur le long terme = une pensée négative
  2. Agréable (A) et bénéfique (B) sur le court terme +agréable (A) et bénéfique (B) sur le long terme = une pensée positive
  3. Désagréable (NA) et non bénéfique (NB) sur le court terme + agréable (A) et bénéfique (B) le long terme = une pensée positive 

En résumé : à apprendre par coeur 😉 

  1. AB à court terme + NAB à long terme = négatif
  2. AB à court terme + AB à long terme = positif
  3. NAB à court terme + AB à long terme = positif

Un inconfort bien connu

Le troisième compartiment qui inclut les effets non agréables et non bénéfiques à court terme, mais dont les effets restent agréables et bénéfiques à long terme est généralement gênant. Parce que nous avons horreur des pensées désagréables sur le moment

Nous avons horreur des situations non bénéfiques. Mais, ce n’est pas parce qu’une pensée (comme une chose) n’est pas bénéfique sur le moment que cela entrainera des effets négatifs. Une chose peut être désagréable et non bénéfique sur le moment et s’avérer tout à fait bénéfique sur le long terme. Du coup elle entre dans le domaine des pensées positives ou à effets positifs.

Prenez le temps, posez-vous, réfléchissez et observez-vous. Attrapez vos pensées avant que l’on se retrouve la semaine prochaine pour continuer vers les étapes suivantes. Il s’agira de challenger et de modifier vos pensées. Ainsi, vous découvrirez comment s’y prendre.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine 

Bye-bye  

12 commentaires

  1. Article très complet et très intéressant ! Je suis impressionnée par la pertinence de tous tes articles ! Tu as bien raison, les pensées fonctionnent une part.

    1. Je te remercie pour ton retour, et me réjouis que tu aies trouvé cet article passionnant.
      Bien à toi.

  2. Super article.
    J’ai bcp apprécié l’exemple « La vitre de la voiture » qui démontre bien qu’une même situation évoque des pensées différentes. De plus, chacune de ces 3 (ou 100) femmes peut – face à la même situation – avoir une pensée différente selon de ce qui s’est passé plus tôt dans la journée, ou de son état d’esprit actuel…
    C’est un sujet bien complexe, mais tes conseils et exercices aident à (se) comprendre mieux !

    1. Merci Jessica,
      Je souhaite que cette image de la vitre de la voiture se suive longtemps. Elle est très aidante pour prendre conscience de l’interprétation de notre lecture des événements.

  3. Excellent sujet sur la gestion de nos pensées, j’avais déjà entendu parler de la pleine conscience. Tu le décris très bien dans cet article.
    Je ne sais pas si cela correspond avec ton sujet, mais lorsque j’ai besoin de libérer mon esprit je travaille le bois. Un ami menuisier me permet de venir l’aider quand j’ai besoin de me vider la tête et travailler le bois, sans musique, me fait l’effet d’une méditation.
    Merci pour ton article

    1. Alexandre, je te remercie pour ton retour.
      Pour répondre à ta question, travailler le bois, ou pratiquer une activité qui me passionne, est un moyen aidant de vivre la pleine conscience dès que les gestes sont pensés avec l’objectif de canaliser (créer une voie) ses pensées et, par conséquent, ses émotions.
      Même si tu pratiques cet exercice sans être conscient de l’influence sur tes pensées, tu impact directement tes émotions, d’autant que tu mets ton corps en mouvement. Or, les émotions s’expriment par le corps, par le mouvement.
      Bonne continuation

  4. La méditation de pleine conscience est pour moi l’outil essentiel pour arriver à prendre conscience de ses pensées et réussir à comprendre qu’elles ne sont que cela, des représentations mentales qui ne nous définissent pas. Nous redevenons enfin observateur.
    Ce n’est, commme tout outil, pas un remède miracle, mais pratiquer avec conscience et assiduité, la pleine conscience permer de ne plus être dans le jugement de nos pensées.

    1. Merci pour votre commentaire et les précisions que vous apportez. Cela dit, je préfère opter pour une étape complémentaire, la pleine conscience qui peut, dans certains cas, ça virer nécessairement préférable à la pleine conscience. Je n’aborderai dans un rendez-vous à venir.
      Au plaisir.



  5. Woaw un article très instructif ! Il va falloir que je le relise de temps en temps pour me rappeler de cette mine d’or ! oui la pleine conscience est le premier pas que j utilise pour sortir de ce que j’appelle le pilotage automatique (PA); et il est difficile d’en ressortir car il apporte des bénéfices comme tu dis, c’est comfortable, sécurisant et, ça économise l’énergie. malgré des exercices de pleine conscience on retombe très vite dans ce PA ! mais peut être je peux changer ça et travailler avec mes pensées après tout ! Il suffit de responsabiliser les pensées ! !. Et oui sur la construction des voitures électriques pour sauver la planète, c est une belle blague… l’uranium et ces autres métaux toxique. J’ai vraiment hâte de lire et même de relire car il y a vraiment beaucoup d’informations c’est génial !

    1. Bonjour Rousseau,
      Je te remercie pour ton retour sur ta lecture de cet article. Note qu’il y’a une suite à celui-ci. Du coup, en plus de le relire, tu peux continuer à te nourrir, en lisant les suivants qui sont inclus dans les volets intitulés « Pensez qui vous voulez être ».
      Enfin, je relève ta phrase quand tu écris « il suffit deux… ». Ça donne l’impression d’une énorme facilité alors que ce n’est pas le cas. Ce qui est facile, en revanche, c’est de passer à l’action dans un entraînement avec « le phénomène de répétition ». J’en parle justement dans les articles dont je viens de te donner le titre un peu plus haut.
      En conséquence, ce n’est pas simple, mais c’est accessible, et bien plus qu’on le pense généralement.
      Pour reprendre une image : faire du vélo n’est pas simple. Pourtant, c’est bien plus accessible qu’on le pense quand on ne sait pas encore faire du vélo.
      Bonne journée

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