Vivre avec ses échecs

vivre avec ses échecs

Trois étapes pour y parvenir et vivre plus léger

Vivre avec ses échecs n’est pas forcément une chose agréable, c’est la raison pour laquelle je veux m’arrêter sur ce sujet aujourd’hui. 

Je commencerai avec une phrase assez simple et accessible à tout le monde : une vie sans échec n’existe pas. J’affirme que cette phrase est simple et accessible à tous. Elle est lapalissade. Je ne connais personne capable de dire « je vis une vie sans échec. Je n’en ai connu aucun » ou encore une personne qui pourrait affirmer connaître une personne n’ayant jamais rencontré d’échecs.

Puisque les choses sont claires, mieux vaut accepter les échecs d’emblée. Puisqu’aspirer à vie sans échec est utopique, ou plutôt, puisque l’échec fait partie des expériences de la vie, autant les accepter dès le départ. Cela permet de changer bien des situations. L’acceptation est considérable au point que, l’évoquant avec vous aujourd’hui, je choisis en direct d’en faire le sujet d’un de nos prochains rendez-vous Heureux au présent. 

1. Comprendre pourquoi on bloque face à un échec

Avant de venir, restons sur le sujet d’aujourd’hui pour demander que faire quand on ne parvient pas à accepter ses échecs ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et pourquoi pouvons-nous avoir une sérieuse difficulté à vivre nos échecs ? Que veut signifier notre incapacité à accepter que le résultat attendu soit trop différent de l’attente. C’est bien la définition de l’échec. 

Il s’agit bien d’une situation projetée, sur laquelle on a fantasmé et qui, en fin de compte, se trouve bien différente de celle que nous attendions. Le sentiment d’échec est vraiment présent quand ce résultat est trop différent du résultat escompté, il ne s’agit pas d’un simple écart de quelques millimètres !

Dans ces conditions, on développe les émotions dites négatives, à savoir, la colère, la tristesse, la honte et la peur. Comme je vous l’ai déjà évoqué dans un rendez-vous précédent, ses émotions peuvent être condensées en une seule émotion ; la peur. 

Je vous renvoie au magnifique livre de Don Miguel Ruiz, qui évoque ce que je partage ici « Le 5e accord toltèque » . Finalement, les quatre émotions de base se trouvent être fusionnées dans la seule émotion de la peur.

Deux rappels nécessaires 

Qu’est-ce que ça dit de moi quand je n’arrive pas à accepter mes échecs ? De quoi ai-je peur ?

Comme je l’ai déjà évoqué dans un rendez-vous précédent, la peur est en relation avec le rejet. Il peut donc s’agir d’une peur d’un rejet de moi-même par rapport à moi-même (pour commencer), mais bien souvent d’une peur du rejet des autres (aussi). Ce qui fait réellement peur est un regard négatif nous faisant craindre d’être écarté de notre position, de notre posture, de la place que nous avions jusque-là, de la place et de l’estime que nous nous accordions. On est véritablement installé dans cette émotion. C’est là que s’explique la raison pour laquelle la peur chapeaute les trois autres émotions de base dites négatives ou désagréables.  

Vous pouvez donc percevoir que dans la peine que vous avez à vivre un échec, vous percevez un impact en relation avec la peur de ne pas être aimé, de ne pas être reconnu, d’être écarté, d’évalué, etc. 

Premier rappel :  il est quand même intéressant de se souvenir que rien ne peut toucher à votre valeur, jamais rien. C’est intéressant de s’en souvenir sur le plan cognitif même si ce n’est pas forcément évident de l’intégrer sur le plan psycho émotionnel. 

Deuxième rappel :  il est bien utile de se remémorer que l’amour ne se mérite pas. Il est bien judicieux de ne pas confondre l’amour et l’admiration, même si l’un et l’autre nous paraissaient assez proches.

Notre besoin d’être admiré

Nous ressentons le besoin d’être admiré pour l’interpréter nous-mêmes comme étant une réponse à notre besoin d’être aimé. C’est bien le propre des artistes. Quand quelqu’un nous admire, on utilise cette admiration comme synonyme d’amour.

Ça m’a souvent fait drôle d’entendre un artiste qui se trouve devant une salle de 10 000 personnes s’exclamer « je vous aime ! ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça ne veut pas plutôt dire « je me sens aimé par votre présence que j’utilise pour me valoriser. Ça me fait tellement de bien que j’espère que vous continuerez à le faire, car j’aime être reconnu dans mon art. Je ne vous connais pas du tout et ne vous verrai jamais donc, vous dire que je vous aime est beaucoup trop. Je me sers juste innocemment, et inconsciemment, de vous pour remplir mon réservoir d’amour, alors, merci ! ». Où est-ce que l’artiste aime vraiment les gens qui sont présents ? C’est difficile à croire, hein !

Vous comprenez qu’on se retrouve ici dans un vouloir multicouche comme je l’ai évoqué la semaine dernière.

Détester l’échec est une manière de répondre à un besoin

Alors, qu’est-ce que dit de moi ma difficulté à faire face aux échecs alors que j’ai perçu ma peur ? Je comprends que cette dernière touche à mon estime de moi, à mon image de moi, à ma propre valeur et que, finalement, je me retrouve détruit à mes propres yeux. En quoi un aspect de moi est-il touché en termes d’estime et d’image ?

Je vous renvoie à la pyramide des besoins d’Abraham Maslow dont je parle dans mon iBook qui sera très bientôt présent sur le blog heureux présent et qui s’intitule « J’ai attrapé le virus du bonheur, trois remèdes efficaces pour ne pas en guérir » parce qu’en fait, cette dernière dimension touchant à la difficulté de vivre l’échec se trouve au sommet de la pyramide, qui se trouve être l’accomplissement de soi. Je vous laisse y jeter un œil en suivant le lien ci-dessus. 

Vous pourrez ainsi vous interroger pour voir si vous trouvez des carences dans les parties inférieures de votre propre pyramide des besoins. Les ayant identifiés, vous pourrez percevoir les raisons pour lesquelles vous avez une si grande fragilité dans le sommet de la pyramide où se trouve l’accomplissement de soi.

En effet, si les couches inférieures de la pyramide ne sont pas satisfaites, vous aurez une réelle difficulté, voire une impossibilité, à accéder aux couches supérieures. Ainsi, vous pourrez vous situer et commencer à chercher à répondre à vos propres besoins en partant de sa base. 

victoire et échecs

Situation pratique appliquée 

Cette semaine, j’ai discuté avec une dentiste et qui m’exprimait sa grande déception. Elle avait choisi de changer de zone d’exercice en demandant un nouveau conventionnement pour s’installer en dehors du territoire de son activité présente. Elle avait donc donné son congé au cabinet dans lequel elle exerçait, ayant trouvé un nouveau cabinet dans lequel elle avait déjà entamé une partie de son déménagement dans l’attente de son conventionnement. 

À sa grande déception, elle s’est retrouvé le bec dans l’eau parce que son conventionnement a été refusé. Par conséquent, elle ne peut plus exercer dans le cabinet  actuel, ayant donné son congé, et ne pourra pas exercer dans le nouveau cabinet étant donné que son absence de conventionnement ne lui permet pas de le faire dans une autre zone géographique. Dans les faits, elle n’a plus de cabinet.

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« Je n’ai vécu que des échecs sur le plan professionnel. Toutes les décisions que j’ai prises ont été mauvaises » me disait-elle. Je lui ai alors demandé « toutes tes décisions étaient mauvaises ? ». Ce à quoi elle a répondu qu’en effet, ce qu’elle évoquait ne touchait que le seul domaine professionnel. 

Malgré tout, vous imaginez que toutes ses décisions n’ont pas été mauvaises. Il s’agit de sa perception des choses, de son ressenti. Et pour mieux la comprendre, il importe d’intégrer la charge émotionnelle particulière qui amplifie sa perception, et distord la réalité en l’augmentant, amplifiant ainsi la souffrance perçue sur le moment. 

C’est l’émotion de peur qui participe à cette amplification parce que cette dernière a pour objectif de focaliser toute notre attention et notre énergie sur un sujet particulier en minimisant tout le reste. Il est donc tout à fait normal qu’une personne se trouvant face à l’échec ait l’impression que rien ne va plus et que son attention se trouve focalisée sur le seul point noir du problème.

Ne commençons pas à évaluer cette amplification dès que le phénomène survient sachant que, compte tenu de la charge émotionnelle liée à cet événement, il est tout à fait naturel qu’on ait l’impression d’une forte récurrence, d’une intensité élevée de souffrance et d’un impact énorme puisqu’un consciemment, la peur joue correctement son rôle.

2. Comment vivre l’échec

Après m’être arrêté sur la question « Comment expliquer pourquoi on bloque ? » Je vous propose d’aller vers une deuxième phase.

Comment vivre l’échec quand il se présente ? Quand je le vois et le perçois, comment l’accueillir ?

Vivre un échec comme un échec

Je sais que, face à une situation d’échec, les gens qui entourent la personne en situation de souffrance se mettent à lui dire « ne te laisse pas abattre, vas-y, continue, sois fort !». Je crois que l’injonction « sois fort » et celle que j’entends le plus fréquemment. C’est une expression qui veut dire « surtout ne pleure pas, n’en ait pas marre, ne peste pas, cesse de… ». Quant à moi, je vous dis tout le contraire ! Ne cherchez pas à être fort.

Vous avez vécu un échec, une énorme déception, vous passez par un moment difficile, vous avez le sentiment que rien ne va plus alors, pestez ! Dites-vous « c’est vrai, c’est comme ça, rien ne va plus » et pleurez s’il le faut.  Piquez une colère si ça vous fait du bien. Veillez juste à n’endommager personne dans l’expression de votre colère pour ne pas avoir à le regretter. Allez faire un tour, plantez votre tête dans votre oreiller pour crier sans déranger les voisins, tapez sur votre matelas, allez prendre un cours de boxe ou faites un jogging le plus vite possible et le plus longtemps possible dans le but de revenir crevé et de prendre une bonne douche. En plus de tout ça, prenez le temps d’écrire,… Faites-vous du bien.  

Si un animal auquel vous êtes attaché meurt, vous ne pouvez pas vous dire « c’est génial de vivre ça ! ». Sur le moment, vous le vivrez comme quelque chose de désagréable, alors vivez-le comme tel. N’essayez pas de devenir Superman une Wonderwoman en veillant à être fort. Non ! Vous avez été licencié et le percevez comme un coup dur, vivez-le donc comme un coup dur. 

Prenez de la distance avec ceux qui vous disent « prends-le comme une opportunité » essentiellement parce que c’est trop tôt. Je ne vous dis pas de ne pas le faire, mais de vivre les choses étape par étape en vivant le moment où vous avez besoin de pleurer, de pester et de vous plaindre.

Pleurer pendant 1, 2, 3 ou 15 jours si vous en avez besoin. Évitez juste de le faire pendant huit mois, mais faites-le en acceptant ce deuxième temps de pleurs, de regrets, de déception et, quelque part, lâchez prise d’avec votre éventuel désir de paraître fort, costaud, combatif, etc.

Acceptez-vous comme vous êtes

Oui, acceptez-vous comme vous êtes, là, maintenant. De même, acceptez la situation comme elle se présente sous vos yeux, comme vous le vivez vous-même, maintenant. Finalement, il s’agit d’une autre manière de vous dire de vous accepter vous-même. Ne cherchez pas à jouer un rôle. 

Soyez-vous, vrai en pleurant, riant, en étant déçu, avec le besoin de vous isoler, de vous mettre devant la télé et de vous gaver d’une série, de prendre le temps d’écrire… Et là, je vous encourage à prendre votre cahier de vie et à déverser les lignes et les lignes dont vous avez besoin. Ainsi, vous pourrez écrire « je suis déçu de cet échec parce que ceci parce que cela. Je m’attendais à ce que ceci est que cela. Etc. ». Exprimez votre incompréhension et votre état émotionnel. Écrivez tout.

Dans une telle situation, je recommande d’écrire jusqu’à épuisement. Il ne s’agit pas de votre épuisement à vous ;-), mais de l’épuisement de vos émotions, de ce que vous ressentez, que tout soit sur le papier. 

Si ça peut vous aider à mieux comprendre la démarche, visualisez que vous enlevez le pus de votre plaie émotionnelle qui fait que vous vous sentez affecté/infecté.

3. Se relever de son échec

Ensuite, vous pouvez passer à une étape suivante en vous disant « et maintenant, qu’est-ce que je fais ? »

Après avoir pris connaissance de son échec, après avoir vécu un temps de crise dans lequel on a accepté qu’il y a eu un échec en exprimant ses émotions, arrive l’étape qui consiste à se relever. 

En effet, le moment vient où, après la chute, il importe de se lever. Vous ne resterez pas au sol pendant un ou cinq ans ! Quelques jours, quelques semaines ou quelques mois suffisent avant que vienne le moment de vous relever.

Pour ce faire, vous passerez par la question : Qu’ai-je appris sur moi, sur ce que j’ai vécu ?

La question égocentrée

Vous avez remarqué que la première question que je pose touche à moi, pas aux autres. Il est question de moi, de ce que j’ai appris de/sur moi ? Comment puis-je utiliser l’échec pour grandir ? 

Il n’est pas question de dire que j’ai grandi grâce à l’échec ! L’échec est un événement neutre, il n’a aucun impact sur moi. Je suis celui qui a choisi de le vivre de cette manière-là. Comment puis-je apprendre de moi en utilisant l’échec pour le faire ? 

J’insiste juste sur le fait que l’événement échec n’a rien de positif (ni de négatif) en lui-même. Certaines personnes disent « grâce à la maladie, j’ai appris… ». Or, la maladie de leur a rien appris du tout. Cette formulation est donc fausse. La personne a utilisé la maladie pour apprendre quelque chose. Ce n’est pas la maladie en soi qui lui a pris quelque chose. Elle a choisi elle-même d’apprendre quelque chose. Il s’agit là d’une approche plutôt rationnelle.

Quant un plafond nous tombe sur la tête, il ne nous apprend rien du tout. Je n’ai jamais entendu un plafond dire « En te tombant sur la tête, j’ai voulu que tu saches que…». Si vous entendez ce genre de voix, téléphonez-moi pour que je vous fasse interner en psychiatrie dès que possible 🙂 

Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?

Je peux déjà apprendre que les yeux sont des émetteurs et des récepteurs. Ah ! Ça vous rappelle quelque chose, l’ayant entendu il y a plus de deux ans dans l’émission « Le pouvoir des mots ». Prenant cette double capacité de perception en compte, je sais que ce qui se passe devant aura un impact différent si mes yeux sont des récepteurs. Dans ce cas, ils voient ce qui se produit et l’accueille en l’état sans interprétation. 

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Dans un exemple comme celui-ci : « un enfant traverse la route et une voiture le renverse». Il s’agit d’une réalité que je reçois comme une information, je fonctionne avec des yeux de récepteur.

Des jeux de regards 

Si mes yeux sont des émetteurs, je formulerai plutôt les choses comme suit : «un enfant traverse la route et un connard de chauffard lui est rentré dedans ». 

Dès que je commence à émettre une perception de jugement et d’évaluation d’intention, j’utilise mes yeux comme des émetteurs. Et à chaque fois j’utilise mes yeux ainsi, je sais que je me tromperai beaucoup plus facilement que si je les utilise comme des récepteurs. 

Cela dit, la plupart du temps nous utilisons nos yeux comme des émetteurs parce que nous avons appris à le faire. Quand quelqu’un trace une ligne verticale surmontée d’un cercle et qu’il met autour de ce dernier des sortes de courbes  qui rejoignent le cercle central, on appelle ça une fleur. C’est une manière d’utiliser ses yeux comme des émetteurs. Si nous le faisions comme des récepteurs, nous dirions qu’il s’agit de lignes et de courbes sur une feuille de papier. Et encore ! La définition de lignes et de courbes fait partie d’une capacité acquise, transmise qui transforme encore nos yeux comme des émetteurs. 

Vous comprenez qu’il puisse être très difficile pour nous de recommencer à utiliser nos yeux comme des récepteurs tellement ils se sont habitués à un regard d’émetteurs. Ils ont pris l’habitude de décoder, de signifier (de donner du sens à ce qui se vit) et de connecter ce que nous voyons. Nous nous trouvons régulièrement à vivre le jugement avec une motivation importante qui consiste à se protéger de ce qui pourrait nous arriver de dangereux. Nous revenons alors à l’émotion de la peur évoquée plus haut.

L’avantage notoire de la sécurité intérieure

Plus on est en sécurité, en sérénité et en paix et plus on utilisera ses yeux comme des récepteurs. Plus on aura peur et plus on utilisera nos yeux comme des émetteurs.

Plus on est sûr de soi et plus on est en mesure d’accueillir ce qui se produit devant nous comme il vient. Plus l’inquiétude est présente et plus le besoin d’anticiper se présente. 

On veillera donc à affûter l’aiguille du jugement de manière à prévenir au maximum. L’inconvénient corrélé à ce mode de fonctionnement est qu’en se trouvant face à des situations d’échec on se trouve dans le jugement. Une fois installé dans ce dernier, on est convaincu que les autres participeront à nous juger. Ça explique l’impact déclenché par nous-mêmes (il importe de le souligner) sur notre image de soi et notre estime de soi. 

Ainsi, nous déclenchons les émotions de colère, tristesse, honte, émotion naissant sous le chapeau de la peur.

Devenez réceptionniste des événements

Vivez davantage dans une approche de réception de ce que vous expérimenterez et vous constaterez que votre émotion de peur descendra progressivement. Au point que quelqu’un vous dirait, « tu t’es planté dans ta démonstration. Ton calcul ne tenait pas la route puisqu’en faisant le calcul de telle manière et en appliquant le théorème d’untel, le résultat diffère». Au lieu de chercher à rétorquer, la tendance pourrait être de dire «Ah oui, tu crois ? Quel calcul ferais-tu pour corriger ce que j’ai proposé ? » Vous voyez comment, en récepteur, j’entendrais l’autre sans me sentir jugé et, qui plus est, avec une volonté d’apprendre et de recevoir d’avantage de l’autre.

Situation pratique appliquée (suite)

Revenons à la situation du dentiste qui se retrouve assis entre deux chaises s’écartant l’une de l’autre, ne pouvant exercer ni dans son cabinet actuel ni dans son cabinet à venir. Comment pourrait-il utiliser ses yeux comme des récepteurs et non comme des émetteurs ? (Bien entendu il s’agit de le faire après avoir passé la phase numéro deux (pleurer, pester, rouspéter, etc.).   

Elle pourrait donc vivre cette situation en ne disant pas qu’elle a pris de mauvaises décisions, mais en se disant que les choix passés l’ont menée à la situation dans laquelle elle se trouve en intégrant le fait qu’il n’y a pas que ses propres choix à prendre en compte. Des événements qu’elle ne maîtrise pas (et ne pouvaient pas maitriser) ont également participé à la réalité présente. 

L’étape pourrait donc consister à s’interroger pour apprendre de ce qu’elle a vécu. Elle pourrait se dire « j’ai la possibilité d’utiliser les nombreuses expériences que j’ai vécues (interprétées comme étant des échecs) pour apprendre davantage que quelqu’un qui pourrait n’avoir vécu aucune situation proche de celles que j’ai expérimentées dans mon parcours ». Du coup, elle pourrait utiliser ces différents éléments comme des atouts, des éléments supplémentaires acquis comme quelqu’un l’aurait fait en gravissant plusieurs fois la même montagne, avec moult difficultés, en comparaison avec une personne qui ne l’aurait gravi qu’une seule fois avec succès. 

Celui qui s’est planté plusieurs fois au ski développera des aptitudes qui feront que, dans certaines situations, il pourra peut-être faire plus facilement face à certaines chutes ou risques de chute s’il choisit d’en tirer profit. 

Pour avoir pratiqué l’équitation, une des premières choses que l’on fait, suite à une chute, est de remonter à cheval. On le fait, d’une part, pour contrer la peur, l’émotion immédiatement perçue pendant la chute. En plus de ça, on le fera pour commencer à s’interroger pour comprendre ce que l’on peut apprendre de sa posture, car on ne tombe pas de cheval par hasard. Parfois, c’est parce qu’on n’a pas pris en considération certains paramètres (comme c’était le cas pour le dentiste qui s’est (peut-être) trompée dans certaines décisions), mais parfois, c’est à cause du cheval. Ce n’est pas forcément à cause du cavalier (comme pour le dentiste qui peut dire que ce n’est pas forcément du fait de ses choix qu’elle se retrouve dans la situation difficile actuelle. Il peut également s’agir de circonstances, d’événements neutres. 

Des questions aidantes pour se relever

À partir de là, elle peut rassembler les réponses aux questions suivantes :

  • Que puis-je apprendre de ce que j’ai vécu ?
  • Que puis-je en tirer pour l’avenir afin de construire autrement ce que j’aurai à (re)construire ?
  • Comment le faire sans avoir peur de l’échec, mais en profitant des expériences vécues pour construire autrement, mieux, plus solidement, avec plus de richesse que ce que j’ai construit ? 

Ce travail ne peut pas faire l’économie d’un temps écrit. Je vous encourage vivement à prendre votre cahier de vie et à vous mettre à écrire tout ce que vous pouvez avoir appris. À partir de là, dans les choix que vous ferez, basez-vous sur vos nouveaux apprentissages, vos découvertes, vos lacunes comblées par la formation ou l’information, etc.

Attention, ne fonctionnez jamais sous influence de la peur. « Je ne prendrai pas de décision parce que j’ai avez peur que…» est un piège à éviter. Prenez-les pour construire, pour…, jamais contre. Quand on prend une décision contre, on ne construit rien. On protège, on évite,… Par contre, quand on prend une décision pour…, on construit, on se projette, on avance.

«Je ne peux pas douter de mes émotions car elles sont réelles mais je peux douter de mes pensées car elles sont couvertes d’un filtre à chaque fois. Tout ce qu’on entend peut être vrai mais peut aussi être faux. (…) En doutant, on n’est plus dans la peur mais dans le questionnement.» Don Miguel Ruiz dans «Le 5e accord toltèque». 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine

Bye-bye 

Photo de Anna Tarazevich provenant de Pexels

6 commentaires

  1. Merci pour ce podcast qui fait bien réfléchir sur notre conception de l’échec ! Cela m’aide beaucoup

    1. Author

      Je suis heureux que ce podcast t’aide. Profites-en et fais passer s’il te plaît car nombreuses sont les personnes qui ont besoin de le découvrir.
      Au plaisir

  2. Merci pr ce tt nouvel article très complet sur comment vivre ses échecs ! J’ai aimé la partie vivre l’échec par l’échec ! Il est vrai qu’il faut savoir les surmonter et qu’il y a des techniques spécifiques ! Pourrais tu cela dit rajouter plus de caractère gras sur certains passages de ton article car il ya pas de points importants ! Merci à toi 🙂

    1. Author

      Merci Cherazade,
      Tout est important donc… non, je plaisante. Je veillerai à penser à créer du relief par les caractères gras. Entendu

  3. A t-on une autre alternative que de se remettre d’une expérience douloureuse ? Je ne crois pas.
    En tous cas merci pour ton article très complet sur le sujet. Cela aide beaucoup.

    1. Author

      Rachel, l’alternative est de choisir de ne pas s’en remettre, tout simplement. C’est ce que font bien des personnes que j’accompagne. Elles semblent ignorer qu’elles programment leur propre malheur en choisissant de veiller à porter leur fardeau comme un devoir.

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