Qu’est-ce que vous valez

Qu'est-ce que vous valez ?

La question effrayante et rassurante à la fois

La question de cette semaine est hyper importante. Non pas que les sujets passés et à venir le soient moins, mais je placerais l’importance de ce sujet d’aujourd’hui sur le plan de l’envergure qu’il occupe dans la vie de plusieurs d’entre vous. Combien de fois vous êtes-vous interrogé pour pour savoir ce que vous valez. Et d’ailleurs, je vous la pose : Qu’est-ce vous valez ?

Il est très rare que vous vous interrogiez sur ce que vous valez quand vous êtes en pleine forme. Avez-vous remarqué ? Quand ce sujet est sur la table, c’est que vous passez par un bas émotionnelle. ça peut se manifester soit par un excès d’orgueil, ce qui est une manière de tenter de vous sortir de l’eau, soit par une période de dépréciation où vous vous posez la question “mais, qu’est-ce que je vaux ?”.

Définir sa propre valeur sans savoir la définir pour autant

Ce qui est fort, dans cette question, c’est aussi que le raisonnement tourne autour de la valeur. Il est difficile d’évaluer la valeur de quelqu’un. Personne ne l’a fait et personne ne se hasarderait à oser poser une valeur sur un humain

Même en considérant les terribles périodes d’esclavage où l’on vendait des humains, l’idée ne consistait pas à donner une valeur à une personne, mais de donner une valeur marchande ou commerciale à un ouvrier. C’était donc en lien direct avec la rentabilité, en termes de résultat. C’était aussi en lien direct avec un travail à fournir. On ne posait pas la question sur la valeur de la personne en tant que telle. 

Personne ne pense à la valeur humaine en ces termes. De même, quand vous vous posez la question de ce que vous valez, votre question ne repose pas réellement sur la valeur que vous êtes, même s’il peut y avoir des résonances avec cette idée.

L’humain est non estimable

Ce qui est plus étonnant c’est que nous savons tous que l’humain est non estimable. C’est ce caractère inestimable qui fait de lui une valeur qui dépasse tout ce qui peut être chiffré. C’est juste dommage qu’en français, comme dans bien d’autres langues, on n’ait que cette idée de valeur qui est trop proche de la notion commerciale.  

Comme je le disais à l’instant, à chaque fois cette question est soulevée, elle naît sur un contexte de mal-être. 

Mais pourquoi vous posez-vous cette question quand vous allez mal ? Est-ce parce que 

  • vous avez la croyance qu’aller mal n’est pas bien ? 
  • parce que vous pensez que si vous alliez mieux, votre valeur serait plus élevée ?  
  • votre valeur est en lien avec ce que vous faites ? Savez faire ? 
  • la question se pose à cause du regard que vous avez l’impression que l’on pose sur vous ?
  • vous ressentez le besoin que quelqu’un vous donne de la valeur, vous valorise

De toutes ces questions, la dernière supasse toutes les autres. Je m’explique. 

Je pense savoir ce que je vaux

La question qui vous déshabille

Le fait de s’interroger sur sa propre valeur est le révélateur d’un mode de pensée. Vous n’en n’êtes peut-être pas conscient·e, mais si vous pensez que votre valeur varie, c’est que vous faites varier la valeur des autres. Je peux dire la chose dans l’autre sens. Si vous pensiez que la valeur des humains restaient inchangée, vous ne vous poseriez jamais la question de votre propre valeur.

Qu’est-ce qui fait que vous pensez que la valeur d’un humain est variable ? Vous savez que la valeur intrinsèque d’un humain reste constante. Tous les humains sont donc égaux en ce qui concerne leur valeur intrinsèque. On pourrait dire qu’un humain vaut un humain (même si c’est étrange de le formuler ainsi) et qu’à aucun moment, un humain ne vaudra plus selon qu’il est grand, blanc, gros, intelligent ou autres

Valeur intrinsèque ou extrinsèque ?

Notre préoccupation «Qu’est-ce que vous valez» ne porte donc pas sur la valeur intrinsèque, mais sur la valeur extrinsèque. Cette notion de valeur extrinsèque n’est pas attachée à la nature de la chose ou de la personne, mais à l’appréciation. 

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Par exemple, si on considère la valeur intrinsèque d’un vase, où que l’on soit dans le monde, il sera évalué comme contenant et ne sera considéré que comme un contenant. Par contre, sa valeur extrinsèque intégrera des paramètre dont sa provenance, la célébrité de son fabriquant, son matériau (le caractère précieux ou plus ou moins précieux des matériaux qui ont été utilisés pour sa fabrication), et sa technique de fabrication. On peut même tenir compte de ses propriétaires historiques. 

Dans l’actualité de 2018, vous vous souvenez sans doute du vase chinois du 18e siècle qui a été vendu pour 16,2 millions d’euros, devenant le record de vente de la société Sotheby’s spécialiste reconnue de la vente aux enchères. 16,2 millions pour un vase d’une contenance de un litre. C’est un exemple assourdissant de valeur extrinsèque. 

The Lost Imperial Chinese Vase Found in a French Attic

Que faire de cette question ?

Il est vrai que la société vous encourage, à vous poser la question de votre valeur, mais est-ce raisonnable de vous la poser et de chercher à y répondre ? Vous n’imaginez pas un instant que je vous encouragerai à aller sur ce terrain. 

Je pourrais être très direct en commençant par vous demander de cesser de vous interroger sur votre valeur. A chaque fois vous la sentez venir, dites vous qu’elle ne tient pas debout. Rejetez-là. Vous pouvez le faire de manière simple en disant : « je refuse d’aller sur ce terrain-là ». Utilisez l’image qui vous convient le mieux ; celle du terrain, celle de l’univers, celle du jeu qui pourrait donner « je refuse de jouer à ce jeu-là ». Si vous avez l’occasion de dire cette phrase à haute voix ou de l’écrire, faites-le. Vous donnerez davantage de poids à votre refus, que je souhaite catégorique. 

Abus de pouvoir

Ce n’est pas à vous d’estimer votre valeur. Les humains ne sont pas équipés, qualifiés, conçus (et vous pouvez ajouter tous les mots qui vont dans le même sens), les humains ne sont pas équipés, pensés, conçus, destinés… pour évaluer un humain. 

Le fait que vous soyez tenté·e de vous évaluer est un signal qui montre que vous passez trop de temps à évaluer les autres. Voici une vérité que vous pouvez prendre dans vos bagages. Généralement, vous fonctionnez avec les autres comme vous le faites avec vous-même. Ce que vous détestez chez quelqu’un est une chose que vous ne supportez pas ou ne supporteriez pas en vous. Et vous êtes inconscients de votre fonctionnement. 

Un reflèxe loin d »être plus fort que vous

L’évaluation répétée des gens qui vous entourent vous pousse à vous évaluer vous-même. Franchement, dites-moi si vous vous reconnaissez, en écoutant les questions suivantes: 

  • Vous évaluez facilement et quotidiennement la manière dont les gens s’habillent (je vous invite à être franc/he avec vous-même. Personne ne vous regarde et ne lit ce qui se passe dans votre tête 😉
  • Vous notez les fautes commises par votre entourage (et peut-être, puis-je ajouter, vous les commentez, avec des amis, des copains, des collègues, etc)
  • Vous vous entendez souvent penser « Ah ça c’est bien, ça c’est cool, c’est nul, ça craint… »
  • Quand les gens sont bien (ou plutôt, vous paraissent correspondre à ce que vous estimez bien), vous vous dites « Je te veux dans mon équipe ! »
  • Ceux qui craignent, à vos yeux, peuvent toujours courir pour devenir vos amis ! 

Si vous avez répondu « oui » à plus d’une de ces questions, vous avez fait de vous une cible idéale pour (1) passer du temps à auto-évaluer vos paroles, vos attitudes et vos choix. Vous passez aussi du temps à (2) vous envoyez des fleurs quand c’est bien, comme à vous tirer une balle dans le pied quand ce n’est pas le cas (à vos yeux). (3) Vous vous évaluez tellement facilement que vous finissez par vous mettre des cartons sur la tête quand vous n’êtes pas au top. 

Mais pourquoi voulez-vous être au top tout le temps ? Pour qui ? Est-ce dans le but de vous plaire ? Pour plaire à d’autres ? Un humain peut-il être au top ? Tout le temps ? Et au top de quoi, au fait ? 

Vous êtes incapable de juger de votre valeur

Je vais vous inviter à mettre en place une deuxième action concrète. Elle est simple et accessible au quotidien. Pour qu’elle mène à des résultats escomptés, je vous demande de la mettre en pratique tous les jours pendant 7 jours. Faites-le plusieurs fois par jour et particulièrement quand vous réalisez que vous évaluez les autres ou vous-même. Dites vous (à haute voix, c’est mieux, encore une fois) : « Je ne suis pas équipé·e pour juger, mais pour aimer » (plusieurs fois). La phrase est facile à dire comme à retenir

Cette phrase n’aura aucun impact sur vous si vous ne la dites pas plusieurs fois par jour et, surtout, si vous n’y croyez pas. Alors, avant d’accepter de la prononcer, il est essentiel que vous preniez quelques instants pour réfléchir. Est-ce que vous êtes équipé(e) pour aimer ou pour juger ? 

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Une nouvelle croyance en perspective

Pour clarifier le fondement de cette pensée qui, je l’espère deviendra une croyance un jour, je vais approfondir la notion du jugement. Est-ce que vous êtes équipé·e pour juger et vous juger ? Je le fairai sous forme de questions : 

  • A partir de quoi jugez-vous ? 
  • Considérez-vous le contexte ? 
  • Considérez-vous le potentiel de la personne que vous jugez ou considérez-vous le vôtre ? Comment s’évalue un potentiel ? 
  • Quand vous avez fait une erreur, était-elle intentionnelle ? Sur quelle base ? Et sur quelle base déterminer l’intentionnalité ? 
  • Sachant que parfois, vous avez fait une chose de manière non intentionnelle, certaines choses dont certaines erreurs, était-ce une erreur qui finissaient bien ou qui finissent mal ?
  • Sur quelle fondement déterminer qu’une chose est bien, bonne ou mal ? À son résultat sur le court terme, le moyen terme ou le long terme ? 
  • En considérant le résultat, vous l’évaluez sur vous, sur les personnes en présence, les personnes qui hériteront de votre action ? Sur combien de générations ? 

Je m’arrête là, rassurez-vous. Mais vous avez compris que la liste des questions à se poser avant de juger est loin d’être exhaustive. Vous prenez conscience que vous ne vous posez même pas un quart de ces questions avant d’évaluer ou de juger que ce soit vous ou les autres. Dans les faits, quand vous vous demandez ce que vous valez, vous vous fondez uniquement sur votre ressenti et vous me rejoindrez quand je dis que ce n’est pas suffisent. Absolument insuffisant. 

Est-ce que vous êtes prêt à vous dire « Je ne suis pas équipé(e) pour juger mais pour aimer » ? 

Je ne cherche pas à savoir ce que je vaux

Exercice pour une semaine de repos pratique

Je prendrai le temps de m’arrêter sur la bienveillance la semaine prochaine, mais comme en avant-première, je peux vous dire que vous ne pouvez être plus bienveillant·e avec les autres que vous ne l’êtes avec vous-même. C’est là que se trouve la clé de l’acceptation ou du non-jugement. Accepter que vous n’êtes pas équipé·e pour juger, mais pour aimer vous conduit tout droit au chemin de la bienveillance.

Vous imaginez-vous vivre une semaine en prenant conscience de votre naturel à évaluer / juger les gens et vous-même ? Vous croyez-vous capable de choisir tous les jours de refuser le jugement en optant pour l’amour et la bienveillance. Ce serait une semaine impressionnante ! Je crois que c’est possible tout à fait possible de vivre une telle semaine.  

Alors je vous invite à la vivre. A commencer dès ce soir, en allant vous coucher, à vous dire « Je ne suis pas équipé·e pour juger, mais pour aimer ». Faites ça : 

  • avant de vous endormir
  • dès demain matin, que ce soit une des premières pensées qui vous vienne. 
  • prenez le temps de l’écrire pour la lire sur votre table de chevet et sur le miroir de votre salle de bain, sur votre frigo, derrière la porte de vos WC. Je vous propose de la mettre aussi sur votre porte d’entrée (à l’intérieur, bien-sûr). Que ce soit la pensée qui vous habite en quittant chez vous. 

Infusez vos relations pour vous entraîner 

Je vous propose aussi de penser à une personne avec qui vous n’accrochez pas (un collègue, votre patron, un voisin, qui vous voulez) et d’associer cette phrase à l’idée que vous avez de cette personne. Ce sera très bizarre, parce que ça ne collera pas à la réalité que vous percevez de cette personne, mais sur un moyen et plus ou moins long terme, vous y gagnerez à vous libérer de vos jugements. C’est vous qui serez le bénéficiaire du non-jugement.

Rappelez-vous que c’est vous qui vous enfermez quand vous vous jugez. Mais c’est également valable quand vous jugez quelqu’un. La personne jugée reste libre ! Vous n’avez aucun contrôle sur elle, même avec votre jugement. En réalité, C’est uniquement vous que vous impactez. Vous vous conditionnez. 

Sortir du conditionnement

J’aime beaucoup l’idée du verbe « conditionner » parce qu’elle est double. Si on le prend au sens figuré et qu’on le cumule à son sens propre, il touche véritablement au fait de mettre dans une boite. En prononçant cette phrase « Je ne suis pas équipé·e pour juger, mais pour aimer », en cherchant à faire en sorte qu’elle devienne une de vos pensées, c’est vous qui sortirez de votre propre boite. C’est uniquement en sortant de votre auto-conditionnement  que vous regardez le monde, les autres et vous-même avec de nouveaux yeux

En pensant chacun de mes mots, je vous souhaite une semaine im-pre-ssio-nnante. 

Surtout, partagez avec moi les étapes de votre démarche quotidienne. Si vous avez des questions, des doutes, des déblocages, des libérations, écrivez-moi sur www.heureuxaupresent.com. Je me ferai un plaisir de vous lire et de vous répondre. 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine.

Bye bye

Photo : Pixabay

5 commentaires

  1. Bonjour
    Pascal
    Je n’ai pas bien compris l’exercice de la semaine. Pouvez-vous me l’expliquer s’il vous plaît ? Je vous remercie d’avance.
    Cordialement
    Ingrid

    1. Author

      Bonjour Ingrid,
      En réalité, il y a deux exercices, dans cet épisode. Les voici en résumé :

      Exercice n°1 :
      1) Cessez de vous poser la question de votre valeur. Accepter que votre valeur restera inchangée, quoi que vous viviez.

      Exercice n°2 :
      2) Répétez plusieurs fois par jour, le soir au coucher et le matin au lever de sorte que ce soit votre première et dernière pensée de la journée : « Je ne suis pas équipé(e) pour juger mais pour aimer ».Pour qu’elle apporte le résultat escompté, je vous demande de la mettre en pratique tous les jours pendant 7 jours. Faites-le plusieurs fois par jour et particulièrement quand vous réalisez que vous évaluez les autres ou vous-même. Dites vous (à haute voix, c’est mieux, encore une fois). Prenez le temps de l’écrire pour la lire sur votre table de chevet et sur le miroir de votre salle de bain, sur votre frigo, derrière la porte de vos WC. Je vous propose de la mettre aussi sur votre porte d’entrée (à l’intérieur, bien-sûr). Je vous propose aussi de penser à une personne avec qui vous n’accrochez pas (un collègue, votre patron, un voisin, qui vous voulez) et d’associer cette phrase à l’idée que vous avez de cette personne. Ce sera très bizarre, parce que ça ne collera pas à la réalité que vous percevez de cette personne mais, sur un moyen et sur un long terme, vous y gagnerez à vous libérer de vos jugements. C’est vous qui serez le bénéficiaire du non-jugement.

      Appliquez-les le plus tôt possible et le plus souvent possible.
      Au plaisir




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