271# Le pouvoir de la parole

Un pouvoir de création au bout des lèvres

Dans le podcast de la semaine dernière qui s’intitulait « Le bonheur de la création ». Je vous disais que j’allais m’arrêter cette semaine sur les mots, le langage. Quand j’ai dit que « notre façon de parler révélait notre façon de penser et qu’en plus elle révélait nos croyances ».Par voie de conséquence, elle révèle aussi notre prédétermination ou notre auto-détermination. C’était peut être hermétique pour certains d’entre vous. Je me suis alors engagé à approfondir le sujet aujourd’hui en voyant les différents pouvoirs des mots, du langage, de la parole, mais plutôt exactement le pouvoir de la parole, plus que des mots. Tout cela pour se rendre compte que des choses qui nous paraissent communes, banales, peuvent véritablement participer à notre création. 

Que vous fassiez partie ou pas encore de la communauté au présent, je vous souhaite la bienvenue pour ce podcast que je voudrais aborder avec autant de concret, de caractère pragmatique que celui de la semaine dernière. Ce sujet qui se place justement dans le droit fil du bonheur de la création. 

rencontre

Encore de la création

Je voudrais que, en rentrant dans ce sujet, vous soyez focalisé sur la notion de création. Parce que, comme je l’ai évoqué la semaine dernière, que l’on soit croyant ou non, la création nous impacte. Dans le récit créationniste, qu’il soit dans la Bible, dans les écrits akkadiens ou d’autres dans traditions qui ont existés avant, la notion de parole est bien présente. 

Tous les akkadiens

Dans toutes les civilisations, la parole a un rôle important. Ça l’était peut-être encore plus avant la période akkadienne dans laquelle on n’arrivait pas à écrire. Je rappelle juste que les Akkadiens sont ceux qui sont les auteurs de l’écriture qu’on appelle cunéiforme, en forme de clou. On a trouvé une pierre sur laquelle se trouve ces formes de clous qui forment des symboles qu’on a déterminé comme étant des lettres. On a travaillé pour décrypter ces écrits. C’est la première fois qu’on voyait une trace écrite et qu’on était au delà de la transmission orale qui a existé pendant des siècles et des siècles, peut être même des millénaires avant qu’on découvre l’intérêt d’écrire . Quant à l’approche picturale, l’usage des dessins, elle existait avant l’écrit. On l’a vu dans les grottes très très anciennes comme tout le mode le sait. 

L’humain a créé ses codes 

Je voudrais focaliser mon attention sur la période précédant l’écriture, justement parce qu’on va mettre l’accent sur l’oral. Peut-être est-il important de rappeler que les mots ont été créés. Puisqu’on parle de création, « le bonheur de la création« , en y faisant suite aujourd’hui. 

Personne n’est venu donner un lexique, une liste de mots et de vocabulaire avec des accords, à l’Humanité. Je dis ça avec un peu de taquinerie, mais on sait pertinemment que ce n’est pas le cas. Nous avons créé nos propres mots et c’est intéressant de l’entendre comme étant un code d’émission. Mais pas seulement un code d’émission dans lequel on s’est mis d’accord en disant que ça, c’est un arbre, ça c’est une chaise, ceci est un bol, une assiette, un enfant, un homme, etc. Il s’agit d’un code d’émission qui ne prend son essence que s’il est attaché à des valeurs sociales.    

Pourquoi la dyslexie ? 

En effet, s’il n’y avait qu’un humain sur la terre, il n’aurait pas eu besoin du langage. D’ailleurs, on a constaté que des personnes qui se sont retrouvées perdues, isolées, dans un coin du monde, perdaient une partie de leur langage. Il y a une forme de dyslexie qui s’installe même pour des personnes qui étaient en maîtrise du langage précédemment, avant de se retrouver isolées pendant des années sur une île déserte par exemple, ou pendant des mois. 

Pourquoi ? Parce qu’il y a une notion sociale qui est essentielle dans la connotation verbale, dans l’expression des mots, dans la parole. 

Tous le sens de nommer 

Que ceci soit un arbre, une chaise, un poisson ou un bol est complètement égal si je suis seul. C’est un objet, un sujet, un être que je n’ai pas besoin de nommer. L’action de nommer a pour objet de se mettre d’accord. De créer donc un code social sur lequel on va fonder un accord. C’est valable également pour des choses abstraites comme la peur, la joie, l’amour, le bien être, la paix. 

Tous ces tous ces éléments-là sont à considérer comme étant des codes sociaux. Et j’insiste bien là dessus, parce que si vous n’avez pas acquis l’importance de cette réalité, vous aurez de la peine à comprendre la suite de mon propos. 

Les mots sont des codes

Les mots sont des codes. Ils ne sont pas les révélateurs des objets ou des sujets qui les portent. L’arbre ne devient pas un arbre parce qu’on a choisi de l’appeler arbre. Il est indépendamment du mot qui sera utilisé pour le qualifier, pour l’attribuer. On est bien clair là-dessus. 

Donc la parole est un pouvoir de création avec un usage de code social qui, en plus, manifeste l’ouverture à une nécessaire modification du code social. Puisqu’au fil du temps, quand on va rencontrer de nouvelles espèces, de nouvelles formes, de nouveaux objets, on sera dans la nécessité, à partir du moment où on a une relation sociale, d’inventer, de créer de nouveaux mots. 

création

Créer un code social

J’insiste pour dire que s’il n’y a pas de réalité sociale, il n’est nul besoin de créer de nouveaux mots. Je n’ai pas besoin de donner un nom à un objet que je suis le seul à employer sur un endroit complètement isolé de tout le reste de la planète ou si je me trouve sur une autre planète. Inutile. Je l’utiliserai comme bon me semblera pour ce qui me paraîtra utile et je le mettrai de côté quand ça me paraîtra inutile, sans avoir nécessité de le nommer. Cette nécessité survient à partir du moment où on est deux, parce qu’il suffit d’être deux pour créer un code social pour s’entendre. 

Exemple concret de création 

Si je dis à quelqu’un « passe moi le sel » et qu’il me regarde avec de grands yeux parce que l’on n’est pas d’accord sur ce qu’est le sel, je vais me retrouver en difficulté. Donc, on a besoin de se dire, « comment va-t-on appeler ça? On va dire que c’est le sel. Ok, donc, quand je te dirai ‘passe moi le sel’, tu sauras que c’est ça que je te demande. Passer, voulant dire (encore un accord social, au passage)prendre un objet d’un endroit pour le tendre à la personne qui… ». 

Vous voyez qu’on a créé finalement un lexique qui montre que nous sommes des êtres vivants. Qui montre aussi que nous déterminons un pouvoir uniquement à partir du fait que nous sommes des êtres sociaux. 

I. Les mots n’ont que le pouvoir qu’on leur attribue en réception

Par conséquent, les mots n’ont que le pouvoir qu’on leur attribue. C’est valable en réception d’un discours. Et les mots ont forcément le pouvoir qu’on leur attribue. En émission d’un discours. Certains d’entre vous se disent, « Mais qu’est ce que Pascal est en train de nous raconter? » Rassurez-vous, je vais vous donner des exemples pour que ça paraisse bien concret. 

Un mot n’a pas de pouvoir en soi

Un mot n’a pas de pouvoir en soi. On a bien dit un arbre ne devient pas un arbre parce qu’on l’a qualifié d’arbre. I l est ce qu’il est indépendamment de la manière dont on va le nommer ou que ce soit sur la planète. Et s’il n’est pas nommé, ça n’impacte en rien son existence. Il reste qui il est. Il ne reste pas arbre. Le mot « arbre » est un enfermement, un bornage sans l’être pour autant dans la mesure ou l’objet qualifié ne se trouve pas limité par le mot qui le qualifie. Il est donc un bornage pour l’metteur, pas pour l’objet ou le sujet auquel un nom ou un qualificatif est attribué.

À partir du moment où l’on a choisi de mettre un mot, on participe à enfermer, à limiter, à encadrer. C’est la raison pour laquelle on va créer ce qu’on appelle des synonymes, puisque le mot qu’on a utilisé jusqu’alors paraît ne pas suffire à décrire la nouvelle expérience ou le nouvel objet. Par conséquent, on va créer un mot qui a un champ commun avec le mot existant et dont une partie du champ déborde ou qualifie quelque chose qui n’est pas présent dans le mot qui existait jusqu’alors dans le code social (encore une fois). Je viens de définir ce qu’est un synonyme. D’accord? 

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Donc l’arbre n’est pas un arbre. L’arbre a correspondu à la représentation mentale de celui ou celle qu’il l’a appelé arbre en proposant que l’on se mette d’accord sur ce terme. Mais j’insiste pour dire que ce terme ne qualifie pas le sujet ou l’objet qu’est un arbre. L’arbre est bien plus grand que le mot que nous avons choisi pour le qualifier. Dans la mesure où l’arbre déborde du mot. Il ne peut pas être borné par un mot. 

parole

Les paroles et le développement personnel

On peut aisément glisser dans l’expérience psycho émotionnelle avec quelqu’un qui pourrait, par exemple, me dire que le podcast est nul. Le mot n’a que le pouvoir que je lui attribue en tant que récepteur de la personne qui dirait que ce podcast est nul. 

Je rappelle que c’est moi qui déterminerai le poids, la valeur, l’impact du mot prononcé par la personne qui m’a dit ça ou qui a dit ça. Notez qu’en disant « la personne qui m’a dit ça », je détermine aussi que je suis la cible alors, que ce n’est pas forcément le cas. Si je me place en cible, c’est que je me place en victime. Je suis déjà en train de me préparer à créer une partie de mon malheur. 

Les mots n’ont que le pouvoir qu’on leur attribue

Accepter que les mots n’ont que le pouvoir qu’on leur attribue fait que quand, quelqu’un dit que le podcast est nul, il pense à un pouvoir que j’ignore complètement, mais que je vais chercher à créer dans ma propre représentation mentale. 

Je crois que c’est hier ou avant-hier que je discutais avec une femme en visio. Je lui disais que je la trouvais belle. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise ça si je vous accompagne en visio. Ce n’était pas du tout un accompagnement psycho-émotionnel dans le cadre de Heureux au Présent. C’était une personne de mon entourage. J’ai fait une capture d’écran que je lui ai envoyée en lui demandant « Qu’est ce que tu penses toi, de ta photo? ». Et elle me dit, « En fait, il y a des jours où je me trouve belle et d’autres où je me trouve pas belle ». J’ai trouvé cet exercice très intéressant. Il est vrai que j’ai profité de notre entretien pour lui tendre la perche vers un exercice, parce que ma vie reflète la passion de mon travail d’accompagnement. 

L’impact du mental sur la perception 

Revenons sur ce que me dit cette personne. Elle affirme qu’il arrive qu’elle se sente belle par moments, certains jours, alors que d’autres jours elle ne se trouve pas belle. En réalité, vous avez compris qu’elle n’est pas en changement d’un jour à l’autre. Elle reste elle. J’entends que certaines femmes me diront si, si elle est plus maquillée, moins bien maquillée, mieux coiffée. Mais, la réalité est que maquillée, plus ou moins, moins coiffée, plus ou moins, elle reste, elle. Donc ce n’est pas qu’elle est moins belle certains jours ou d’autres. Elle est consciente qu’elle se trouve moins belle certains jours que d’autres. Ça veut dire qu’en fait, c’est son mental qui impacte sa perception de lecture esthétique personnelle et qui risque de l’impacter elle-même. 

Je la trouve belle

D’ailleurs, dans la suite de l’échange, je l’ai invité, même si on n’était pas dans un accompagnement heureux au présent, à se détacher de ces paramètres, de ses préoccupations, de dire, « je me trouve belle, moins belle, etc. » parce que ça, l’impact, même si elle n’est pas consciente de l’impact que ça peut avoir sur elle, au point que ça peut toucher à son moral, à son estime d’elle-même, même à son bien être. On peut l’imaginer dans une réunion ou en conférence. Si elle présente quelque chose devant un public ou au cours d’un entretien d’embauche, vous comprenez que si elle a le sentiment d’être moins belle, un jour, elle se sentira moins bien dans sa peau et, par conséquent, cela impactera sa propre efficacité, quelque part. 

Je dirais que cela touche à sa propre capacité à se créer dans une situation déterminée. D’où l’intérêt de parvenir à déverrouiller cette ce naturel, cette tendance naturelle, cette sorte de pré-programmation pour comprendre que le regard que l’on pose sur soi n’a que le pouvoir qu’on lui attribue. Ce n’est pas parce que j’ai un regard sur moi, comme ce n’est pas parce que j’ai un mot que j’ai interprété comme ça, émis par une personne, que cette réalité est vraiment là, ou que ce que j’ai déterminé comme réalité est effectivement réalité. 

réunion

II. Les mots ont forcément le pouvoir qu’on leur attribue en émission

Deuxième aspect qu’on a évoqué et que je voudrais développer, c’est que les mots ont forcément le pouvoir qu’on leur attribue en émission. Par conséquent, si je dis à quelqu’un « waouh, je trouve que ce que tu as fait est génial » ou bien « tu es au top » ou « j’aime beaucoup ta chemise », les mots ont le pouvoir que je leur attribue, moi qui suis l’émetteur de la phrase. Et en corrélation avec le premier aspect que nous avons évoqué ensemble, je n’ai aucun contrôle sur la manière dont la personne va le percevoir. Cela reste valable même si elle me dit, « c’est vraiment sympa. Merci beaucoup de me dire ça ». J’enregistre en moi-même que je ne sais pas ce que ça veut dire en elle, puisque les mots n’ont que le pouvoir que la personne leur attribue en tant que réceptrice de ce que je lui ai dit. 

Impossible d’être sur la même longueur d’onde

Il ira donc de soi que je pourrai avoir le sentiment que la personne et moi sommes sur la même longueur d’onde. Alors qu’il n’est impossible de mesurer cette possible réalité. Je préfère donc par conséquent que l’on déverrouille également cette éventuelle croyance de se dire que l’on a le sentiment d’être sur la même longueur d’onde, parce qu’il n’est pas possible de l’être. 

Il est possible de converger, d’aller dans une direction qui semble être la même, d’avoir une sensibilité qui se rapproche en étant en même temps conscient que cette réalité n’est qu’hypothétique. Et en même temps, on s’en fiche. Ce qui compte, c’est d’être en propriété de son propre pouvoir sur soi. Et là, je vous renvoie vers le podcast que j’ai intitulé « Le pouvoir des mots« , dans lequel j’explique clairement la raison pour laquelle les mots n’ont pas de pouvoir. Ils n’ont que le pouvoir qu’on leur attribue. Premier pendant que j’ai rappelé ici. 

En pratique

Cela veut dire que si je vais un peu plus loin et que je formule les phrases :  

  • « je suis fatigué »
  • « je ne suis pas compétent car je ne suis pas à la hauteur », 
  • « je suis promoteur immobilier »,
  • « Je suis très déçu ».

J’ai conscience d’avoir formulé quatre phrases qui produisent une image mentale réelle en moi puisque notre mental fonctionne forcément avec une image. Ce dernier ne sait pas faire la différence entre la projection imaginaire, le fantasme, et la réalité tangible. Ne faisant pas la différence, je prends conscience que j’ai employé quatre images que j’ai créées de toutes pièces dans mon mental. Qu’en plus de cela,  par conséquent, j’ai créé quatre impacts sur mon mental qui sont des impacts évidents, tangibles et bien concrets. Et que, par conséquent, j’ai également participé à créer quatre réalités dans ma vie. 

Quand la réalité n’est pas réelle

Le problème se pose quand ces réalités sont fausses et c’est d’ailleurs le cas, en l’occurrence.

  • « je suis fatigué », n’est pas vrai, 
  • « Je ne suis pas compétent » et faux, 
  • « Je suis promoteur immobilier » n’est pas vrai non plus, 
  • « Je suis très déçu » est également faux. 

J’ai pris quatre exemple dans quatre domaines différents et je m’arrêterai dans quelques minutes sur ces différents domaines pour aller un petit peu plus loin sur ce sujet. 

J’aurais pu prendre des exemples comme : 

  • « le vent souffle », 
  • « le soleil se lève », 
  • « il fait beau », 
  • « c’est beau », 
  • « c’est moche ». 

Mais j’ai déjà abordé ça dans un dans un podcast précédent. Je crois que c’était dans « Ma vérité et la vérité« . 

création par la parole

Les exemples décryptés

Poursuivons sur les quatre premiers exemples ci-dessus qui sont en même temps quatre catégories.

  • « Je suis fatigué » est attaché à un ressenti or, je ne suis jamais un ressenti physique.
  • « Je ressens la fatigue », C’est juste. Mais « je ne suis pas fatiguée ». C’est à dire que mon identité, mon état, mon être est affecté par une réalité qui est la fatigue. Mais je ne suis pas fusionnable à la fatigue.

Deuxième exemple

  • « je ne suis pas compétent ». Je ne sais pas si je ne suis pas compétent. Ce n’est pas parce que je n’ai pas réussi ce que j’avais à faire ou parce que je n’ai jamais fait ce que j’avais à faire (ça fait penser à un podcast que j’ai enregistré il y a peu de temps également) que je ne suis pas compétent. Je ne sais pas si je ne le suis pas. Par contre, surtout, je sais que je ne suis pas une compétence. Je suis moi. 

Mes préférences évidentes

Donc je préférerais que l’on dise « je n’ai pas la compétence » ou « il me semble ne pas avoir la compétence ou ne pas être en mesure de faire la chose comme ça » en soustrayant le « je ne suis » ou « je suis ». Bien évidemment, la compétence n’est pas attachée à un être, à un état, à une identité. 

Troisième exemple, « je suis promoteur immobilier ». Cet exemple appartient à la catégorie de la profession. Je trouve que c’est vraiment aidant parce que aujourd’hui, on va changer de profession. Donc dire que je suis père, ça va, ça colle parce qu’en fait je ne peux pas être dans une situation dans laquelle je ne serai plus père, même si je renie mes enfants ou que mes enfants m’ont renié. Je resterai père jusqu’à la fin de mes jours. C’est à dire que j’ai été géniteur et mes enfants sont. D »onc ça fait de moi un père. Mais je suis promoteur immobilier », non. Parce que peut-être que dans cinq ans « je serai jardinier » !!!! Si j’arrête la profession de promoteur immobilier pour exercer une profession de jardinier, je ne serai pas jardinier pour autant. 

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Même moi, je parle de manière usuelle pour que ce soit assez facile à comprendre pour le commun des mortels. Quand je dis « je suis votre coach, thérapeute, praticien en relation d’aide » au début du podcast, comme vous l’avez entendu. Mais je ne suis rien de tout ça. Je suis Pascal, le fils de mes parents. Mais, je pratique la relation d’aide. Je ne suis pas praticien en relation d’aide. 

Et le quatrième exemple, « Je suis très déçu » nous conduit vers les émotions. Que ce soit de la déception, de la joie, de la colère ou de la honte, que sais je, nous ne sommes pas notre émotion. Nous ressentons cette émotion. Et c’est aussi aidant de se détacher, de faire une distinction entre ce que l’on ressent, sur le plan émotionnel, et qui l’on est. 

La création en parole 

L’avantage de prendre conscience du fait que la parole a un pouvoir quand on l’émet est énormissime. Et je voudrais vraiment, moi, davantage mettre l’accent là dessus. Parce qu’en fait, quand je parle, je crée, quand je crée, je me projette. J’ai pris le temps d’expliquer la semaine dernière que projeter c’est se jeter avant même que la situation n’arrive. Ça veut dire que je me crée dans ce que je serai, finalement. 

  • Si je suis très déçu, je fabrique un être qui vivra la déception maintes et maintes fois. 
  • Si je suis fatigué, j’installe la fatigue dans mon être profond au lieu de dire que je ressens de la fatigue et de distancier ce ressenti de la fatigue de mon identité. 
  • Pareil, si je suis promoteur, je vais me fermer dans cette promotion, dans cette dans cette peau du pratiquant promoteur et me projeter là-dedans. 

Alors ça peut avoir certains avantages quand tout va très bien. Et comme je dis à ceux que j’accompagne quand tout va très bien, oui, tout va très bien. « Je suis en pleine forme », « je suis heureux », j »e suis heureux en couple », j »e suis un bon père », sublime, super quand tout va bien. 

Le jour où mon fils m’envoie bouler parce qu’il a atteint un âge où, pour lui, il ne veut plus absolument entendre parler de ce que je lui dis et qu’il remet les choses en question, là, je me dis « je suis un mauvais père ». Or c’est là que la bascule est dangereuse. 

Le jour où je suis convaincu d’être promoteur et que je me fais licencier et que j’ai une grande difficulté à me retrouver au chômage. Je pas de « je suis pas promoteur » à « je suis chômeur », je participe à m’abimer avec cette fausse croyance. Idem pour « je suis compétent ». Le jour où je n’y arrive pas, je dirais « je ne suis pas compétent ». Et c’est une fausse croyance qui participe à m’abîmer. 

Un grand pas en avant

Je voudrais qu’on se détache de ça. Et que l’on prenne conscience, comme on a commencé à l’ancrer la semaine dernière dans le podcast « Le bonheur de la création » que l’on crée par la parole. 

Dans Le bonheur de la création, je me suis permis de prendre le livre de la Genèse, récit hyper connu dont j’ai parlé au tout début de ce podcast aujourd’hui, dans lequel Dieu crée par la Parole. Ce n’est pas pour rien qu’on a ça. Et je voudrais qu’on le prenne non pas comme un livre de renseignements où on se dit tiens, ça s’est passé comme ça, mais qu’on le prenne comme un enseignement en disant Mais qu’est ce que je peux apprendre de ça? Je peux apprendre que moi aussi quand je parle, je me crée. Je ne subis pas ma vie, je la crée. 

Et quand je vis quelque chose, que je ressens, quelque chose, que je me retrouve dans une situation dans laquelle j’ai un ressenti corporel ou une émotion particulière, je pourrais me poser la question « comment ai je créé cette situation? Qu’est ce que j’ai fait? Qu’est ce que j’ai dit? Qu’est-ce que j’ai prononcé pour me retrouver dans ce que j’ai créé moi même? » Vous avez là, la possibilité de mesurer à quel point nous sommes responsables de ce que nous vivons. Dans combien de postcasts ai-je écrit que nous sommes responsables de ce que nous ressentons ? Nous sommes responsables de nos propres émotions.

parler en pleine présence

Notre responsabilité de créateur

Nous sommes responsables de ce que nous vivons, de ce que nous créons. Parce que quand je projette quelque chose verbalement, je prépare le terrain pour le vivre. J’enregistre que je prépare ma vie dans ce que je vais dire. 

Les mots ont forcément le pouvoir que je leur attribue en tant qu’émetteur. Un pouvoir que j’ai partiellement acquis par l’expérience de mon enfance, de mon adolescence, de ma jeunesse d’adulte, mais dont je prends conscience parce que je me rends compte que je crée mon présent et mon futur dans ce que je dis. 

  • « De toute façon je fais ça, mais je suis nul, j’y arriverai jamais », je crée mon présent et mon futur dans ce que je dis. 
  • « Non mais de toute façon je suis moche et de toute façon c’est normal que personne ne m’aime » crée mon présent et mon futur dans ce que je dis. 
  • « Je ne suis pas à la hauteur…  » crée mon présent et mon futur si je le dis. 

Mesurez votre présent et votre futur 

Mesurez votre présent et votre futur quand vous dites quelque chose. Prenez conscience de ce que vous dites. J’ai envie de vous inviter à parler en pleine présence

« Mais ce boulot, c’est nul et c’est normal que… » je suis en train de prendre conscience que je crée mon présent et mon futur. Vous avez l’impression que je me répète? Mais non, je me répète pas, J’insiste. J’enfonce, j’encadre, je stabilote. Je veux que vous soyez conscient de ce que vous dites parce que vous êtes créateur de votre existence. 

Nous croyons en ce que l’on se représente

Le pouvoir de la parole se trouve là. La présence d’un mot appelle une représentation mentale. Il est difficile de ne pas croire en la réalité de ce qu’on se représente, parce que, comme je l’ai dit, quand on le dit, on est forcément en train de projeter, donc d’envoyer avant que ça n’arrive, une image qui correspond à ce qu’on est en train de dire. Donc si je dis « je n’y arriverai jamais », « c’est trop dur pour moi », « je ne suis pas à la hauteur », je sais que je ferai en sorte d’entrer dans ce que j’ai dis. 

Par contre, je pourrais aussi me dire : 

  • « j’y arrive », 
  • « je suis à la hauteur », 
  • « je le fais », 
  • « je me lance » 
  • et créez ainsi mon présent et mon futur, par conséquent. 

Richard Dawkins a écrit « Le malheur des humains vient de ce que trop d’entre eux n’ont jamais compris que les mots ne sont que des outils à leur disposition et que la seule présence d’un mot dans le dictionnaire ne signifie pas que ce mot se rapporte forcément à quelque chose de défini dans le monde réel ». J’aime beaucoup cette pensée, cette prise de conscience. Il a écrit ça dans le livre qui s’intitule « Le gène égoïste » paru chez Odile Jacob. 

La prise de conscience

Je prends conscience que le mot que j’utilise dans le dictionnaire que j’ai récupéré dans le dictionnaire ne signifie pas que ce mot se rapporte à quelque chose qui est défini dans le monde réel. C’est à moi de choisir de le définir. Donc, je prendrai encore conscience de mon pouvoir créateur quand je l’emploierai. Je ne pourrai pas dire que je subis le mot parce qu’il a été mis dans le dictionnaire par Mr Robert. Non. Je subis le mot parce que je l’ai employé avec le sens que je lui ai donné, le poids et la valeur que je lui ai donnée. Et par conséquent, je crée ma réalité avec le sens que je lui ai donné le poids, l’image que j’ai jetée par avance dans laquelle je vais rentrer. 

Visualisez le tapis rouge

J’aimerais que vous visualisiez que quand vous lancez une image, un mot, vous déroulez un tapis rouge sur lequel vous allez marcher. Sur lequel vous êtes en train de marcher au fur et à mesure que vous prononcez ces mots. 

  • « Je vais acquérir cette compétence », 
  • « j’acquière cette compétence ». Et j’ai déjà formulé l’importance de parler au présent de l’indicatif. 
  • « J’y arrive même si je n’ai pas encore réussi jusque’à présent. 
  • « Je suis en chemin », 
  • « je crée mon bonheur », 

Je déroule le tapis rouge dans lequel je vais fabriquer ce que je suis en train de projeter, l’image que je suis en train de projeter. 

Ma demande expresse

Pratiquez ça au présent. Pas « bientôt, j’y arriverai », « Oui, mais c’est plus facile pour Pascal que… ». Non, non ! 

  • « j’y arrive », 
  • « Je peux le faire », 
  • « Je peux créer mon présent à partir de ce que je vais dire ». 

Si vous ne l’avez pas encore fait, écoutez le podcast de la semaine dernière « le bonheur de la création ». Si vous l’avez déjà écouté, je pense qu’il est même judicieux que vous réécoutiez le podcast de la semaine dernière et celui d’aujourd’hui plusieurs fois pour vous imprégner cette réalité. Parce que je sais qu’elle est tellement étrangère à notre manière de fonctionner que certains concepts sont difficiles à intégrer. 

Il m’importe que ces concepts ne soient pas uniquement placé au niveau du mental, « Ah oui, j’ai compris ». Mais que vous puissiez vous imprégner de ça, que vous le viviez vraiment de manière concrète, là, ici et maintenant. Je pense à une personne que j’ai eu un entretien la semaine dernière, dans laquelle on a travaillé cet aspect-là. Que ce soit vraiment concret pour vous, parce que vous l’aurez vécu au quotidien. 

Je comptes sur vous

Je compte sur vous pour le pratiquer réellement, pour en parler autour de vous. Parce que le fait d’en parler, de partager cette nouvelle conviction permet un ancrage plus avancé en vous. Et puis je compte sur vous aussi pour mettre vos cinq étoiles sur les réseaux sociaux. Merci de le faire maintenant, que ce soit sur Apple Podcasts, Google, Podcasts, Spotify ou Deezer. Où que vous écoutiez ce podcast, mettez un commentaire cinq étoiles. 

Ne vous dites pas que vous le ferez plus tard parce que ça sera révélateur de votre manière de fonctionner. Faites-le maintenant. Mettez-vous au travail maintenant pour faire en sorte de vivre l’expérience que les mots ont forcément le pouvoir que vous leur attribuez vous, en tant qu’émetteur, pour entrer dans une dynamique de création. 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine. 

Bye bye!

9 commentaires

  1. Merci pour cet article qui rappelle l’importance des mots. Cela invite à mieux choisir ses mots et à d’avantage vivre ce que l’on dit.
    J’ai bien apprécié la partie histoire sur les akkadiens.
    Je retiens : « Les mots sont des codes. La parole est un pouvoir de création »
    Cela fait écho pour moi au concept des affirmations dans le
    livre « Miracle Morning ».

    1. Merci Stan pour ton retour sur ce Podcast.
      Je me réjouis de ce que tu peux en tirer. En effet, intégrer que les mots sont des codes, et que c’est nous qui choisissons leur pouvoir, en tant que récepteur, devient une richesse considérable pour la vie présente.
      Je comprends que cela fasse écho au concept des affirmations du livre « The miracle morning » de Hal Elrod . Je n’y avais pas pensé, mais je te rejoins.
      Bonne journée et bon développement à toi

  2. Merci pour ce bel article. C’est un beau rappel sur le fait que nous sommes les créateurs de notre expérience de vie à travers les mots que nous choisissons. Personnellement, je fais des efforts pour utiliser les mots de manière plus consciente, notamment dans mon rôle de maman. Au quotidien, je pense que ça m’aide à façonner une réalité qui reflète mes aspirations.

    1. Oui, Elise, « nous sommes les créateurs de notre expérience de vie à travers les mots que nous choisissons » comme tu le rappelles avec tes propres mots.
      Et il est certains que le fait de choisir tes mots dans ton rôle maternel t’aide à façonner ta réalité.

      Note toutefois qu’il te sera aidant de porter tes efforts sur ta manière de penser, ta mentalité. Penser autrement conduit à parler autrement. Il est vrai que cela peut fonctionner à l’inverse, mais il est de loin plus fécond de nourrir ses pensées

  3. Etant auteur moi-même, je ne peux qu’être intéressé par le sujet des mots. Deux remarques me viennent à la lecture de cet article :
    1. On observe que dans toutes les langues, le son des mots renvoie souvent à ce qu’ils désignent (« siffler », « un choc » « ratisser », etc…)
    2. Pour bien communiquer, il faut avoir un système de référence commun (niveau de langage notamment).
    Merci pour cet article très complet qui permet d’appuyer une réflexion approfondie sur ces questions !

    1. Merci Denis,
      Je comprends pleinement, pourquoi ce sujet ravive votre sensibilité d’auteur. Merci pour ces deux observations bien enrichissante.

  4. Merci pour cet article ! Je rejoins complètement votre avis sur le pouvoir de la parole et de son bon usage. Les mots qu’on dit, qu’on écrit restent et ont tendance à influencer notre réalité.

    1. Avec plaisir. En effet, il est indéniable que les mots n’ont pas seulement tendance à influencer notre réalité mais crée notre réalité. En réécouter le podcast ou en relisant l’article, tu verras à quel point c’est effectivement le cas.

  5. Super, j’ai adoré et toujours aussi plaisant de vous entendre. Je suis justement en train de lire un livre qui touche à la question du mot et sa subjectivité : Formes de l’Intention de Michael Baxandall. L’auteur nous rappelle que la portée des mots dépend des expériences personnelles et culturelles que nous leur rattachons. Le mot est un outil social qui est là pour généraliser. Ainsi, il pose la question de comment décrire une œuvre d’art en se rapprochant au plus près de l’intention de l’artiste.
    Personnellement, j’apprends à prendre du recul sur les émotions que je ressens et souvent, le simple fait de prendre conscience que l’émotion que nous ressentons en ce moment présent ne vient pas de l’évènement extérieur mais de soi, permet de l’accepter. Le bouddhisme m’apporte beaucoup dans ce cheminement.

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