Nous agissons toujours par intérêt

Nous agissons toujours par intérêt

Aucun humain n’est réellement maso

Il peut paraître assez évident que nous agissons toujours par intérêt. Qu’il s’agisse de faire la vaisselle, de faire les courses, le ménage. C’est valable pour des choses que nous aimons autant que pour celles que nous n’aimons pas. Nous travaillons par intérêt.

Quand il est question de travail (professionnel), nous y voyons facilement l’intérêt puisqu’il y a une notion pécuniaire. Mais cette notion-là est valable pour toute activité, même sans rémunération.

Dans la peau du pseudo-maso

Que la relation avec une personne soit en bon ou mauvais termes, nous serons en permanence en recherche de notre propre intérêt. Ce qui est très particulier, c’est que même quand ce que nous faisons nous fait mal ou nous fait du mal, nous agissons toujours par intérêt.

L’humain est assez étrange puisqu’il est capable de faire des choix qui iront à l’encontre de son développement personnel et de son bénéfice tout en y trouvant un intérêt.  

Vous, comme moi, faisons des choix qui nous desservent. Or, si nous faisons ces choix, c’est que nous y trouvons un intérêt. On peut évoquer la situation de quelqu’un qui boit, qui fume, qui se drogue ou qui cherche à altérer une relation avec une personne de son entourage. Même si cette personne récolte des résultats désagréables dans sa démarche, elle le fait dans son intérêt. Nous fonctionnons tous comme ça. Alors, bienvenue dans la peau d’un humain !

L’humain est capable de prendre les décisions irrationnelles

Avant d’aller plus loin, prenons le temps de définir ce qu’est un intérêt : c’est un avantage recherché pour soi-même ou pour un autre. Une tendance à s’attacher à une chose que l’on trouve avantageuse.

Qu’il s’agisse d’intérêt, d’avantage, ou de bénéfice, on est dans la famille de ce qui motive nos choix. Quand je parle de nos choix, on pourrait l’entendre comme une réalité à court terme. Pourtant, cette notion d’intérêt concerne autant nos choix à court qu’à moyen et long termes. 

Je voudrais juste définir le mot « rationnel » ou « irrationnel ». J’y tiens parce que c’est un terme qui peut être employé avec la pleine conscience de ce qu’il représente. Sur le blog Heureux au Présent je vous ai régulièrement incité à prendre des décisions sur un fondement rationnel. On appelle rationnel ce qui est relatif à la raison. À partir du moment où l’on fait une analyse, que l’on réfléchit on a de grandes chances de s’approcher d’une décision rationnelle. A contrario, elle serait émotionnelle. Par conséquent, quand nous prenons une décision irrationnelle, elle ne suit pas une logique cohérente. Elle répond à une pulsion, à un besoin émotionnel.

Sommes-nous victimes de nos incohérences ? 

Nous sommes tous confrontés à cette difficulté de l’incohérence. Il nous arrive de prendre une décision sans être en mesure de la rattacher un raisonnement qui tient la route. Il arrive même parfois que cette décision aille à l’encontre d’un raisonnement cohérent. Elle est alors irrationnelle. 

homme fume par intérêt

Nous pouvons parfois en être conscients, mais ce n’est pas systématique. 

Si nous prenons l’exemple d’une personne qui a la valeur du respect de la planète. Qu’elle ajoute à sa valeur précédente l’importance de prendre soin de soi et de l’environnement. Il peut ne pas être étonnant de voir cette personne fumer et roule dans un véhicule énergivore. 

Noter qu’il y a forcément des raisons qui font qu’une personne prend une décision. Parmi se trouve ses propres intérêts, même dans une démarche altruiste. 

Il n’est pas question de dire qu’une personne qui veut prendre soin de la planète, qui est très écologique et qui roule dans un gros 4×4 ment ! Pas du tout. Nous pouvons être capable de décisions irrationnelles alors qu’une ou plusieurs de nos croyances va dans une autre direction. Ce n’est pas forcément un remaniement de soi. On parle alors de rupture épistémologique. C’est comme s’il n’y avait pas de communication entre les deux hémisphères cérébraux parce que l’un est capable d’oublier une partie de sa connaissance dans le but de servir une cause. Cette incohérence est présente chez quasiment tout le monde. Forcément, régulièrement nous nous retrouvons dans cette forme d’incohérences, de décisions irrationnelles.

La balance bénéfice-risque

Nous vivons avec une sorte de balance mentale que l’on pourrait appeler : bénéfice-risque. C’est ainsi que fonctionne la médecine. Si le médicament procure plus de bénéfices que de risques, il est validé pour être mis sur le marché. Il obtient l’AMM.

Nous fonctionnons de la même manière. Ce n’est pas pour rien que la médecine a « inventé » ça, sachant qu’elle n’est pas la seule à utiliser ce principe. On le fait pour l’automobile et pour de nombreuses autres inventions. À partir du moment où le bénéfice est supérieur au risque, on avance.

Bien entendu, le risque peut intenter à la vie, à l’équilibre, et à la santé au bien-être. Toutefois, à partir du moment où le risque est inférieur aux bénéfices, même si c’est infime, cela suffit pour faire le choix en faveur du bénéfice. 

La résolution des conflits intérieurs 

Notre cerveau possède une capacité extraordinaire qui s’ajoute à cette notion d’intérêt. Il est capable de trouver le moyen de résoudre un problème apparemment insoluble pour permettre de poursuivre une action entamée.

« Voici les principales lois physiologiques attribuées par les biologistes au cerveau limbique:

  • Le système limbique est imperméable à toute logique.
  • Le cerveau limbique agit comme un filtre, il a un rôle sélectif : toute information passe d’abord par le limbique qui filtre l’information et excite le cortex selon le filtre lui même lié aux tonalités émotionnelles de l’information (intérêt, sécurité, plaisir, motivation, ….) Les émotions déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous le contrôle du cortex. La peur, par exemple ne disparaît pas par voie de raisonnement.
  • Le système limbique enregistre d’abord l’action vécue qui deviendra réflexion. La réflexion est ainsi soumise à l’action: le cerveau ne peut résoudre un problème que s’il expérimente de nouvelles solutions.
  • Il stocke tous les souvenirs jouant ainsi un rôle essentiel dans la mémoire à long terme, qui permet la réception et l’enregistrement des informations en fonction des tonalités émotionnelles. La mémoire en permettant la création d’automatismes pourra être à l’origine des besoins nouveaux qui du coup, ne seront plus instinctifs mais seront d’ordre socio-culturel.
  • Il assure le début de la connaissance par l’image et joue un rôle cognitif comme produire, élaborer des images même s’il est essentiellement lié aux processus émotionnels et aux pulsions.

C’est donc l’émotion qui guide nos décisions avant même notre raison. » (Source : Pro-influence)

Si, par exemple, je sais que manger des sucreries est mauvais pour la santé, mais que j’aime beaucoup cela, je peux chercher à résoudre le problème dans le but d’un confort personnel. Je pourrais raisonner en me disant qu’au vu de l’importance du travail que j’ai effectué depuis quelques heures, je mérite une sucrerie. C’est donc un moyen d’apporter un intérêt à une chose que je sais néfaste pour moi-même.

C’est donc une manière de résoudre une équation, d’apporter une solution à un problème intérieur. On pourrait dire qu’il s’agit de réconcilier un côté rationnel avec un côté irrationnel ou émotionnel. Par exemple : Si je fais cette chose (que je pense dommageable pour moi), c’est parce que… (et je complèterai mon raisonnement)… je le mérite. 

Le problème de cette facilité à résoudre certains conflits intérieurs est que l’on peut aggraver son problème sans s’en rendre compte. 

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Prenons exemple d’une personne qui a un problème financier. Elle découvre que son compte bancaire est à sec. Pour tenter de se consoler, elle pourrait trouver “cohérent” de succomber à un achat compulsif. On pourrait prendre l’exemple de quelqu’un qui a une dépendance à l’école. S’il constate qu’il a bu alors qu’il s’était engagé à ne pas boire, il pourrait choisir de boire en se disant « au point où on n’en est, c’est moins grave… ». On se donne une autorisation supplémentaire pour tenter de se réconcilier avec soi-même ou de compenser.

L’objectif étant de retrouver le confort avec soi-même par un moyen irrationnel inconscient.

L’étonnant pouvoir de l’imaginaire 

Le plus fort de cette approche irrationnelle se trouve dans l’imaginaire.

La science n’est pas en mesure d’affirmer, aujourd’hui, que d’autres espèces que l’espèce humaine est capable de vivre de l’imaginaire, du rêve, du fantasme ou simplement de la projection de soi vers autre chose. Un renard peut-il se projeter mentalement vers un désir de manger du poulet ou du lapin ? On en est au stade de l’hypothèse et de la présomption sans être en mesure de le démontrer sans l’ombre d’un doute. Alors qu’il s’agit du quotidien humain

offrir des fleurs par intérêt

Nous ne sommes pas en mesure d’estimer la part de l’imaginaire présente dans l’esprit humain. A quel moment l’humain vit-il dans son imaginaire ? A quel moment et sur quelle base définir qu’il est dans la réalité ? 

Si quelqu’un me dit que je suis un vieux con et que je me sente blessé, suis-je dans le réel ou dans l’imaginaire ? Ceux qui connaissent Heureux au Présent savent que s’il me dit que je suis un con, je peux être dans le vrai, dans le réel. Il s’agit d’une information objective, rationnelle, présentable devant un juge auquel je pourrais dire « il m’a dit que je suis un con ». Le fait de me sentir blessé est à cheval sur le réel et l’imaginaire. Mon sentiment d’être blessé est réel alors que le fond de ma blessure est imaginaire, irrationnel. C’est moi qui ai choisi de me sentir blessé. La personne qui m’a dit que j’étais un con ne m’a pas blessé dans son action. Elle m’a parlé. 

J’y reviendrai dans un rendez-vous que je suis en train de préparer et qui aborde le fait que les événements sont neutres. 

C’est bien dans l’imaginaire que se façonne notre aptitude à faire des choix irrationnels. Si vous voyez un bel homme ou une belle femme et que vous commencez à fantasmer, vous y voyez un bénéfice ou un intérêt qui ne se trouve que dans votre propre imaginaire. Vous n’avez aucun moyen de savoir ce que vous vivrez si la relation naissait entre vous et cette personne ! Ce n’est donc que de l’imaginaire.

On va même jusqu’à dire que la relation amoureuse est essentiellement fantasmée. En réalité, on est en général en relation avec une personne que l’on a projetée. Comme on l’imagine d’une certaine manière, on investit dans la relation dans laquelle on va tenter de rendre réel notre manière de voir la personne aimée. 

Exemples du pouvoir de l’imaginaire qui sert nos intérêts 

Prenons l’exemple suivant : une femme pense que sa sœur la déteste. Je lui demande ce qui fait qu’elle pense cela. Sa réponse est : « elle agit de telles manières, dit telles et telles choses sur tels et tels tons ». On est exactement dans la fenêtre de l’imaginaire.

Puisque dans mon passé, j’ai vécu une expérience dans laquelle une personne a agi de telle manière, a dit telle chose sur tel ton et que j’en ai déduit (ou que l’on m’a appris) que ces agissements avaient pour but de montrer qu’elle détestait quelqu’un, toute personne qui agira avec un ou plusieurs éléments de cette expérience passée le fera parce qu’elle déteste une personne. 

Sur le plan rationnel, je ne connais pas les actions à poser quand on déteste quelqu’un. C’est moi qui ai créé une loi, une règle en ce sens à partir de mon imaginaire. C’est donc par lui que j’ai créé l’idée que cette personne me déteste. Tout se joue bien dans mes pensées. 

Nous fonctionnons tous comme ça. Et ce qui est intéressant est de faire la part des choses entre les décisions rationnelles et irrationnelles. Se souvenir que nous agissons toujours par intérêt, mais rarement avec une approche rationnelle. Or, l’imaginaire n’est pas soumis à la rationalité. C’est ce qui lui donne autant de latitude, de souplesse, de liberté…

Le rationnel est en relation avec raisonnable. Quant à l’imaginaire, il n’est pas rationnel, pas raisonnable, par définition. Le propre de l’imaginaire est de pouvoir vivre en dehors de tous les cadres qui existent. Il permet de s’affranchir de paramètres spéciaux temporels. Grâce à l’imaginaire, on peut se transformer en tout ce que l’on veut, notamment, en prophète ou en devin. 

Il arrive régulièrement que nous pensions savoir (pour ne pas dire que nous en sommes convaincus) ce qui va se passer dans le futur même proche. 

Comparons une approche rationnelle et irrationnelle sur le même événement

Par exemple, si je vais demander une augmentation à mon patron, je peux adopter une approche rationnelle ou irrationnelle. 

J’ai besoin de plus de revenus. Je suis prêt à travailler davantage. Je suis donc résolu à demander une augmentation à mon employeur. J’intègre à cela que je travaillerai davantage et que je prendrai davantage de responsabilités, par exemple. 

Dans le cas d’une approche rationnelle : je sais que mon patron (quelle que soit la forme de sa réponse) peut me dire : « oui », « non » ou encore « pas maintenant ». 

shopping par intérêt personnel

A partir du moment où j’ai une approche rationnelle, je n’aurai aucune inquiétude sur le fait qu’il pourrait ne pas apprécier ma démarche. 

Dans le cas d’une approche irrationnelle, je me dirai : « Est-ce que je le mérite ? Et s’il le prend mal ? S’il a l’impression que j’exagère ? Si l’augmentation demandée n’est pas suffisante ? Et s’il est prêt à donner plus que ce que je lui demanderai ? Comme cette année est assez dure sur le plan économique, ce n’est peut-être pas le bon moment. Et si je le lui demandais au bon moment ? »

Toutes les interrogations qui touchent à la préoccupation du « bon moment » font partie du domaine de l’irrationnel. C’est une approche non raisonnable qui peut avoir pour intérêt de faire que je n’irai pas voir mon patron.

Comme j’ai peur, je pourrais aller chercher l’intérêt de ne pas être confronté à la situation. Par conséquent, je construirai mon imaginaire de manière éviter de faire ce qui me fait peur.

Maintenant, vous savez que le problème majeur de la procrastination est l’imaginaire. Nous supposons qu’en nous mettons au travail sur une tâche qui nous incombe nous pourrions souffrir. Mais en fait, nous n’en savons rien ! Il ne sera possible de savoir ce que l’on ressentira vraiment qu’au moment de l’action. Tout le reste n’est qu’imaginaire.

Nous agissons toujours par intérêt

Tout en continuant à focaliser notre attention sur le fait que nous agissons toujours par intérêt, je prendrai quelques exemples. 

Je déplore toute situation de violence conjugale. Cela dit, quand une femme est battue, il est souvent demandé pourquoi la femme ne part pas. La réponse, ou plutôt une des réponses, est qu’elle agit par intérêt. Elle agit par intérêt pour ses enfants comme pour elle-même. La plupart du temps, elle se dit « si je pars, que va-t-il se passer ? ». On est bien dans le cadre d’une décision irrationnelle puisqu’elle ne connaît pas l’avenir. Elle le présume. Combien de femmes dans cette situation pensent « Si je pars, il va sans doute me retrouver et me tuer. S’il retrouve un de mes enfants, il risque de m’en priver, de le kidnapper … ». 

Exemples pratiques de formulations d’intérêt (irrationnels)

Si l’on prend un autre exemple concernant le licenciement. Supposons que vous ayez été licencié. Votre employeur vous a dit « je ne veux plus que vous travailliez dans notre entreprise ». Étant donné que vous savez que votre tendance naturelle sera d’agir par intérêt, quelles seront vos décisions d’actions ? En rentrant à la maison, vous aurez à l’annoncer à la famille. Par conséquent, votre manière de le dire et de le vivre sera impactée par cette recherche d’intérêt personnel.

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Peut-être présenterez-vous une tête de mort pour donner l’image que ce licenciement correspond à une catastrophe, et cela, dans votre intérêt. Vous pouvez penser que si vous annoncez la nouvelle du licenciement avec le sourire aux lèvres, ce sera mal accueilli. C’est du moins ainsi que vous le projetez dans votre imaginaire. Et, toujours dans votre imaginaire, si vous le vivez de manière dramatique en le vivant profondément comme étant un drame, est-ce vraiment un drame ?En quoi est un drame ?

livraison

Vous pouvez raisonner en ayant la préoccupation de la subsistance économie de votre foyer parce que vous n’aurez plus de salaire. Seulement, ce n’est peut-être pas forcément un drame, malgré tout.

Il y a un taux de personnes licenciées en France chaque jour et pour lesquelles ce n’est pas un drame. Sur le plan rationnel, il ne s’agit pas d’un drame. Pour plusieurs, elles le prennent même comme des opportunités !

Si vous agissez en vous morfondant dans cette situation, c’est parce que vous y trouvez un intérêt qui peut être irrationnel. Il sera donc forcément fondé sur l’imaginaire. 

Quand l’imaginaire vous plombe dans votre intérêt 

C’est la même chose pour une rupture conjugale. Également pour une relation extraconjugale. Si je formule ce dernier exemple de manière irrationnel, ça pourrait donner : « mon conjoint m’a trompé ». La même situation formulée de manière rationnelle donnerait « mon conjoint a couché avec quelqu’un d’autre ». Dans la formulation « il m’a trompé » vous percevez l’interprétation de l’action. Il s’agit donc bien d’une approche imaginaire, irrationnelle, émotionnelle.

Cette manière d’interpréter l’attitude de mon conjoint me procure un intérêt particulier. Sans quoi je pourrais m’exprimer avec une absence de jugement en décrivant uniquement l’action, sans interprétation. 

C’est la même chose dans le cas d’un décès. Si une personne proche de moi décède, quel est mon intérêt dans la manière de formuler cette information ? Suis-je abattu pour être en accord avec ma croyance personnelle de la mort ? Est-ce que je pleure parce que c’est vraiment ce que je ressens ? Est-ce que je le ressens de telle manière parce que j’ai vraiment un intérêt à le ressentir ainsi ? Si je n’ai pas envie de me morfondre en tristesse, à devoir porter le deuil pendant des mois, quel est mon intérêt ? Nous agissons toujours par intérêt, souvenez-vous-en. Que ces intérêts soient rationnels ou irrationnels. D’où l’intérêt de se poser des questions.

Choisissez de ne pas être raisonnable en permanence

Je vous propose de laisser de côté la préoccupation qui consiste à être raisonnable. Oublions l’éventuel besoin d’être systématiquement en mesure de prendre des décisions rationnelles ou objectives. Cela paraît en contradiction avec beaucoup de choses que j’ai proposées sur Heureux au Présent, mais rassurez-vous, ce n’est pas le cas. 

L’idée est que l’on ne soit pas forcément à la recherche du raisonnable à vivre. Que l’on se donne le droit de quitter le chemin de la logique implacable en étant conscient de ce choix. Nous sommes des humains, pas des machines.

A contrario, adoptons plutôt l’idée de vivre nos choix irrationnels en pleine conscience. Vivre en pleine conscience est un moyen d’accueillir une situation en étant pleinement alerte sur ce que vous vivez et des raisons pour lesquelles vous le vivez. À cela peuvent s’ajouter les raisons pour lesquelles vous n’êtes pas forcément conscient de ce qui vous attire dans ce que vous vivez. C’est une manière de parler d’intérêt. L’idée est simplement de se focaliser sur les raisons pour lesquelles vous êtes attiré par une action donnée. 

Vivez vos choix irrationnels en pleine conscience

Si je reprends l’exemple du licenciement. Vous voyez que vous aurez à annoncer cette nouvelle à votre famille et vos proches, quelle que soit la manière de le vivre, observez-vous. Branchez-vous à vous de manière à percevoir ce que vous vivez, ressentez, dites, le choix de vos mots, des images employées, des champs sémantiques, des ressentis corporels…

Si vous percevez que vous vous sentez abattu par l’idée du licenciement et que vous ayez besoin de l’annoncer en étant abattu, observez-vous. Même si votre discours donne l’impression que vous vous sentez nul, pas la hauteur, etc. Quoi qu’il en soit, observez-vous, regardez-vous vivre en pleine conscience. Ensuite interrogez-vous pour savoir : 

  • Quel est l’intérêt que je poursuis dans ma manière de formuler l’information ? 
  • Ai-je besoin que l’on s’apitoie sur mon sort ? 
  • Peut-être ai-je besoin de rentrer dans un moule social qui me donnerait l’impression qu’il sera plus acceptable que je le vive ainsi ? 
  • Ai-je une identité propre attachée à mon emploi, comme si mon emploi était une extension de moi-même parce que je n’ai pas fait de travail de dissociation.

Je vous recommande d’ECOUTER LE RENDEZ-VOUS : Tout l’intérêt de la dissociation

La question de fond à cet ensemble de questions est : 

Qu’est-ce que je veux dire (de moi, de l’autre, de mes aspirations et autres) quand je vis là de cette manière-là (irrationnelle) ? 

Un des exercices à faire sur votre cahier de vie est d’écrire les raisons pour lesquelles vous vivez ce que vous vivez selon vous. Faites-le jusqu’à épuisement d’idées.

« Je pense que je vis le décès de mon frère de cette manière-là parce que j’y vois tels intérêts,  bénéfices, avantages… » 

Même dans ces situations-là nous agissons toujours par intérêt. Je rappelle que dans d’autres coins du globe, le décès d’un proche n’est pas vécu de la même manière qu’ici, en France.

  • Quel intérêt ai-je à dire « il m’a trompé ? »
  • Quel intérêt ai-je à dire que je suis un mauvais père ?
  • A travailler jusqu’à épuisement ?
  • Quel intérêt ai-je à dire que je n’arrive pas à m’épanouir au travail ?
  • Quel intérêt ai-je à être malheureux ?
  • A travailler à l’échec de ma thérapie ?
  • Quel intérêt ai-je… (complétez ensuite selon les situations que vous vivez). La liste peut être longue. Poursuivez là.

Prenez un seul sujet puis écrivez sur les raisons pour lesquelles vous avez fait votre choix jusqu’à épuisement d’idées. Listez les intérêts en allant le plus loin possible. Il y a rarement est seul intérêt à une décision. Prenez le temps d’y réfléchir quitte à revenir jour après jour afin de compléter votre liste d’intérêts.

Écrivez de telle sorte que vous ayez conscience des sous-intérêts à vos intérêts, comme s’il s’agissait de sous-couches. Vous pourrez ainsi descendre en vous-même pour prendre connaissance de ce qui vous motive et vous pousse à adopter telle ou telle posture. Quelle que soit la posture. Qu’il s’agisse d’être le gars drôle les Afterworks où le gars morose et triste qui ne rigole quasiment pas. Je vous laisse rechercher les situations de vie qui vous ressemblent et les intérêts qui les sous-tendent..

Le bienveillant jeu de la vérité

Quoi qu’il arrive, il est temps de vous avouer la vérité sur les intérêts qui sont les vôtres. Ouvrez les yeux sur ce qui vous pousse à agir. Je vous rappelle que nous agissons toujours par intérêt. Alors, maintenant que vous le savez, dites-vous la vérité. Identifiez les intérêts qui sont les vôtres en les acceptant avec bienveillance. 

Le projet ne consiste pas à vous juger. Identifiez vos intérêts. Reconnaissez-les. Regardez-les puis  prenez-en connaissance et acceptez-les comme ils sont. 

Une fois que vous aurez écrit l’ensemble de vos intérêts sur votre cahier de vie, sans les juger (bien entendu), prenez le temps de les corréler. Regardez le(s) lien(s) qui peu(ven)t exister entre vos divers intérêts. Vous verrez que certains sont convergents alors que d’autres ne le sont pas. Dépassez les apparences puisque parfois certains opposés, a priori, se rapprochent après réflexion. 

Prenez ce temps pour apprendre à vous connaître et à vous rapprocher de vous-même. Prendre connaissance de vos actions pour parvenir à en mieux découvrir les mobiles. C’est tout l’intérêt.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine

Bye-bye

Photo de Andrea Piacquadio, Mike Jones, H O M A Dcottonbro de Pexels

6 commentaires

  1. – [ ] Une bonne « claque » ce podcast. Une invitation à avoir une lecture toute différente des événements de notre vie. L’idée développée de la pleine conscience en identifiant les intérêts qui nous poussent à agir de telle manière ou à interpréter les événements de la vie est indispensable et riche d’enseignements. Concrètement, j’y vois plus clair sur mes motivations à entretenir une relation de travail ou avec certains proches. Trop tôt pour voir quelle « direction » prendre mais très instructif. Ce podcast me donne le sentiment d’être davantage acteur de mon épanouissement.

    1. Merci pour ton retour Emmanuel. Savoir que ce podcast de donne le sentiment d’être davantage acteur de ton épanouissement est une nouvelle que je choisis d’accueillir comme un encouragement. C’est exactement la mission de « Heureux au Présent » que d’œuvrer pour que les gens comprennent qu’ils ont davantage le contrôle qu’ils ne l’ont pensé jusque là.
      Bonne route à toi

  2. Je pense que l’être humain fonctionne par intérêt pour la survie. Après bien sûr que ce n’est pas toujours bien. Mais il faut trouver un équilibre ;).

  3. Quel article: documenté, structuré, dense et clair à la fois! Bravo, et merci!

    1. Merci beaucoup pour ton retour que j’accueille comme un encouragement.

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