Que faire de sa culpabilité ?

que faire de sa culpabilité

Ne la jetez pas à la poubelle si vous ne l’avez pas utilisé pour grandir

Vous vous sentez coupable ! Et comment savoir quand sa culpabilité est fondée ? Et quand c’est le cas, que faire de sa culpabilité ?

Pour rentrer dans le vif du sujet, je commencerais par définir la culpabilité. Il s’agit d’une charge. Quand il est question de culpabilité, on est en relation avec le sens du mot coupable, condamnable, en relation avec une faute. Finalement, de manière sous-jacente, il montre que vous êtes convaincu que ce que vous avez vécu était mal et que vous l’avez fait malgré tout. C’est la raison pour laquelle je parle de faute. Il n’est pas question d’erreur, et j’en profite pour définir la différence entre une faute et une erreur.

Une faute est une chose que l’on savait mal et que l’on a faite quand même

Une erreur est une chose qu’on a faite. On découvre le caractère malvenu ou inadapté après coup. 

Les trois catégories de la culpabilité

Vous voyez qu’il y a un fossé considérable entre l’erreur et la faute.

Je vois trois catégories, quand il est question de culpabilité : vous…

  1. … saviez, mais vous l’avez fait quand même
  2. … ignoriez, donc vous l’avez fait
  3. … ignoriez et vous l’avez fait en faisant de votre mieux 

Reprenons, à présent, chacune des catégories de la culpabilité que nous venons de des écrire en prenant soin de les expliquer. 

1. Vous savez, mais vous l’avez fait quand même : responsable et coupable 

Avec cette approche, on rejoint le fondement de la culpabilité. Notons juste que, quand je dis que « vous le saviez », je ne parle pas du tout d’une réalité extrinsèque avec une autorité extérieure qui vous dirait que ce n’était pas bien. Je l’aborde avec une approche dans laquelle vous êtes connecté à vous-même. 

Cela veut dire que même si l’on vous disait que votre action était bonne vous le vivriez mal parce que ce n’est pas ce que vous pensez en termes de valeurs. Par conséquent, l’ayant fait alors que vous le perceviez comme mal, vous vous sentez légitimement coupable. 

Cette culpabilité se manifeste parce que vous percevez une dissonance cognitive (comme on le dit en psychologie). Cela signifie qu’il y a une différence, un fossé creusé entre ce que vous croyiez, ce que vous considériez comme bien, sage, pertinent ou adapté et le choix que vous avez fait. Ce dernier est donc en inadéquation avec vos valeurs. C’est bien là qu’il y a une torsion intérieure comme si vous tordiez un torchon que vous voudriez essorer qui vous symboliserait vous-même. Ça fait très mal. C’est d’autant plus douloureux que vous êtes conscient d’être responsable et coupable de votre action. 

Dans ce cas-là, la culpabilité est effectivement tout à fait légitime. On ne peut pas vous dire « bah non, ne te sens pas coupable ! ». C’est pour vous, couché avec quelqu’un d’autre et mal, même si on vous dit « ce n’est pas si grave que ça », ça ne changera rien. Pour vous, c’est mal ce qui vous conduit à le vivre mal.

Tricher un examen vous paraît mal. Si vous le faites, vous vous sentirez mal. Vous sentirez que vous êtes responsable et coupable en plus de voir poindre on vous le syndrome de l’imposteur si en plus vous étiez reçu à l’examen.

je me sens coupable

2. Vous ignoriez, donc vous l’avez fait : responsable et non-coupable

Vous avez une opinion sur une chose, vous avez des convictions, des croyances ou des valeurs et vous avez fait un choix qui vous a conduit à prendre une direction qui fait que, extérieurement à vous, on estime que vous avez fait n’est pas bien inadapté. On pense que votre attitude n’était pas pertinente. Il est possible qu’on la considère comme étant humiliante, avilissante, sujette à colère, à condamnation, etc. Dans ce cas là, vous percevez que vous étiez convaincu de faire ce qu’il vous paraissait pertinent avant qu’une condamnation ne soit prononcée à votre encontre.

La culpabilité en situation

Je pense à cette personne qui, par exemple, arrive chez elle et, en ouvrant la boîte aux lettres, prend le courrier en plus de quelques cartes à gratter de loterie nationale. Agréablement surprise, elle prend les cartes à gratter et s’empresse de jouer pour voir si elle a gagné. En même temps, elle ressent un sentiment de gratitude en pensant « Qui a eu la bonne idée de m’offrir ces cartes à gratter ? ». De retour, son conjoint ouvre la boîte aux lettres. Constatant qu’il n’y a pas de courrier, il pénètre dans la maison et s’inquiète de savoir comment va son conjoint. De plus, il l’interroge pour savoir s’il y avait du courrier : 

  • Oui, oui, j’ai pris le courrier  
  • As-tu trouvé des cartes à gratter ?
  • Oui, et d’ailleurs je les ai gratté…
  • Mais ce n’était pas pour toi !
  • Comment ça… ?
  • Pourquoi t’es-tu permis de…

Du coup, naîtra un conflit dans lequel l’un considérera que l’autre est coupable parce qu’il a gratté les jeux de loterie alors que celui qui l’a fait a agi en toute bonne foi. Selon lui, il n’avait aucun élément lui permettant de commencer à envisager une interprétation le conduisant à interpréter la présence de ces cartes à gratter comme réservée à quelqu’un d’autre. 

Certains pourraient vous dire que c’est complètement évident que ce conjoint aurait pu ne pas gratter les cartes et interroger son conjoint pour savoir s’il avait une idée de la raison pour laquelle elles se trouvaient là. Peut-être, en effet ! Toutefois, «peut-être pas» reste possible !

La primauté de la bonne foi

À partir du moment où l’action a été posée en toute bonne foi, vous êtes bien responsable d’avoir gratté ces cartes de loterie, mais vous n’êtes pas coupable. Et même si vous voyez votre conjoint, votre collègue, votre patron, votre voisin, votre frère ou votre enfant tenter de vous faire porter la culpabilité d’une chose que vous avez faite (effectivement faite) en toute bonne foi, vous n’êtes pas coupable tout en étant responsable.

Attention, n’entrons pas dans le déni en disant « oui, je l’ai fait parce qu’il fallait bien que je fasse quelque chose… ». Si vous êtes dans cette direction, prenez conscience que vous êtes pleinement responsable sans forcément porter la légitimité d’une culpabilité qui viendrait si ajouter.

Par contre, même si vous n’êtes pas coupable, vous pouvez comprendre qu’une personne puisse se sentir flouée, abusée, trompée ou volée. Ce n’est pas parce que la personne a le sentiment d’avoir été flouée, abusée, trompée ou volée que vous l’avez flouée, abusée, trompée ou volée. Vous êtes en mesure de faire la distinction entre les deux dimensions que sont (1) votre responsabilité d’avoir pris ces cartes à gratter ou d’avoir ouvert le cadeau de quelqu’un d’autre et  (2) d’être coupable.Vous avez agi en adéquation avec vos propres valeurs et votre grille de lecture du moment où vous avez fait l’action. 

Par conséquent, responsable : oui, et à 100%. Par contre, coupable : non, à 0 %. Vous n’êtes pas coupable.

Permettez-moi de bien insister sur le fait que ce n’est pas parce que vous n’êtes pas coupable que vous pouvez vous laver les mains en disant « écoute, je ne savais pas, alors maintenant tu me lâches ». J’aime promouvoir un principe qui consiste à entendre ce que vit la personne qui se sent blessée, flouée, volée ou autres. C’est important de le mettre en avant comme les personnes que j’accompagne le savent.

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Quelle pertinence de présenter des excuses quand on n’est pas coupable ? 

  • Premièrement : ce n’est pas parce que je suis dans mon bon droit et que mon action s’est bâtie sur un fondement sain, que je n’ai pas à présenter des excuses ou à demander pardon.
  • Deuxièmement, ce n’est pas parce que je présente des excuses ou demande pardon que je suis coupable

On a parfois tendance à mélanger les deux dimensions. On pense « pourquoi devrais-je présenter des excuses alors que je ne suis pas coupable ? ». En effet, je ne suis pas coupable dans la mesure où je n’ai pas enfreint mes propres règles ou encore une règle extérieure (comme si mon conjoint m’avait dit qu’il attendait des cartes à gratter et que j’en étais  informé. Si la situation avait été ainsi, je serais dans le premier cas de figure dans lequel je savais et l’ai fait quand même. Mais là, j’ignorais tout, donc, je ne suis pas coupable.

Seulement, je prends conscience de ma responsabilité dans l’action, je réalise en même temps que la personne qui a le sentiment d’avoir été flouée souffre de la situation. Par conséquent, sans être coupable, je peux lui présenter des excuses ou lui demander pardon. Cela n’a donc rien à voir avec ma potentielle culpabilité.

Il s’avère que cette personne vit une situation douloureuse qui n’est pas de mon fait. Je veux dire par-là que ce n’est pas à cause de moi. Elle est responsable de ses émotions et de ses actions comme je le suis moi-même des miens. Je ne suis donc pas responsable de sa souffrance pourtant, j’irai lui présenter mes excuses ou lui demander pardon. Et pourquoi donc ?

Et si les excuses et pour un non culpabilité étaient compatible ?

Pour ma part, il est enrichissant de comprendre la non-opposition de cette double réalité : responsable non-coupable qui présente ses excuses et qui demande pardon. 

Cette démarche est possible quand on met les deux individus au centre de la relation en enlevant l’objet du litige ou du conflit ou en le conduisant comme secondaire. Ce qui prime alors, dans ce cas de figure, est que toi et moi soyons ensemble. Par conséquent, je ne suis pas responsable ou coupable de ce que tu ressens, mais comme la relation est fondamentale pour moi, je ferai en sorte de t’apporter ce dont tu as besoin pour continuer à faire exister notre relation afin que cette dernière soit saine, fluide et bilatérale.

NOTE IMPORTANTE : Si ce sujet vous est difficile, vous pouvez manifester votre vie d’accord et poser vos questions au bas de cet article, dans la section réservée aux commentaires. 

J’insiste donc pour que, dans cette catégorie n°2, vous ne vous sentiez pas coupable puisque vous ne l’êtes pas. Même si on vous dit : Tu

  • … es comme ça, 
  • aurais pu savoir, 
  • aurais pu imaginer, 
  • … es pénible, 
  • aurais pu comprendre, 
  • aurais pu deviner, et quelque part, tu aurais pu être Mme Irma et supposer que… tu serais coupable si tu faisais ça ! 

Choisissez que cette approche ne fonctionne pas avec vous. Qu’on vous le chante, qu’on vous le danse, qu’on vous le peigne, qu’on vous le mime ou quelques autres manières de vous le faire comprendre, soyez en mesure de dire : non, je refuse. C’est vraiment ce que je veux que vous pensiez, même si vous ne dites pas. Que vous pensiez en « je ». L’idée n’est pas de rétorquer en disant « tu n’as pas le droit de dire que je suis coupable » ou encore « tu as tort » ! C’est loin d’être le sujet à aborder. Il est préférable que vous choisissiez de penser « je refuse de porter la culpabilité que tu veux me faire porter »

Finalement, adopter cette approche vous place en responsabilité pour choisir vos sujets de culpabilité en toute liberté. Dans la première catégorie, vous êtes responsable et coupable en choisissant de vivre cette double réalité (et on verra un peu plus tard ce que l’on peut faire de cela).

Dans cette deuxième catégorie, vous êtes responsable et il vous incombe de choisir de l’être tout en sachant ne pas être coupable. C’est là que vous pourrez penser à dire je… :  

  • … refuse de porter la culpabilité… 
  • …refuse de vivre ce que tu veux me conditionner à vivre…
  • … choisis de vivre ma vie comme bon me semble. Et c’est en choisissant ma vie que je te demande pardon ou te présente mes excuses… 

3. Vous ignoriez et vous l’avez fait en faisant de votre mieux : responsable et non-coupable

Comme dans la deuxième catégorie, ici, vous êtes responsable et non coupable. Vous avez fait ce qui vous venait en veillant à faire de votre mieux. Vous avez fait ce que vous jugiez être le plus pertinent, le plus adapté, le plus opportun jusqu’à ce qu’une lecture extérieure, ou parfois intérieure, vous amène à découvrir que ça a foiré. Je fais la distinction entre ces deux lectures parce qu’il nous arrive d’être plus dur avec nous-mêmes que les autres ne le sont avec nous. D’ailleurs, je le déplore tout en l’accueillant comme l’illustration d’une réalité intérieure. Cela veut dire quelque chose que vous soyez plus dur avec vous-même !

Vous ne saviez pas comment faire et vous avez choisi de faire de votre mieux. Dans ce cas, ne vous flagellez pas. Ne commencez pas à penser que vous auriez dû faire autrement, que vous auriez dû savoir, que vous auriez dû maîtriser ou apprendre à gérer la situation comme on l’attendait de vous  depuis l’extérieur sans connaître vos compétences, vos aptitudes, votre connaissance, votre savoir-faire, etc. Ce n’est pas possible puisque vous êtes vous. Vous ne pouvez pas faire comme on l’attendait de vous en étant vous-même sans que l’on vous ait explicité quoi que ce soit.

Là aussi, il importe de mettre le bémol en disant « je refuse la culpabilité… sachant que j’ai fait de mon mieux ». Cela signifie qu’au fond de vous, vous êtes pleinement conscient d’avoir fait de votre mieux, bien entendu. Dans ce cas, vous êtes dans une honnêteté intérieure profonde. Comme je l’ai déjà dit sur le podcast, s’il y a une personne à laquelle vous ne mentirez plus jamais, c’est bien à vous. Bien entendu, je vous encourage à ne pas mentir à d’autres, mais à vous-même, jamais. Ne vous racontez jamais de salades. 

Quel remède quand vous vous sentez coupables ? 

Quelle que soit la catégorie de culpabilité dans laquelle vous vous trouvez (la première, la deuxième ou la troisième), le remède est commun : la bienveillance.

Elle est fondée sur une question : quel est le problème auquel vous avez cherché à apporter une solution ?

Quand vous êtes dans la première catégorie, vous le saviez et vous l’avez fait, vous pouvez malgré tout rester dans cette démarche de bienveillance. En effet, la question reste pertinente parce que, quand vous savez que ce que vous alliez faire était mal et que vous le faites quand même, c’est que vous avez voulu apporter une solution à une situation.

Vous avez menti en pensant que cela vous arrangerait, que vous seriez peut-être mieux vu, que ça passerait mieux, que ça limiterait le risque de colère, de violence, de pénalité… vous avez donc agi pour apporter une solution. Je ne suis pas en train de vous dire que votre choix était bien. Vous êtes responsable et coupable, je le rappelle. Seulement, si vous entendez la démarche qui a consisté à porter une solution, une sorte de pansement, de bien-être, même si c’était vous le bénéficiaire premier, sachez identifier votre motivation.

Finalement, je vous invite à vous placer devant le miroir pour vous interroger en vous demandant :

Sortir de la quête d’une auto-suffisance en guise de solution

Qu’est-ce que j’ai voulu faire en disant à ma mère que le médecin avait dit que tout allait bien alors que vous avez découvert que vous aviez un cancer ? Pourquoi avez-vous fait cela alors que vous sentez un mal-être intérieur de l’avoir fait, vous sentant responsable et coupable ?

D’ailleurs, vous vous inquiétez de la manière dont vous parviendrez à lui cacher les séances de chimiothérapie. Par conséquent, vous aurez à mettre en place une stratégie pour tenter de cacher de nombreuses réalités à venir sachant que le mal attire le mal. Quand on commence avec un mensonge, vous savez que cela fonctionne comme avec une pelote. Quand on tire le bout d’un mensonge, on se rend compte qu’il est possible de déboucher sur une suite d’énormités. 

Qu’ai-je voulu faire ? À quel problème et j’ai voulu apporter une solution ? Je suis conscient d’avoir menti à ma mère, mon frère, à mon patron, un voisin… En connaissance de cause, j’apprendrai un mode de fonctionnement qui m’est propre. En grattant sous la surface, je pourrai me demander ce qui me fait peur, réellement. Pourquoi la vérité que je transporte en moi-même fait qu’il m’arrive d’avoir peur d’être dévalorisé, jugé, rejeté, désaimé, catégorisé, etc. ? 

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Une question légitime suit celles qui précèdent : pourquoi ai-je peur ? Suis-je véritablement en danger si je choisis la vérité au risque du sentiment de rejet ?

Il peut être enrichissant de comprendre que ce n’est pas parce que je me sens rejeté que je le suis. Ce n’est pas non plus parce que j’ai le sentiment d’être jugé que je le suis. Je suis responsable de mes émotions. Si la personne a dit quelque chose qui semble être un jugement, je reste responsable de m’adresser à elle pour chercher à comprendre ce qu’elle a voulu dire, ne serait-ce que par «quand tu dis cela, est-ce que ? J’ai l’impression que…, est-ce bien ce que tu veux dire ? ».

J’ajouterai même que ce n’est pas parce que la personne me juge que je doive l’accueillir comme un jugement. Je peux l’accueillir comme un mal-être de sa part, comme un sentiment de trahison, une déception, etc. 

Accueillons le sentiment d’être démunis de la toute-puissance

Entendez-vous l’impression d’être démuni quand on est posté dans la catégorie n°1 dans laquelle on savait que ce n’était pas bien et qu’on la fait malgré tout ? Si vous avez le sentiment d’être démuni, c’est que vous pensez ne pas avoir d’autres armes à votre disposition. Vous vous sentiez trop faible, incapable, dépassé, pas en mesure de faire face. C’est la raison pour laquelle vous avez eu recours à ce choix.

Il est possible que vous ayez choisi d’agir ainsi par résolution volontaire, en vous disant « je sais, mais je fais ce que je veux. Je n’en ai rien à cirer et je vis très bien avec la culpabilité ». C’est tout à fait envisageable parce qu’il est possible d’entraîner notre mental à accuser le coup de la dissonance cognitive. « Je sais que ce n’est pas bien, mais je le fais et je m’arrangerai ». Et l’on constate que, plus on le fait, et plus on s’y habitue. 

Par conséquent on le vit de moins en moins mal jusqu’au jour où on le vit de mieux en mieux ! C’est un fonctionnement qui ressemble à la capacité géologique de rajouter des couches sédimentaires qui viendront se déposer sur les alertes de moralité personnelle et qui feront en sorte de nous rendre de moins en moins sensibles. C’est une forme d’anesthésie. Et si vous êtes dans ce cas, je voudrais vous inviter à retrouver l’esthésie, de vous reconnecter à vous-même en retrouvant la capacité à être sensible à vous-même. En effet, c’est un manque de connexion à vous-même qui vous expose à un risque d’autodestruction, finalement. 

Là encore, on peut s’interroger sur les raisons de cette volonté d’autodestruction :

  • Pourquoi voudriez-vous vous nuire ainsi ? 
  • Pourquoi ne vous respectez-vous pas vous-même ? 
  • Si vous ne vous respectez pas, ça signifie que vous ne vous aimez pas ! Or, si vous vous respectez, vous accepteriez de vivre ce que vous considérez comme étant vos valeurs, vos croyances et vos propres pensées, sans dissonance. Vous n’auriez aucune envie de les trahir, ou plus justement, de vous trahir.

De la bienveillance à tous les étages

Dans la catégorie n°2 et 3, on a besoin du même remettre de la bienveillance qui permet de se dire « je suis responsable, c’est vrai et je veux utiliser ma culpabilité pour… ». De toute façon, dans les trois catégories, la bienveillance aura un impact sur le regard que vous posez sur vous-même comme sur les autres et générera ce que j’appelle la double libération. Il s’agira de vous libérer vous-même, en étant responsable et potentiellement coupable, tout en le libérant les autres en les laissant libres de vous juger, de vous rejeter, de vous informer, de vous insulter, etc.

I. Apprendre à se connaître

  • J’ai déjà évoqué ce point à travers plusieurs questions telles que :
  • Qu’est-ce que je fais ? 
  • Pourquoi le fais-je ? Qu’est-ce qui se passe ? 
  • Qu’est-ce qui se passe en moi ? 
  • Pourquoi cette descendance ? 
  • Qu’est-ce que j’ai voulu dire ? 
  • Y a-t-il quelque chose que j’ai voulu cacher ? Si c’est le cas, qu’est-ce que c’est ? 
  • Si j’avais été en concordance avec moi-même, en ayant des actes correspondant à mes valeurs, je sais que je l’aurais bien vécu. 
  • Pourquoi est-ce que je me sens mal quand quelqu’un me dit que ce que j’ai fait n’est pas bien alors que j’étais convaincu que c’était bien ? 
  • Qu’est-ce que je peux apprendre sur moi ? 
  • Est-ce l’avis des autres ou le mien qui doit prévaloir alors que j’étais convaincu du bien-fondé de mon action ? 
  • Pourquoi devrais-je réviser mes valeurs et mes croyances parce que quelqu’un remet en question le bien-fondé de mon action ?
  • Etc. 

II. Grandir et se développer soi-même

À partir de questions que je viens d’évoquer, que l’on pourrait continuer à dérouler dans d’autres dimensions, on peut grandir soi-même. Notamment, avec des questions ressemblant à celles qui suivent :

  • Comment puis-je apprendre à être responsable de mes propres émotions ? 
  • Comment puis-je accepter que l’autre soit responsable de ses propres émotions pour ne pas porter sur moi-même le poids de la colère, de la tristesse, de la déception, de la honte de l’autre ?
  • J’accepte que chacun ait sa conscience personnelle.

On m’a dit que j’étais un minable, un incapable et indigne de confiance et j’accepte qu’il s’agit du regard de la personne qui s’exprime. Cela ne m’impact pas nécessairement, en fin de compte.

III. Choisir de manière plus raisonnable

Grâce à la culpabilité, je peux choisir d’apprendre à faire des choix plus raisonnables en me connectant véritablement à ma personne profonde (croyances, valeurs, pensées), pour que mes émotions et actions soient en adéquation avec cette réalité intérieure. 

J’ai enregistré un rendez-vous qui s’intitule « Faites des choix pour plutôt que contre » pour vous aider à faire des choix qui iront dans le sens de la construction. Notamment, une des raisons qui peut nous pousser à vivre la culpabilité dans la catégorie n°1 est justement de faire des choix contre, dans le but de se protéger. On va dans cette direction pour répondre à l’impulsion de la peur, et par conséquent, prendre des directions dissonantes d’avec ce que l’on sait et que l’on voudrait initialement.

IV. Développer la capacité d’acceptation de l’autre et de soi-même

Accueillez la culpabilité comme une balise à partir de laquelle vous choisirez de vous développer autrement. « Tiens, je me suis senti coupable. Qu’est-ce que je veux faire pour que ce temps de culpabilité soit utilisé comme un carrefour à partir duquel je choisirai d’apporter des modifications dans ma vie ». En conséquence, grâce à ces balises, vous construirez une manière de faire des choix à venir différemment. 

Quelque part, c’est une partie de la suite du rendez-vous de la semaine dernière « Que faire de ses regrets ? ». J’ai évoqué à cette occasion la pertinence d’utiliser : désormais, à partir de maintenant, dorénavant, etc. pour faire des choix différemment.

Cela ne signifie pas que vous devrez changer à chaque fois que vous vous sentirez coupable. En effet, si vous avez fait des choix en complète cohérence avec vos valeurs et vos croyances, pourquoi changer ?

Gardez vos valeurs

Le sujet est davantage de chercher à prendre en considération la manière dont nos choix ont été vécus par les interlocuteurs qui expriment leur souffrance suite à nos décisions. Cela ne signifie pas qu’il s’agisse de changer de valeurs et de croyances, mais d’intégrer l’existence de l’autre dans notre vie. Cela fait partie de développer son acceptation de l’autre comme de soi-même.

Du coup, on pourrait même aller jusqu’à lui permettre d’exprimer ce qu’il ressent : « que veux-tu dire quand tu me qualifies de minable et d’incapable ? ». C’est une manière de lui dire que l’on accepte qu’il soit différent, qu’il nous juge ou qu’il soit en désaccord avec nous. Et ce parce que nous acceptons sa liberté d’expression sans pour autant accepter la culpabilité qu’il souhaiterait nous voir porter.

Vous voyez que je définis un état d’esprit qui conduira nos actions. Je vous demande de ne pas vous faire livrer une batte de baseball ou un martinet clouté à chaque fois vous vous sentez coupables pour vous mutiler mentalement.

Quand on vous dit que vous êtes coupable, posez-vous la question de votre propre perception, de votre analyse. Où en êtes-vous vous-même ? Qu’avez-vous voulu faire ? À quel problème avez-vous cherché à apporter une solution ? Êtes-vous coupable et responsable ou coupable non-responsable ? Si quelqu’un souffre de votre décision, lui présenterez-vous vos excuses ? Pour quelle raison le ferez-vous si vous ne vous sentez pas coupable ?

Tant de questions à déposer sur la table pour que vous vous construisiez raisonnablement, de manière pacifique et apaisée. Tout cela pour grandir vous-même sur le chemin du bonheur que vous êtes en train de fouler. En effet, votre manière d’accueillir la culpabilité vous donnera des outils pour développer votre propre bonheur.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine

Bye-bye 

6 commentaires

  1. Merci Pascal pour l’analyse des différents niveaux de culpabilité. Ta voix est si agréable à entendre !

    1. Author

      Merci Guillaume,
      Je te souhaite un bel usage de ce contenu.

  2. Je ne m’étais jamais posé ces questions dans ces termes. C’est très intéressant et ça permet de relativiser sur son sentiment de culpabilité. Merci pour ton article.

    1. Author

      Je t’en prie Kevin. Bon usage de ce que tu as appris, c’est ce que je te souhaite

  3. J’aime beaucoup ton article car je fais partie des personnes qui culpabilisent trop et tu apportes de très beaux éclairages sur la question.

    1. Author

      Bonjour Nathalie,
      Je te remercie pour ton retour et te souhaite de véritablement utiliser ce que j’ai commencé à évoquer dans ce rendez-vous. La culpabilité te servira alors pour créer ton bonheur.
      Bonne route

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