239# Les bienfaits de la frustration

Entretien avec Zhina Filali, Coach personnel et professionnel 

Depuis bien longtemps déjà, je voulais aborder les bienfaits de la frustration. Or, j’ai choisi de le faire par le biais d’une interview. J’ai fait la connaissance de Zhina qui se présentera à vous mieux que je le fais maintenant avec laquelle on va se poser des questions :

  • Qu’est-ce que la frustration ?
  • Quels sont les avantages de la frustration 

Ainsi, vous pourrez faire votre popote pour mieux appréhender les frustrations présentes et avenir.

Plantons le décor

Pascal : Zhina, je suis ravi de t’accueillir. Bonjour

Zhina : Bonjour, Pascal,

Pascal : tu es installée dans l’Est. Dans quelle région exactement ?

Zhina : je suis installée dans les Vosges.

Pascal : je suis ravi de t’accueillir parce que nous avons échangé sur les réseaux sociaux au sujet de la frustration et j’ai senti que ce sujet te convenait bien. Je me suis donc dit qu’il serait intéressant d’avoir ton retour et ton expérience, même si nos échanges signalaient une frustration autour de la frustration :-). Tu as été encline à avancer sur ce phénomène qui s’avère finalement constructif.

Tu notes que je fais exprès de ne pas employer le mot « positif ». Toi qui écoute Heureux au présent, tu sais sans doute pourquoi j’ai choisi ce terme.

Définir la frustration

Avant d’avancer, quelle définition proposes-tu pour la frustration ?

Zhina : je propose une définition du Larousse, qui écrit « état de quelqu’un qui est frustré, empêché d’atteindre un but ou de réaliser un désir ».

Pascal : en psychologie, quand on aborde la frustration, on parle d’insatisfaction. Cette dernière est effectivement provoquée par le sentiment de ne pas avoir réalisé ou atteint quelque chose.

Avant d’aller plus loin, peut-on comprendre en quoi la frustration peut-elle être désagréable.

Zhina : la frustration agissant comme un blocage, elle est perçue comme désagréable. Elle a tendance à bloquer nos actions comme si on se trouvait face à un mur.

La frustration est-elle synonyme de blocage ? 

Pascal : est-ce vraiment la frustration qui crée le blocage ?

Zhina : non, cave sont plutôt les pensées que l’on développe vis-à-vis de la frustration qui conduisent à cette perception de blocage.

Pascal : à ce stade, on peut déjà faire un point en prenant conscience que ce n’est pas la frustration qui crée le blocage, on pourrait d’ailleurs dire que cette frustration est un élément neutre. Mais ce sont bien les pensées que l’on a par rapport à la frustration qui génèrent ce sentiment de blocage.

Est-ce à dire que si l’on a un regard négatif sur la frustration, on aggravera sa situation ? 

Zhina : oui. Si l’on a un regard négatif, on risque de s’énerver, de s’impatienter. Il sera plus difficile de « contrôler » ce que l’on peut contrôler de la situation, sachant que la situation n’est pas contrôlable en tant que telle. Mieux vaut donc avoir un regard positif et viser des solutions plutôt que de s’énerver sur ce que l’on ne peut pas contrôler.

Les inconvénients de la frustration

Pascal : arrêtons-nous s’arrêtant sur la définition de la frustration, en en dressant un tableau succinct, mais clair des inconvénients de la frustration.

D’ailleurs, parmi les inconvénients de la frustration, on peut trouver l’émotion de colère, le dégoût, la déception. Tout cela peut avoir un impact sur l’image et l’estime de soi. On peut avoir le sentiment d’être en restriction d’épanouissement, comme tu as évoqué tout à l’heure en parlant du blocage.

Ces sous-couches peuvent permettre d’identifier ce qui conduit au sentiment de frustration dans le quotidien. On peut, d’ailleurs, mentionner une forme de mélancolie avec le souvenir de moments qui étaient géniaux dans lesquelles la frustration était absente. On peut voir poindre l’envie de préférer vivre le passé dans un, « c’était mieux avant » parce que l’on arrive plus, au présent, à faire ce que l’on voudrait ou ce que l’on a aimé.

Quelles sont les avantages de la frustration selon toi ? 

Zhina : il y en a plusieurs. 

Prenons l’exemple de la vie des enfants. Quand un enfant s’ennuie, les parents ont tendance à lui proposer de regarder la télévision, entre autres. De ce fait, l’enfant n’apprend pas l’ennui attaché à la frustration. Alors que si on laisse la frustration se construire chez l’enfant, il apprendra lui-même à s’occuper.

Un porte d’apprentissage

La frustration apprend à l’enfant à gérer ses émotions en comblant cet ennui par lui-même. Il est donc important, dès l’enfance, de laisser de la place à l’apprentissage de la frustration.

Pascal : je trouve intéressant que tu débutes par l’enfance parce que c’est effectivement là que se trouvent les racines de l’apprentissage à la frustration. Et bien entendu, j’espère que bien des parents considèrent comme positif de voir des enfants exprimer la frustration. 

D’ailleurs, aujourd’hui, l’ennui fait partie des plats de résistance de la pédagogie. On peut placer l’approche Montessori parmi les fers de lance de cette manière d’éduquer. Elle consiste à suivre l’enfant là où il veut aller. Pour ce faire, on construit la conviction que l’ennui est un espace dans lequel il pourra se créer, finalement. Mais quand on n’a pas vécu ça, c’est loin d’être évident à accueillir.

Zhina : effectivement, c’est ce qui conduit à l’apprentissage de la patience comme à la gestion de ses émotions.

Tutoyer ses émotions 

Pascal : finalement, avec les premières expériences de frustration et d’ennui, l’enfant commencera à tutoyer ses émotions ?

Zhina : c’est ça.

Pascal : alors si mon enfant vient me voir, il me dit « papa, je m’ennuie. Je n’ai rien à faire ». Qu’est-ce que tu proposes ?

Zhina : si l’on sent que l’enfant s’ennuie beaucoup, on peut lui proposer une activité. Mais si on sent qu’il y a des choses à faire et qu’il fait montre d’un petit caprice, on peut le laisser pour qu’il trouve lui-même des solutions.

Pascal : j’entends le mot ‘caprice’ auquel je réagis quasiment systématiquement. Permets-moi de réagir. J’affirme que les caprices n’existent pas chez les enfants. N’ayant pas tous les outils pour verbaliser ce qu’ils ressentent, ils utilisent un canal qui, selon l’adulte, est étiqueté comme un caprice. Mais, semble-t-il, c’est bien souvent une erreur de l’adulte. Au même titre, affirmer que le lion est le roi des animaux est une erreur. Si un lion avait la parole, il s’estimerait être le roi de rien du tout ! Il s’agit donc de notre lecture qui conduit à dire que c’est un caprice.

Ecouter les émotions

Zhina : les enfants eux-mêmes n’ont pas les mêmes capacités que nous à gérer leurs émotions, c’est donc tout à fait normal qu’ils s’expriment par des voies (voix) qui nous semblent être des caprices. C’est donc aux parents d’apprendre à l’enfant à gérer ses émotions. Ça commence dès le début, de savoir accueillir l’ennui et la frustration.

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Pascal : il est une chose que je propose, et que je trouve assez pratique et simple, même si ça demande du temps, et c’est ce qui explique que ça gonfle les parents, c’est de se mettre à l’écoute de l’enfant. « j’entends que tu t’ennuies. Qu’est-ce que tu aimerais faire ? ». Du coup, l’enfant pourra réfléchir face à la question ouverte qui lui est posée. Ainsi, il pourra dire :

  • je n’ai rien à faire 
  • Tu n’as vraiment rien à faire ?
  • Si tu veux, tu peux venir t’asseoir à côté de moi. Ou, tu sais, c’est bon aussi de savoir rester sans rien faire, de s’asseoir, de penser, de réfléchir. Peut-être peux-tu fermer les yeux, te coucher ou faire quelque chose qui est du « rien faire ».

Je crois qu’encourager un enfant à vivre une telle expérience est une forme d’éducation qui va dans le contraire, du sur-activisme dans lequel on voudrait que les enfants s’emballe en quasi-permanence. Ça peut permettre d’ouvrir la porte de la créativité. Qu’en penses-tu ?

Réapprendre à patienter

Zhina : je pense que tu as tout à fait raison, puisque même les adultes ont besoin d’apprendre à se poser. Il se retrouve très souvent sur les réseaux sociaux avec des vidéos courtes comme Snapchat, TikTok et autres. Et au lieu de passer du temps sur ce genre de supports, ils pourraient réapprendre à patienter en gérant leur frustration. Utiliser ce créneau pour apprendre à gérer nos émotions.

Pascal : intéressant ! Apprendre la frustration en attendant le bus sans avoir les yeux rivés sur mon écran, par exemple. Je note !

Clarifier ses besoins et attentes

Quels autres avantages à la frustration vois-tu, en se dirigeant à présent dans l’univers des adultes ?

Zhina : la frustration permet de clarifier ce que l’on veut vraiment. Par exemple, elle permet de se recentrer. Personnellement, j’avais l’impression de manquer de temps dans ma journée, comme c’est le cas de beaucoup de personnes. Du coup, je sentais une certaine frustration en fin de journée en me disant « j’aurais voulu faire ça, mais je n’ai pas pu ». Du coup, ce genre de frustration m’a permis de me recentrer sur ce qui était vraiment important.

Pascal : un autre avantage ? 

Zhina : bien entendu.

Les attentes peuvent être source de frustration. C’est le cas, notamment des attentes amoureuses qui existent beaucoup en couple. Attendre que son conjoint propose une sortie peut être source de frustrations. Or, ce n’est pas forcément au conjoint de proposer une sortie. On peut en prendre l’initiative pour répondre à son propre besoin.

Pascal : effectivement, et c’est également valable dans des relations amicales, fraternelles, parents,-enfants, enfants-parents, etc. J’entends, « c’était évident que… Il aurait dû ». On entend clairement la frustration, attachée à une attente, qui plus est, n’a pas été formulée sous forme de demande. On se trouve donc frustré pour une chose pour laquelle nous n’avons pas fait le nécessaire afin qu’elle aboutisse. Finalement, on est responsable de sa propre frustration comme du fait de ne pas avoir formulé la demande.

Formuler une demande au lieu de nourrir la frustration 

Sur le plan plus large, et pas seulement conjugal, dans tout domaine relationnel, on peut mesurer à quel point nos attentes peuvent être à la source de frustration. Alors que faire quand survient ce genre de frustration ? 

Zhina : en se fondant sur l’exemple de la sortie que l’on voudrait vivre avec le conjoint, c’est à nous de prendre l’initiative parce que l’on a été à l’écoute de son propre besoin. Ainsi, on peut inviter l’autre, s’il est d’accord, bien entendu.

Pascal : c’est exactement ce que l’on appelle « formuler une demande ». On peut ajouter un deuxième point qui est d’en attendre moins de l’autre.

Baisser ses attentes pour limiter la frustration

Zhina : tout à fait. Cela nous permet de sortir de l’attente, puisque c’est cette dernière qui participe à nourrir ou à déclencher la frustration.

Pascal : en effet, si j’attends moins, je propose plus ! Ou bien, attendant moins, je laisse davantage de place à l’acceptation.

Mesurer ses projections sur autrui

Zhina : … et dans l’action également. Justement, un des éléments qui permet de limiter la frustration est de ne pas projeter ses rêves d’avenir sur ses enfants, entre autres. Ainsi, on peut ne pas être frustré si notre enfant a choisi une voix différente de celle qu’on lui aurait choisie.

Pascal : c’est valable pour les enfants comme pour le conjoint. Ça reste également valable pour les potes et pour de nombreuses options relationnelles. On peut parfois être assez direct en disant « pourquoi fréquentes-tu untel ? C’est quoi ce truc ? » Ou « pourquoi as-tu changé de métier ? » Manifestant une déception avec une émotion de frustration parce qu’on trouvait des avantages à la situation antérieure. 

On peut d’ailleurs être sensible à la petite clochette qui fait « drelin » dans notre tête, parfois, et qui pourrait nous pousser à nous interroger ; « pourquoi suis-je déçu ? Est-ce parce que la situation est décevante ou est-ce parce que j’ai le sentiment d’y perdre quelque chose ? ». Si c’est la deuxième option qui retient notre attention, il y a sans doute un sentiment de frustration qui se cache derrière cette déception. La démarche n’est donc pas complètement désintéressée.

Zhina : oui, c’est quelque peu égoïste. Or, mieux vaut accepter l’autre tel qu’il est en écoutant ses envies et ses besoins, à lui. Surtout si c’est la personne qui est concernée et que ça ne nous regarde pas vraiment.

Poser nos limites

C’est bon aussi d’apprendre que la frustration nous permet aussi de poser nos limites. Par exemple, en faisant allusion à l’ami qui nous appelle régulièrement pour demander un service, « est-ce que tu peux m’aider à… ». On peut ressentir une frustration d’avoir un ami dans sa vie qui nous appelle uniquement quand il a besoin d’aide.

Pascal : si on ressent de la frustration, ça sous-entend qu’il y avait une attente sous-jacente. On aurait voulu vivre une autre relation avec cette ami ?

Zhina : oui, on peut avoir le sentiment d’être coincé dans une relation qui ne nous convient pas. D’où l’intérêt de fixer ses limites avec les personnes de notre entourage.

Clarifier ce que l’on veut vraiment

La frustration permet aussi de clarifier ce que l’on veut vraiment. C’est assez proche du besoin de poser des limites. On peut l’utiliser pour clarifier le type de relation que l’on veut entretenir.

Pascal : cela fait écho avec ce que tu avais évoqué tout à l’heure, disant que ça nous conduit à nous recentrer sur ce qui est important.

Zhina : c’est ça. C’est également valable pour la gestion du temps comme dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. 

Ces outils peuvent nous aider à recadrer la relation pour trouver des points d’amélioration au lieu de rester dans une situation qui ne nous convient pas.

Pascal : ça me parle très fort, parce que je pense que, justement, une des grandes forces que l’on peut tirer de la frustration (sachant que ce n’est pas la frustration qui le fait) est qu’on peut choisir d’utiliser la situation de frustration pour créer des axes d’amélioration. Ce qui est un petit peu risqué dans cette dynamique, c’est qu’elle peut nous placer dans une attente, puisqu’il est question d’aspirer à une amélioration. 

Dans mon tempérament exigeant, désireux de la qualité et que les choses soient excellentes (même si j’ai beaucoup travaillé sur moi pour augmenter mon aire d’acceptation), cet axe d’amélioration peut-être géré de manière très saine en disant, « comme j’ai ressenti de la frustration ou que tu en as ressenti toi aussi, que peut-on mettre en place pour que la frustration (non, pas disparaissent, et c’est en ça que je veux trouver quelque chose d’équilibré ou de sain), mais que la satisfaction augmente ?

Une grande place à la cohabitation 

Cette approche intègre la possibilité qu’il y ait une frustration qui demeure et qui trouve son bien-fondé, tout en permettant à la sélection d’augmenter. Ainsi, on va accepter que cohabitent une grande satisfaction, ou une satisfaction grandissante, avec une frustration présente, latente, mais qui s’avère minoritaire ou minime. En-tout-cas, entendre que la frustration reste présente. 

J’utilise la frustration comme un moyen d’améliorer la situation. Il n’est donc plus question de chercher à donner un niveau zéro à la frustration, en l’annulant, mais d’amener une amélioration de l’expérience relationnelle tout en acceptant que la frustration reste présente. En ce sens, il y a une cohabitation entre frustration et satisfaction. Ces deux dimensions ne sont pas incompatibles, finalement. Comment entends-tu cette dimension ?

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Zhina : en effet, elles ne sont pas du tout incompatibles. Dans le cas d’une relation, c’est à chaque personne de travailler sur ces points d’amélioration pour trouver une aire de rencontre possible.

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D’ailleurs, aucune relation n’est parfaite. Il y aura forcément des points sur lesquels on peut travailler pour se rejoindre.

Pascal : c’est ça, est-ce que ce n’est pas justement là une sorte d’engrais naturel au désir, finalement ?

Zhina : si. Et ça permet justement de construire relation et de l’améliorer progressivement. Si la relation était déjà parfait, il n’y aurait pas de points d’amélioration envisageable.

Pascal : donc, l’inspiration d’amélioration, qui pourrait être résumée dans le mot ‘désir’, participe à produire des relations encore plus satisfaisantes.

Zhina : c’est ça. 

Rétablir des priorités

Prenons l’exemple d’une personne qui veut obtenir son diplôme et qui n’arrive pas à conduire son travail comme il le souhaite à cause de nombreuses contraintes personnelles. Justement, ces dernières le «forcent» à persévérer et à chercher à se dépasser en trouvant des solutions pour améliorer son apprentissage. La frustration relative à sa situation peut lui permettre de nourrir la persévérance pour atteindre ce qu’il veut vraiment. On peut donc transformer la frustration en  une force pour dépasser, aller au-delà de l’empêchement ou de la limitation.

Pascal : en entendant ce que tu dis, je pense à une image. La frustration, si on la saisit et qu’on en prend conscience, peut être utilisée pour faire le tri et rétablir des priorités. Tu as évoqué tout à l’heure d’ailleurs.

Zhina : effectivement, je l’avais évoqué. Au lieu de voir son temps, étaler sur une seule journée, on peut le considérer sur l’ensemble d’une semaine pour donner la priorité à ce qui paraît vraiment important afin de limiter les frustrations à venir. Ça permet de se  recentrer sur ce qui compte vraiment.

Se poser les ‘bonnes’ questions 

Pascal : What else (quoi d’autres ;-), comme dirait George Clooney ?

La frustration permet de prendre la distance de se poser les bonnes questions. Je prendrai un exemple classique, pour l’illustrer ; Les parisiens et les embouteillages. 

Pascal : où veux-tu en venir, dis-moi ?

Zhina : souvent, quand on se trouve dans un embouteillage à Paris, ça klaxonne beaucoup, en comparaison avec ce que je vis chez moi. Est-il vraiment nécessaire de se manifester par le klaxon quand on vit la frustration dans un embouteillage ? En prendre conscience permet de se demander si ça en vaut la peine. C’est donc l’occasion de prendre du recul sur la situation pour faire des choix plus réfléchis et se demander si cette situation mérite une telle réaction.

Pascal : d’accord, c’était une dédicace toute spéciale de Zhina pour les parisiens. Si vous êtes au volant, profitez-en pour klaxonner un peu moins ou plus du tout. D’ailleurs, vous pouvez klaxonner, fictivement. Et pour incrémenter un changement, vous pouvez garder le geste en considérant que c’est déjà une progression de 5 %. Je fais ici allusion à la méthode Mikitani évoquée dans un Podcasts assez récent.

Baisser la pression sociale

Zhina : je voudrais terminer avec un dernier avantage. Nous avons parlé des attentes que l’on a vis-à-vis des autres. Mais nous avons à considérer les attentes ce que les autres ont vis-à-vis de nous. Je pensais notamment à la société dans laquelle on perçoit des formes d’injonction sociale, « soit une bonne mère, soit un bon citoyen, soit productif, travaille bien, mange bien, dors correctement, etc. ». Ce genre de choses qui nous mettre la pression et nous étouffent, parfois.

Pascal : quel lien fais-tu avec la frustration ?

Zhina : j’y vois des opportunités pour apprendre à nous affirmer, à dire stop. C’est l’occasion d’être authentique et à faire comme on le souhaite au lieu d’aller dans la direction de ce que la société ou les autres voudraient que l’on fasse même si la société se trouve frustré par nos choix.

Pascal : je te remercie. Nous avons fait le tour de tous les points que tu avais choisi d’évoquer autour de la frustration. Je trouve que ça peut être aidant et très éclairant. 

Je te remercie, Zhina, parce que tu as cherché à mettre des exemples chaque élément que tu as soulevé autour des expériences de la frustration. Et comme les membres de la communauté Heureux au présent le savent, j’aime Quilier des exercices dans les podcasts. Par conséquent, je vais vous en proposer un.

L’exercice au choix

J’aimerais que vous alliez identifier les trois domaines dans lesquels vous estimez avoir le plus besoin de progresser en matière de frustration. À partir de là, vous avez deux options.

Option n°1 : La première consisterait à identifier le premier de ces trois domaines pour y travailler, quitte à être accompagné pour ce faire. 

Option n°2 : La deuxième est de prendre le pouls des trois domaines dans lesquels vous avez plus de facilité à vivre la frustration. Ainsi, vous pourrez commencer à bonifier un point dans lequel vous avez déjà des succès afin d’en engranger davantage. Si vous avez tendance à vous dire, « je suis minable, je n’y arriverai jamais, et je ne suis pas à la hauteur », ce sera un moyen de prendre conscience de votre aptitude à produire du résultat.

Je vous laisse la liberté de choisir la première ou la deuxième option ou de travailler sur les deux simultanément pour vous faire du bien.

Conclusion-résumé

Et surtout, je terminerai sur l’importance d’accepter ce que vous vivez.

Zhina, je te remercie pour ce que tu as partagé avec nous, parce qu’il est possible de sortir gagnant de l’expérience de frustration, comme tu l’as évoqué depuis le début.

Je résume juste que tu as dit :

  • La frustration peut-être mal vécue depuis l’enfance parce qu’on n’a pas expérimenté l’ennui ou pas appris à l’utiliser.
  • C’est aidant aussi de mesurer ce que l’on veut vraiment, et que cette prise de conscience peut être aidée par la frustration.
  • La frustration permet de prendre conscience de ses attentes et de percevoir que ces dernières sont des sources de frustration.
  • Ça permet également de prendre ses propres responsabilités. En apprenant à formuler des demandes, on est moins dans l’attente, en entrant davantage dans l’action au lieu de se donner l’impression de subir la situation.
  • Ne pas projeter d’aspirations, de rêves ou de fantasmes sur les autres. C’est un des moyens idéal de semer ou de nourrir la frustration.
  • Cela permet également de poser des limites comme de nourrir le désir et de favoriser des actes de progression.
  • En utilisant la frustration, on peut faire en sorte que si quelqu’un veut une chose, en travaillant avec persévérance pour l’atteindre, même quand il est en difficulté en ressentant de la frustration, il peut se sentir pousser des ailes afin de réduire cette dernière.
  • La frustration peut être une opportunité pour prendre de la distance.

Ai-je été un bon élève ?

Zhina : oui (rires)

Pascal : ah ah ! J’ai une bonne note, alors. Je n’ai donc aucune frustration !

Un grand merci

Je te remercie beaucoup et voudrais préciser que tu travailles comme coach. Est-ce que tu veux bien me donner un peu plus d’éléments sur ton activité ?

Zhina : alors, je suis coach personnel et professionnel, actuellement en formation en psychologie positive. Cela me permettra de coacher dans ce domaine bien spécifique.

Pascal : je me réjouis pour les personnes qui viendront te parler de leurs frustrations parce que je vois que tu auras des outils pour les aider à utiliser la frustration pour grandir, avancer et créer leur bonheur.

Si l’on veut te trouver, prendre contact avec toi, comment ça marche ?

Zhina : on peut me contacter via Facebook, principalement et sur Instagram.

Pascal : si vous voulez prendre contact, allez sur Zhina Filali sur Facebook de préférence. Je te remercie pour ce temps et ton application qui a permis de nourrir cette entretien. Et je te dis au plaisir !

Zhina : Merci.

Pascal : Bye-bye

4 commentaires

  1. Super article interview. Quel sujet la frustration ! Je suis ravie de lire et de me rappeler que tout démarre de l’enfance, de l’ennui, de l’accompagnement, du questionnement parent – enfant.

    1. Author

      Et oui, tant de choses démarrent dans l’enfance.

  2. Très bel article et super intéressant ! En effet, l’attente au lieu de l’action est mortelle et en plus elle développe une sorte de dépendance……..non merci ! C’est vraiment bien expliqué, bravo encore, le fait de transformer l’énergie de la frustration en créativité. Si je ne peux pas faire ceci, alors je trouve une autre voie d’expression…Et c’est vrai que dans l’enfance, c’est ce que nous faisions, la génération X. 🙂

    1. A bien y regarder, l’attente est tout de même un manière d’être dans l’action. Seulement, nous nous donnons l’impression que ce n’est pas le cas. C’est une subtilité que nous n’avons pas abordée dans l’entretien.
      Merci pour ton retour, Tania.

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