Négociable et non négociable

négociable et non négociable

En abordant négociable et non négociable, je veux vous donner des outils pour apprendre à mieux vous connaître et mieux vous affirmer.

Pourquoi s’arrêter sur le négociable est un non négociable ? Sur quelle base le faire et quand utiliser cet outil du négociable et le non négociable ? 

La semaine dernière, en travaillant sur les étapes en vue de renouer le dialogue, je vous ai parlé (1) d’un cadre nouveau à créer à présenter à la personne avec laquelle vous vouliez renouer le dialogue. Je vous ai invité à (2) travailler pour ne pas accepter de compromis avec cette personne. Ensuite, (3) de rester à l’écoute de la personne. Et j’avais conscience que cela susciterait les questions suivantes : 

  • Si je ne fais pas de compromis, pourquoi rester à l’écoute de la personne ? 
  • Pourquoi chercher à comprendre ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent face à ce que je lui ai présenté ? 
  • Est-ce que être à l’écoute est compatible avec le non négociable ? 

Nous répondrons à ces questions aujourd’hui en plus d’avoir un regard un peu plus large sur le négociable et le non négociable.

Définissons-nous

Le négociable :

Sans entrer dans une définition complexe, ce qui est négociable c’est ce que je mets en œuvre dans ma vie pour lequel les personnes peuvent interagir. Elles peuvent ainsi avoir une influence sur mon comportement, sur ma position, sur ma manière de faire et de voir les choses. 

Le non négociable :

Le non négociable, quant à lui, appartient à un ou deux domaines de ma vie dans lesquelles je refuse catégoriquement que quelqu’un interfère. Je ne veux aucune influence, personne qui s’immisce ayant pour but de m’amener à modifier un comportement ou une manière de penser.

Les deux univers sont définis. 

L’intérêt de faire émerger la prise de conscience du négociable et demain négociable 

Maintenant se pose la question du pourquoi ? Pourquoi faire ce travail sur le négociable et le non négociable ? Pourquoi chercher à être conscient de ce que nous voulons vivre dans ces deux univers ? 

Tout d’abord, se pencher sur ce sujet est intéressant parce que l’on se découvre (à) soi-même et on se découvre aux autres dans notre manière de vivre au quotidien, qu’on le veuille ou non.  On n’est pas forcément conscient de cela. 

En fait, au quotidien, nous donnons aux autres l’occasion d’apprendre à nous lire, à nous découvrir. Ils peuvent voir en nous des aspects, des valeurs, des dimensions et des directions, des refus, des ouvertures et des fermetures, de la fermeté et de la tendresse, de l’attention et du relâchement… 

Les personnes qui nous entourent lisent ces réalités en nous voyant vivre. Par conséquent, si on le vit de manière complètement inconsciente, on donnera malgré tout matière à lire aux gens qui nous entourent. Il est utopique d’imaginer que les personnes qui vivent en relation avec nous ne nous lisent pas. À chaque fois nous sommes en relation avec eux, nous leur donnons à lire. Qu’il s’agisse d’envoyer un SMS, de passer une soirée avec eux, de regarder un match ou de boire un verre.

Sous les couvertures 

Notre vie nous révèle aux autres. Nous nous découvrons donc. En ce sens, c’est comme si nous enlevions ce qui nous couvre comme nous le ferions avec des couvertures. Or, c «dénudement », ce dépouillement, cette capacité à enlever des couvertures se en laissant lire, participe à favoriser un tri relationnel. 

Il peut vous arriver de vous demander pourquoi vous avez des sollicitations de telle personne qui veut être ami ou proche de vous. C’est parce qu’elle a appris à vous lire en vous regardant être, vivre, parler ,vous emporter, être tendre, écouter, rendre service ou pas, prendre et recevoir, donner… 

On dit « qui se ressemble s’assemble » même si ça ne tient pas systématiquement la route. Parfois, il peut nous arriver de donner à lire aux autres que l’on est un libre-service pour qui veut se servir de nous quand bon lui semble. Alors qu’au fond, ce n’est pas ce que l’on voudrait. 

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Se poser des questions sur notre direction de vie quotidienne est essentiel 

D’où l’intérêt de se poser des questions : 

  • est-ce bien ce que je veux vivre ? 
  • Est-ce que certains éléments que je partage sont à recevoir ou à prendre ? 

Cette simple nuance peut participer à nourrir une forme de gratitude et de satisfaction quotidienne ou un sentiment d’injustice. 

Sans nul doute, quand quelqu’un vient se servir dans vos affaires, ce n’est pas la même chose que quand vous lui tendez une chose qu’il accepte. Dans les deux cas, il y a enrichissement possible. Toutefois, dans la dynamique, les choses changent autant pour vous que pour votre interlocuteur.

Apprendre à être conscient de ce que vous découvrez de vous-même et de ce que vous découvrez aux autres est essentiel pour un développement personnel dans lequel on mesure le négociable et le non négociable. 

Doit-on calculer son attitude ?

Loin de moi l’idée de chercher à adopter une posture millimétrée comme le ferait un acteur. Absolument pas ! L’idée est d’abord de prendre conscience de ce qu’il en est. En même temps, de le faire avec la fragilité attachée au fait que l’on ne peut pas être complètement conscient de ce que l’on envoie, de ce que l’on émet et de nous-mêmes

On peut ne pas être conscient de qui l’on est vraiment. Le sera-t-on un jour ? En faisant ce travail de recherche, on peut se rapprocher de cette réalité identitaire et favoriser une relation est un tissu social qui sera davantage en accord avec nos propres valeurs.

La base fondamentale ou le fondement

Sur quelle base allons-nous travailler pour déterminer le négociable et le non négociable ?

Ce travail se fera en se fondant sur nos valeurs. Et pour le faire, je vous propose de prendre votre cahier de vie. Ce peut-être l’opportunité de travailler par écrit pour vous souvenir de ce que votre travail personnel. Si vous le faites le nez en l’air en écoutant juste ma voix, vous n’avancerez pas de la même manière qu’en optant pour un travail écrit. 

Si vous n’avez pas de cahier de vie, je vous encourage à l’écouter le rendez-vous « rendez-vous avec vous-même » dans lesquelles j’explique toutes les raisons pour lesquelles il importe que vous ayez un cahier de vie.

J’en profite juste pour vous dire que j’ai entendu, sur France Inter, une émission excellente qui s’intitule « Pourquoi l’écriture intime fait-elle du bien ». Je vous mets le lien ici pour que vous puissiez l’écouter. Vous verrez qu’elle est étayée avec des éléments scientifiques et des personnes compétentes qui valorisent ce que j’ai partagé avec vous dans le rendez-vous « rendez-vous avec vous-même ».

«Les invités sont : 

  • Nayla Chidiac, docteur en psychopathologie clinique à la « PHD clinical psychology ». Spécialiste du trauma et de l’écriture thérapeutique. Auteur de « Les bienfaits de l’écriture, les bienfaits des mots – Un atelier d’écriture » (Odile Jacob, février 2022).
  • Flavia Mazelin Salvi, journaliste à Psychologies Magazine, spécialisée en psychologie et développement personnel analytique. Auteure de « Ma vie en mots », illustré par Eloïse Héritie (Courrier Du Livre, février 2022).
  • Christilla Pellé-Douel, journaliste chez Psychologies Magazine. Auteure de « Ces livres qui nous font du bien », Marabout, 2017.» (Source : France Inter)

Comment identifier ses propres valeurs ?

À partir de quoi peut-on identifier ses valeurs ?

Je vous propose de répondre à une question qui peut vous aider à vous rapprocher de vos valeurs afin de déterminer ce qui est, pour vous, négociable ou non négociable. La question est : « A quelle occasion ai-je… ». Cela peut donner par exemple :

À quelle occasion ai-je…

  • été blessé ?
  • me suis-je senti trahi… ?
  • eu l’impression d’être trompé… ?
  • été abusé… ?
  • ressenti de la violence verbale ou physique… ?

En écrivant l’explication de ces occasions-là, vous pourrez identifier des réalités relatives à vos valeurs. En effet, si vous avez eu le sentiment d’avoir été trahi quand quelqu’un vous a dit qu’il ne ferait pas une chose qu’il a faite quand même, vous pouvez commencer à déterminer une valeur.

Avec la même question, vous pouvez également évoquer des réalités agréables pour vous. À quelle occasion ai-je…

  • ressenti que j’étais valorisé… ?
  • été à ma place… ?
  • eu le sentiment d’être utile… ?
  • eu l’impression d’être intelligent… ?
  • me suis-je senti serviable… ?
  • eu le sentiment d’être talentueux… ?

Cela signifie que, dans ces deux compartiments (les situations désagréables et agréables), vous pourrez vous attacher à des actions et à des paroles pour déterminer vos valeurs. 

Pour peaufiner le travail  

Une fois que vous avez avancé de manière concrète sur vos valeurs, vous pouvez faire un recoupement d’univers. 

Par exemple, remarquez qu’à une occasion particulière quelqu’un a dit ou fait une chose à partir de laquelle vous vous êtes senti valorisé. Notez ensuite, qu’à une autre occasion, vous avez remarqué qu’une personne a dit ou fait autre chose à partir de laquelle vous avez eu le sentiment d’être valorisé vous pouvez commencer à identifier ce qui correspond pour vous à : se sentir valorisé. 

Vous avez donc un attachement fort à des actions et des paroles spécifiques que vous trouvez valorisantes. Il y a donc de grandes chances qu’une de vos valeurs consiste à valoriser des personnes.

Vous pourrez découvrir de vous-même que vous aimez souligner ce que font les gens, ce qu’ils disent et ne disent pas qui les fait apparaître brillants à vos yeux. Par conséquent, vous aurez une tendance à être sensible à ce que les gens feront ou diront à votre égard et à l’attacher à la valeur qu’est la valorisation. 

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Cela signifie qu’il y a de grandes chances que, qu’une absence de soulignement des qualités, des aptitudes des savoir-faire et savoir-être, vous conduise à ressentir une forme d’humiliation, de frustration, de malaise. 

Le négociable et le non négociable quotidien 

Maintenant, quand pourrons-nous utiliser cette réalité du négociable et non négociable ? Finalement, ce sera très fréquent et, à vrai dire, tous les jours. A chaque fois vous serez vous, chose assez récente, si tout se passe bien 😉

Quand vous serez en soirée, au travail, en train de jouer avec des potes de vous balader, vous serez systématiquement confronté à vos valeurs. Du coup, vous le serez avec votre non négociable et votre négociable. Cela aura une incidence sur ce qui vous fait rire et ce qui vous indigne. Il en sera de même sur ce qui vous plaît comme sur la direction que vous emprunterez.

Exercice appliqué 

Permettez-moi une image pour illustrer mon propos :

Quand vous faites la route avec quelqu’un et que ce n’est pas vous qui prenez le volant, vous vous êtes mis d’accord sur la destination de votre itinéraire. Si, à un moment, vous vous rendez compte que le conducteur prend une direction différente de celle à laquelle vous attendiez, vous régirez immédiatement ! « Je vois que tu as tourné à gauche, pourquoi ? Pourquoi passes-tu par-là ? Qu’est-ce que tu fais ? » Ainsi, vous remettrez en question l’attitude du conducteur, non pas en termes de bien ou de mal, mais en relation avec la direction que vous aviez prédéfinie ensemble. Par conséquent, à chaque fois vous vous rendrez compte que quelque chose va dans une direction différente de celle que vous aviez initialement prévue, intervenez immédiatement pour chercher à comprendre ou, si besoin, à vous opposer à la nouvelle direction prise. J’ai bien dit, à chaque fois ! 

Bienvenue dans le négociable

Vous entrez dans le négociable à partir du moment où votre intervention, qui suscitera une réaction, vous permettra de vous ouvrir à un changement de paramètre. De plus, vous acceptez de vous remettre en question. Vous questionnerez vos perceptions, vos aspirations, votre grille d’évaluation. Cela signifie que vous serez dans une démarche de négociation ouverte. 

Bienvenue (aussi) dans le non négociable

Par contre, quand vous vous rendez compte que l’attitude ou la réponse de la personne vous touche de manière désagréable, vous saurez être en prise avec le non négociable. Il devient donc inacceptable de négocier. C’est alors que s’active le refus du compromis. Ne faites jamais de compromis avec le non négociable

À partir de vos valeurs, vous avez déterminé qu’une attitude donnée est inacceptable, ne faites pas de compromis.Vous avez accepté qu’une attitude déterminée et magnifique, louable et à encourager, quelle que soit l’hostilité que vous rencontrerez, choisissez de garder cette posture non négociable qui consiste à valoriser et à encourager cette attitude.

Être au clair avec soi-même 

Soyez bien au clair pour vous-même parce que, du coup, en apprenant à vous connaître, vous accepterez de vous poser davantage. 

C’est comme si, en marchant dans la rue, vous posez davantage les talons sur le sol pour enrouler votre pas jusqu’à la pointe des pieds, contrairement aux personnes qui me marchent que sur la pointe des pieds, comme si elles ne savaient pas situer le négociable et le non négociable. Sortez de cette hésitation « ah non !, Ah oui… , ah !, Mais ça dépend. En fait…». Stop ! 

Installez-vous dans une assise, dans une posture construite avec les pieds enracinés dans ce que vous savez parce que cela correspond à votre réalité, à vous-même, à votre expérience, à votre identité et, parfois peut-être, dans votre projection identitaire. 

Vivre la projection

Quand je parle de projection, je veux dire que vous n’êtes pas encore comme vous le voulez, c’est nouveau pour vous. Pourtant, ayant choisi que cet aspect serait non négociable, vous entrez dans cette nouvelle manière d’être. 

Par exemple, quand vous voyez des collègues qui se moquer de quelqu’un et que vous avez choisi de ne plus en rire et de refuser cette attitude, vous déciderez que l’on ne se moque de quelqu’un en votre présence. Par conséquent, vous vous engagerez soit à prendre la parole systématiquement, soit à quitter les lieux dans lesquels des personnes se moquent. C’est du non négociable. Ainsi, vous vous révélerez à vous-même. Votre attitude changera donc à partir de votre valeur connectée au non négociable.

Finalement, soyez au clair sur vous, sur qui vous êtes. Soyez au clair sur le discours que vous tenez sur vous-même comme sur celui que vous donnez à lire. Devenez conscient de votre manière de vous découvrir et de vous découvrir aux autres. Soyez au clair sur vos valeurs et, finalement, soyez heureux !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine

Bye-bye 

2 commentaires

  1. Merci pour cet article dense, qui donne à réfléchir.

    J’ai l’impression d’avoir trouvé là une nuance, une troisième voie entre tout accepter et se placer en confrontation.

    Je le lirai plusieurs fois, parce qu’il est vraiment riche.

    1. Author

      Je me réjouis que cet article (ou podcast si tu l’as écouté) t’ait permis d’entrevoir une nouvelle voie. Fonce et expérimente-là puisque l’expérience est un moyen de progresser (incluant les erreurs, bien entendu)

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