J’ai envie de mourir

envie de mourir

Comprendre le désir de sa propre fin

Si vous faites partie de ces personnes qui pourraient dire «j’ai envie de mourir», j’aimerais que vous trouviez une oreille attentive, capable d’entendre votre désir de hâter la fin. Et je sais combien il est difficile de trouver ce genre d’oreilles puisque, bon nombre d’entre vous, qui avez envie de mourir, avez le sentiment d’avoir à vous installer dans l’incompréhension même si vous ne passez pas à l’actes. À vrai dire, beaucoup d’entre nous se réjouissent que ce ne soit pas le cas.

Question fondamentale

Je voudrais aborder ce sujet avec différents points en commençant par une préoccupation. Si vous avez envie de mourir, que vous vous sentez concernés ou que vous connaissez quelqu’un qui, autour de vous, a envie de mourir, vous puissiez vous poser la première question qui est : que voulez-vous dire quand vous dites que vous avez envie de mourir ?

Vous êtes conscients qu’il peut y avoir une différence entre ce qu’on dit et ce qu’on veut dire. Or, dans le cas présent, ce n’est peut-être pas une envie de mourir qui vous anime. Il n’empêche que ça se matérialise, ça se verbalise, ça s’imagine et se visualise sous forme d’envie de mourir. 

Que voulez-vous vraiment dire ?

La première étape se situe ici, dans ce que voulez-vous dire ? Qu’est-ce qui se situe sous l’eau, sous la surface, dans la partie immergée de l’iceberg et qui fait que, en surface, vous avez cet élan où cette inspiration à vouloir disparaître, à ne plus être ? Qu’est-ce qui est dans votre être présent voudriez voir disparaître ? Est-ce vraiment votre être que voudriez voir disparaître ou quelque chose qui s’y trouve ? Peut-être est-ce…

  • Une maladie ? 
  • Une grande difficulté pour laquelle vous passez et qui, peut-être, dure (dans le sens du temps qui passe comme dans la perception de la difficulté) depuis trop longtemps ?
  • Une relation avec une personne de votre entourage qui vous pèse ?
  • Un emploi ou un employeur avec lequel la vie est devenue impossible à vos yeux ?
  • Est-ce une situation qui pourrait être de nature financière et qui ferait que vous pourriez être en véritable galère pour assumer vos dettes ?
  • L’impression d’un plafond sous lequel vous vous sentez limité(e), diminué(e), empêché(e), même, de devenir quelqu’un d’autres vivant une vie qui vous correspondrait vraiment mieux que celle que vous vivez ?
  • Etc.

Démêler la chèvre et le chou

Quelle que soit la/les raison(s), vous pouvez peut-être commencer à faire la différence entre l’envie de ne plus être et l’envie que le problème ne soit plus

Pour ce faire, nous pouvons avancer sous forme de questions : Si on supprimait le problème que vous voyez dans votre vie, auriez-vous encore envie de ne plus être ?

Mener l’enquête

Ensuite je voudrais avancer vers une autre étape qui consiste à chercher à identifier le déclencheur. Ce déclencheur pourrait peut-être être recherché, qu’il soit dans un passé proche ou  plus ou moins lointain, chercher à l’identifier en l’interrogeant. Ainsi, vous pourriez commencer à vous demander à partir de quand vous avez eu envie de ne plus être, de disparaître, de mourir ? 

Peut-être que vous pourriez vous dire « oui, je me souviens, c’est à partir de ce moment-là. C’est quand il s’est passé ça, quand elle est partie ou bien quand quelqu’un m’a dit ceci ou cela. Ou encore, c’est quand je suis resté(e) seul et que personne ne prenait soin de moi. Je me souviens que c’est quand j’ai pris conscience que… ». À vous, maintenant. 

Ainsi, entrez dans la pratique de l’exercice que je vous propose maintenant en fermant les yeux. Mettez-vous face à votre élément déclencheur. Vous savez à peu près où il se situe et pouvez lui poser des questions en lui demandant : 

Dialogue intérieur :

« Pourquoi, depuis que je t’ai rencontré, toi, l’élément déclencheur, ( je vous invite à personnaliser le déclencheur identifié en entrant dans un entretien avec lui) j’ai envie de mourir ? Avant toi, j’avais envie de vivre. Avant toi, je trouvais des occasions et des opportunités de sourire, j’avais envie de me projeter, de regarder plus loin que demain, même si j’avais des difficultés, comme tout le monde. Pourquoi, depuis toi, quelque chose a changé en moi ?

Est-ce qu’en toi, mon événement, résonne quelque chose qui est en relation avec des éléments de mon histoire, de mon passé ? Caches-tu des réalités de personnes que je connais, des scénarios qui terminent avec une envie de ne plus être, une envie de mourir ? Est-ce ça qui pourrait expliquer que je me retrouve naturellement dans ce sillon ? Dis-moi, l’événement, qu’est-ce qui fait que j’ai envie de mourir ?»

Pendant cette interview avec votre événement, vous pouvez vraiment prendre le temps d’écrire les réponses qui vous viennent, car certaines vous viendront. En regardant l’événement, vous pourrez écrire des réponses qu’il (l’événement personnalisé) vous donnera ou qui vous viendront à l’esprit. 

Peut-être que suite au départ de quelqu’un, parti ou décédé, vous pourrez exprimer que depuis cet événement votre vie vous paraît trop différente. Que ressentez-vous, que vous viviez avec cette personne que vous ne vivez plus maintenant et qui vous donne l’impression que votre vie est descendue de près de dix étages, impression qui vous fait horreur ? 

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Prenez le temps d’écrire sur votre cahier de vie (si vous n’avez pas prendre une feuille à papier libre et aller écouter le rendez-vous qui s’intitule « rendez-vous avec vous-même » dans lequel j’explique la raison pour laquelle je vous encourage à avoir un cahier de vie et comment utiliser dans le détail) pour matérialiser votre réalité vécue.

Il est entendu que vous écrivez à vous-même, à personne d’autre que vous. Vous vous livrez sur ces pages. Le gros avantage de le faire par écrit est que vous ralentissez votre pensée pour lui donner de la forme et que vous pourrez relire ce que vous avez écrit pour aller à votre propre rencontre.

une envie de mourir

La solution

Comprenez que l’envie de mourir correspond à une recherche de solution et que généralement, l’envie de mourir est essentiellement attachée à l’envie que certaines choses présentes dans notre vie meurent, plus que nous-mêmes voulons mourir ! Puisqu’au fond de nous, en tant qu’êtres humains, se trouve inscrit un instinct de survie, nous avons un naturel à lutter pour favoriser la vie, le développement et la progression.

Par conséquent, il y a de plus grandes chances (permettez-moi cette expression malheureuse) que votre envie ne soit pas de disparaître en tant que personne, mais que cette solution soit envisagée parce qu’elle vous paraît idéale pour faire disparaître ce qui vous paraît insupportable, trop douloureux. 

Par ce biais, vous réalisez que vous avez peur de vivre. Face à l’émotion de peur, l’humain a trois réactions possibles : 

  1. La première consiste à affronter, une manière de rentrer dedans.
  2. La deuxième possibilité est de fuir.
  3. La troisième possibilité consiste à se figer, à rester là sans rien faire.  

La première attitude, face à la peur, est en relation avec la conviction d’avoir le pouvoir et la capacité de faire quelque chose en rentrant dans la situation menaçante qui a fait que nous avons généré l’émotion de peur en nous. 

La deuxième situation, qui est celle de la fuite, est une situation dans laquelle on a l’impression d’avoir une capacité de savoir-faire puisqu’on peut partir en courant après avoir rassemblé ses ressources pour fuir. On peut ainsi monter sur un arbre, crier, courir, etc. 

La troisième situation est celle dans laquelle on a l’impression de ne pas savoir faire. On se sent dans l’incompétence, dans l’impuissance alors on se fige, on croise les doigts en espérant que les choses iront mieux d’elles-mêmes puisqu’on se sent dans la puissance. C’est ce qui peut correspondre une envie de mourir. L’impression de ne pas avoir la possibilité de sortir d’une situation et d’espérer que la mort nous tombera dessus comme viendrait la délivrance.

La peur

De quoi avez-vous peur et qui fait que vous pouvez avoir envie de mourir ? Vous savez qu’il est possible d’apprivoiser ses émotions et c’est valable qu’il s’agisse de l’émotion de joie, de colère, de peur, de tristesse ou de honte. On peut apprendre, choisir d’apprendre qu’en situation de joie, dans tel et tel contexte, on vivra la joie de telle et telle manière. On peut choisir que, face à une situation de honte, on vive l’émotion de honte de telles autres manières. Et c’est pareil pour la peur. C’est une façon d’apprivoiser ses émotions.

Apprivoiser sa peur

Permettez que je vous propose un extrait du Petit Prince de Saint-Exupéry, puisque ce récit me bien en évoquant l’apprivoisement. Je pense particulièrement à la rencontre du Petit Prince avec le renard. Je la trouve vraiment enrichissante.

Saint-Exupéry écrit ceci :

  • « Bonjour, dit le renard. 
  • Bonjour, répondit le Petit Prince qui se retourna, mais ne vit rien. 
  • Je suis là, dit la voix sous le pommier. 
  • Mais qui es-tu ? dit le Petit Prince, tu es bien joli 
  • Je suis un renard, dit le regard
  • Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince, je suis tellement triste
  • Je ne peux pas jouer avec toi, dit le renard, je ne suis pas apprivoisé
  • Ah ! Pardon, dit le Petit Prince. Mais après réflexion, il ajouta, qu’est-ce que signifie “apprivoiser”? 
  • Tu n’es pas d’ici, dit le renard. Que cherches-tu ?
  • Je cherche les hommes, dit le Petit Prince. Que signifie apprivoiser ?
  • Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils, ils chassent. Ils élèvent aussi des poules, c’est leurs intérêts. Tu cherches des poules ?
  • Non, ni le Petit Prince. Je cherche des amis.
  • Qu’est-ce que signifie apprivoiser ? 
  • C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “créer des liens…”. 
  • Créer des liens ? 
  • Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… 
  • Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…
  • C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses… 
  • Oh ! Ce n’est pas sur la terre, dis le Petit Prince.

Le renard paru très intrigué.

  • Est-ce sur une autre planète ?
  • Oui 
  • Il y a des chaussures sur cette planète-là ?
  • Non
  • Ça, c’est intéressant. Et des poules ?
  • Non
  • Rien n’est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée

  • Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé… 

Le renard se tut et regarda longuement le petit prince: 

  • S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.» 
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Apprivoiser ses émotions

Certains d’entre vous ont deviné la raison pour laquelle j’ai pensé à ce texte. Je prendrai malgré tout le temps d’en expliquer la raison.

Vous pouvez apprivoiser vos émotions, donc, vous pouvez apprivoiser votre peur, votre envie de mourir.

Comme nous l’avons fait dans l’interview tout à l’heure, vous pouvez vous retrouver face à elle et discuter avec elle. Chercher à l’apprivoiser parce que, si vous le faites, elle vous aidera à découvrir des pans de votre personne, de votre démarche, de votre identité, de vos projets de vie, de vos peurs, de vos aspirations et désirs qui vous permettront de mieux apprendre à vous connaître.

Ainsi, vous pourrez travailler sur votre création de bonheur et sans doute, voir mourir votre envie de mourir. Pourriez-vous entendre votre envie de mourir vous dire « s’il te plaît, apprivoise-moi ! ». Que ce soit valable pour cette envie de mourir comme pour toute autre émotion. Si vous percevez une émotion de colère, que vous puissiez l’entendre vous dire « s’il te plaît, apprivoise-moi ! Apprends à me connaître, prends le temps de t’asseoir côte à côte avec moi ».

Dans la suite de l’histoire du Petit Prince, le renard invite le Petit Prince à s’asseoir et, jour après jour à se rapprocher de lui, sans rien dire, juste en échangeant un regard, sans aller trop vite surtout pour que la peur disparaisse progressivement.

Entendez vos émotions vous dire « apprivoise-moi ! ». Ainsi, là où elles sont, en les accueillant avec leurs réalités et ce qu’elles veulent vous dire, vous parveniez à apprendre de vous grâce à elles.

Exercice de questions

Poursuivons vers le cahier de vie avec un autre exercice dans lequel je vous propose quelques questions pour continuer à vous interroger sur votre envie de mourir. Gardons quand même à l’esprit l’utilisation de l’entretien (l’interview) dans le but d’apprivoiser nos émotions, bien entendu. 

Voilà quelques questions que je vous propose :

  • Quel(s) besoin(s) non assouvis ressentez-vous actuellement et qui nourrit votre envie de mourir ? 
  • Qu’est-ce que vous avez fait pour combler ce/ces besoin(s) jusqu’à maintenant ?
  • Pourquoi attendez-vous des autres qu’ils comblent vos/votre propre(s)s besoin(s) ?
  • Que pouvez-vous faire vous-même pour combler vos besoins ?
  • Qu’est-ce qui, dans ce travail qui consiste à les combler, ne dépend pas de vous ?
  • Qui peut vous aider ? Par voie de conséquences. 

Vous vous aidez vous-même en demandant de l’aider

Vous entendez que dans la phrase « qui peut m’aider ?» Se trouve un l’article pronominal. Il est donc question de demander si on peut aider le moi. Cette démarche vers l’égocentrisme naturel, nécessaire, en situation de besoin, consiste à faire qu’en demandant de l’aide à quelqu’un d’autre on s’aide moi-même en même temps. L’idée n’est pas que l’autre fasse tout le travail, mais que l’autre fasse un travail complémentaire au nôtre.

S’il est une responsabilité que vous avez à porter, c’est celle qui consiste à répondre à vos propres besoins. Vous avez à répondre à vos propres besoins avant d’attendre la possible participation de quelqu’un d’autre dans la réponse ces derniers.

promenade dans les bois

La question de la fin

Je voudrais terminer reposant une question : 

Si votre ou vos besoins précédemment mentionnés sur votre cahier de vie étaient comblés, continueriez-vous à avoir envie de mourir ? 

1) Si la réponse est «non», continuez à répondre à vos propres besoins en cherchant les ressources extérieures à vous. Incitez les personnes disposées à le faire à participer pour continuer à combler votre/vos besoin(s), prenant conscience que votre capacité à répondre à votre/vos propre(s) besoin(s) fait que vous pourrez sortir de cette envie de mourir, trouver des solutions à votre/vos problème(s) (celui/ceux que vous voulez voir mourir au lieu que ce soit vous qui mouriez) pour continuer à installer le bonheur en vous. 

2) Par contre, si à la question que je viens de vous poser votre réponse reste affirmative, je vous demande de me rendre un service (et en même temps de vous rendre service), c’est de vous faire accompagner. 

Ne cherchez plus et ne continuez pas à tenter d’allier la chèvre et le chou en trouvant des solutions en réfléchissant à ce que vous allez faire. Là, le passage à l’action qui vous attend et de vous dire « j’ai besoin d’être accompagné(e) ». Parce que si vous n’avez pas la capacité de répondre, selon vous, à vos/votre propre(s) besoin(s), vous avez besoin que quelqu’un vienne à votre secours. 

Si c’est le cas, vous savez que sur cette page du blog heureux au present.com, vous pouvez demander à être accompagné(e). D’ailleurs, vous avez 30 minutes offertes pour le premier entretien pour vous donner la liberté de choisir de continuer à être accompagné(e) par moi ou de choisir un autre accompagnant. 

Choisissez le thérapeute que vous voulez, qu’importe. Ce qui compte, c’est que, face à une envie de mourir, si vous avez le sentiment de ne pas être capable de répondre à vos propres besoins ou que même si vos besoins étaient comblés, vous continueriez à avoir envie de mourir, que vous soyez accompagné(e).

S’il vous plaît, ne reportez pas à demain. Faites ce pas aujourd’hui.

Il ne me reste plus que vous aussi une bonne semaine.

Bye-bye

Photo de Nathan Cowley et Ksenia Kartasheva provenant de Pexels

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