257# Posez des questions bêtes

Questions en quête de compréhension

Vous ressentez une gêne à poser vos questions, à dire ce que vous pensez, parce que vous avez le sentiment que si vous vous exprimez, certains diront de vous que vous êtes bête parce que votre question paraît bête ou que votre raisonnement ne tient pas la route. Malgré tout, je vous dis : posez des questions bêtes. Pourquoi cela ? C’est le sujet du jour.

Vous aimeriez savoir s’il existe des questions bêtes. Sans doute aussi s’il existe des raisonnements bêtes. En effet, dans le titre, je n’ai évoqué que les questions, mais au-delà de la question, il y a un raisonnement qui mène à la question. La question pourrait être apparentée à l’aboutissement, ou à l’étape d’un raisonnement. Du coup, elle pourrait manifester un raisonnement en cours.

Je trouve encore souvent des personnes mal à l’aise face à la question, de peur de poser des questions bêtes. En conséquence, ces personnes ont tendance à retenir ce qui leur vient pour contourner leur envie de poser une question. Grâce à l’anonymat des pseudonymes, certaines se lâchent sur les forums ou les réseaux sociaux. Voici quelques questions glanées ça et là :

  • Pourquoi est-ce que notre corps ne peut pas tout éliminer la graisse de façon naturelle ? 
  • Les poissons boivent t-il de l’eau ? 
  • Est-ce que faire du mal à quelqu’un en rêve équivaut à lui faire effectivement du mal ? 

Les travers de l’interprétation

J’entends bien que certaines questions sont posées accompagnées d’une gène parce que leurs auteurs avaient déjà le sentiment de fouler un chemin considéré comme bête par l’entourage. Pourtant, je voudrais affirmer qu’une question est effectivement le révélateur d’un phénomène de pensées. Je l’ai déjà évoqué de manière feutrée dans l’introduction.  Vous l’aviez donc bien compris.  Ça peut vouloir justement dire que le fait de poser une question pourrait tout à fait prêter À penser que la personne est bête. On pourrait se dire, « si la personne arrive à poser cette question, c’est qu’elle pense au ras des pâquerettes ».

Existe-t-il des questions bêtes ?

Il m’est arrivé de dire, de manière humoristique, que j’avais eu le sentiment que certains groupes de jeunes partageaient le même neurones. Oui, comme s’il y avait eu une sorte de collaboration tant le niveau de réflexion ou des questions m’avait paru bas. Interpréter une question ou des raisonnement correspond à une grille de lecture. De la même manière, affirmer qu’il existe des questions bêtes ou légères peut convenir d’une ambiance de rigolade, mais dans le fond, réellement, existe-t-il des questions bêtes ? 

Je pense à une question qui a été posée en ligne que je vous confie : « Comment révéler à son ami qu’on le trompe ?». Cette question pourrait paraître bête dans la mesure où il paraît évident que les moyens de révéler une chose aussi importante sont : le lui dire ou le lui écrire. Il n’y a pas beaucoup d’options. Oh si, on pourrait ajouter : veiller à ce qu’il nous prennent en flagrant délit, en supposant que la relation se poursuivre. Quelles sont les autres voie ? Il me reste pas beaucoup. Peut-être pourrait-on proposer de demander à quelqu’un de le lui dire. pourriez-vous, nous avons quatre possibilités. Ça paraît tellement évident que l’on pourrait en venir à s’interroger sur la pertinence de poser une telle question. 

Une question rhétorique

Néanmoins, j’aimerais que l’on comprenne qu’à chaque fois que l’on pose une question, même si l’on a l’impression qu’elle pourrait être perçue comme une question simple par quelqu’un de notre entourage, nous partons du principe que la personne commence à communiquer avec elle-même. En réalité, bon nombre des questions que nous posons sont des questions rhétoriques. Nous nous posons ces questions pour nous-mêmes, même si elles sont formulées en présence de quelqu’un d’autre. Cela ne signifie pas nécessairement que nous attendons une réponse immédiate. Nous sommes en train de mettre une question sur la table pour réfléchir en nous-mêmes en premier lieu, et ainsi, nous invitons l’interlocuteur à réfléchir avec nous.

Il n’est pas nécessaire de supposer que poser une question entraîne automatiquement une réponse de la part de ceux qui nous entourent. Une question, avant tout, incite à une réflexion personnelle. Si nous l’abordons de cette manière, même si elle est banale, comme la question courante de savoir pourquoi un rideau de douche a tendance à se coller à notre corps pendant la douche, nous pouvons en tirer une perspective différente. 

Quand la science il met son nez

Une étude scientifique réalisée par des étudiants universitaires a été menée pour comprendre ce phénomène, et les résultats obtenus sont tout à fait explicables et démontrables sur le plan scientifique. Cela montre que poser cette question à priori apparemment anodine n’était pas une idée si absurde. Cet exemple met en évidence notre tendance à présumer que certaines questions sont triviales, ce qui s’avère souvent être une erreur.

En effet, nous avons une propension considérable à tomber dans le piège du jugement, et il est pertinent d’ajouter que dans de nombreuses circonstances, ces jugements sont injustifiés. Tant que nous n’avons pas exploré en profondeur la question posée, il est difficile de présumer qu’elle est véritablement dénuée d’intérêt. Le raisonnement qui consiste à préjuger qu’une question est futile peut lui-même être considéré comme étroit d’esprit. Mon argument repose sur le fait que nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer avant d’avoir consacré du temps à examiner la question, d’en comprendre la portée, la raison d’être et les éléments qui seront éventuellement dévoilés à l’avenir.

Juger à plein nez

Il est tout à fait possible de s’abstenir de faire des jugements hâtifs, comme je l’ai expliqué précédemment. Il est évident que porter un jugement avant même d’avoir commencé à envisager une réponse, voire même avant d’entamer une simple réflexion, est une démarche excessive. 

Je vous encourage à ne pas vous juger lorsque vous avez une idée qui vous traverse l’esprit. Évitez de vous auto-censurer en pensant à votre propos, « ce que je vais dire ou penser est ridicule, cela n’a pas de sens. » Malheureusement, la plupart du temps, nous ne nous arrêtons pas simplement à cette pensée. Nous empruntons souvent un chemin nuisible pour notre estime de soi, en supposant que « parce que la question semble bête, la personne qui l’a posée est également bête ». Il est crucial de reconnaître que nous sommes enclins à prendre ce raccourci préjudiciable.

L’erreur assurée

Cependant, dans un précédent podcast, j’ai déjà souligné que se baser sur un acte ou une parole pour en déduire l’identité ou la caractéristique d’une personne est une erreur. Il est incorrect de penser ainsi. Ce n’est pas parce que j’ai fait quelque chose de magnifique avec mon enfant que je suis automatiquement un bon parent.

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De même, échouer dans la préparation d’un plat, que ce soit une fois, dix fois ou trente fois, ne fait pas automatiquement de moi un mauvais cuisinier. Une amitié qui a mal tourné ne nous qualifie pas automatiquement de mauvais amis. De plus, tirer des conclusions sur notre capacité à être un bon conjoint à partir d’une excellente relation de couple est une erreur de jugement. C’est une généralisation hâtive, un raccourci erroné qui aboutit à des conclusions sans fondement, dépourvues d’expérience, de preuves, d’analyse ou de raisonnement éclairé. Penser que « il a fait ceci, il est donc cela » est donc une erreur systématique.

De la même manière que quand j’entends une question qui me paraît bête, l’étiqueter comme telle en affublant la personne du qualificatif « bête » est une erreur systématique. Nous ferions mieux de ne pas compartimenter. Je sais que le fait d’envisager de ne pas compartimenter participe à nous déstabiliser parce que nous aimons les étiquettes, nous aimons les compartiments, nous aimons être certains de notre manière de dire les choses. Et nous nous retrouvons dans l’inquiétude quand nous ne savons pas comment compartimenter quelque chose. Que va-t-on en faire ? Où pourra-t-on le mettre, le classer ? sont des questions que nous nous posons à notre propre insu, en toute inconscience. 

Fichez-vous de vos inquiétudes ?

Le problème est que ce genre de questions génère une sorte d’inquiétude et parfois même de l’angoisse. Certaines personnes détestent ne pas savoir comment gérer une chose qui leur paraît nouvelle. Elles ressentent le besoin de placer chaque situation de vie dans des compartiments. Tout doit leur paraître ‘compartimentable’, ‘étiquetable’.

Pour ma part, je vous demande de faire preuve de quiétude, de repos. Je vous invite à vous apaiser, que vous soyez face à une situation non-étiquetable ou non. Si vous ne savez pas comment gérer une chose, dans quel compartiment la placer, dans quel tiroir la déposer est une chose géniale. En la qualifiant de géniale, j’intègre les questions qui paraissent bêtes, celles que l’on ne sait pas classer.

L’aubaine de l’apprentissage

En réalité, si vous ne savez pas dans quel compartiment déposer une chose, vous êtes face à une situation d’apprentissage potentielle. Vous pourriez ainsi vous dire, « chouette ! Je vais apprendre quelque chose ». Et alors que vous supposez que cet apprentissage concerne la personne qui vous parle, ou le sujet de la conversation, vous découvrirez que la première chose que vous apprendrez, vous concerne vous-même. En effet, grâce à ces questions bêtes, vous apprendrez des choses sur vous.  

  • Pour ce faire, vous pourrez vous interroger comme suit :
  • Pourquoi je trouve cette question bête ?
  • Qu’est-ce que je veux condamner parce qu’elle ne me plaît pas en moi ?
  • Que pourrais-je vouloir signaler qui se trouve chez moi, dans mon fonctionnement, et qui me pose problème ?
  • Pourquoi y a-t-il quelque chose qui se réveille en moi qui me conduit à considérer que la question, l’attitude, le raisonnement de l’autre ne tient pas la route ?
  • Qu’est-ce qui m’amène, dans mon histoire personnelle, à trouver que cette personne a un raisonnement bête ?
  • Trouver ce raisonnement, ou cette question bête, serait-elle une manière de me mettre en avant, de me valoriser ?
  • Est-ce que cela pourrait révéler une façon de me donner l’impression que je raisonne bien, que je me trouve intelligent, que je veux quelque chose ? 

Accepter les modes de pensée étranger aux nôtres

Je m’arrête ici dans la liste des questions pour vous laisser le temps d’y réfléchir. Accepter les questions et les modes de pensée qui semblent étrangers à nos raisonnements habituels est une approche enrichissante qui peut favoriser une compréhension plus profonde de soi et des autres. C’est un chemin vers une ouverture d’esprit et une acceptation de la complexité de la pensée humaine. En vous libérant de la nécessité de compartimenter ces questions, vous vous donnez la possibilité d’explorer de nouvelles perspectives et de grandir en tant qu’individu. Cette démarche peut également contribuer à améliorer la compréhension et la communication avec les autres. N’hésitez pas à poser d’autres questions ou à explorer davantage ces idées, car elles sont précieuses pour votre développement personnel.

Vous avez tout à fait raison. En renonçant à l’étiquetage et à la compartimentation des autres, vous contribuez à la libération de l’autre, même si vous n’êtes pas le détenteur de son emprisonnement. En réalité, lorsque nous étiquetons ou enfermons les autres dans nos préjugés, c’est nous-mêmes que nous enfermons dans un schéma de pensée restrictif. C’est une forme d’auto-pénalisation liée à notre propension au jugement.

Il est fort probable que cette prise de conscience vous conduise à réaliser combien il est dommage de fonctionner ainsi avec vous-même. Mettre un frein aux jugements abusifs et aux préjugés, que ce soit envers vous-même ou envers les autres, est un pas important vers la croissance personnelle et la création de relations plus saines.

Opter pour une approche positive

Le fait d’accueillir les questions, les raisonnements et les manières de fonctionner diverses sans préjugés est une approche positive qui favorise la communication et l’empathie. L’idée de rappeler à quelqu’un qui estime que sa question est « bête » qu’il est peut-être injuste envers lui-même est une belle manière de soutenir cette personne et de l’encourager à s’exprimer sans crainte de jugement.

Adopter un comportement d’accueil face à quelqu’un qui manifeste des doutes sur la pertinence de sa question est une attitude constructive. Cela peut encourager la personne à partager ses pensées et à s’engager dans un dialogue ouvert. Cette approche contribue à créer un environnement où les idées sont respectées et où chacun se sent libre d’exprimer sa pensée. Cela pourrait nous conduire à poser certaines questions : 

  • Pourquoi trouvez-vous que ma question est bête ? 
  • En quoi le serait-elle, d’après vous ? 
  • Qu’est-ce qui vous signale qu’elle ne tiendrait pas la route ? 

Avec des questions de ce type, la personne que vous interrogez percevra que son raisonnement n’est pas si bête que ça !

La différence entre la surface et le fond

Il apparaît hyper aidant de comprendre que la formulation d’une question ne révèle souvent qu’une partie de la pensée de la personne qui la pose. Une question de surface peut ne pas refléter le raisonnement plus profond ou les intentons sous-jacentes de l’auteur de la question.

Il est facile de se méprendre en se basant uniquement sur la formulation d’une question, car cela ne donne qu’un aperçu limité de ce que la personne cherche vraiment à comprendre ou à exprimer. En réalité, une question peut être le point de départ d’une exploration plus approfondie de la pensée de la personne qui la pose. En accueillant ces questions de surface avec ouverture et en encourageant la personne à s’exprimer davantage, on offre l’opportunité à l’auteur de la question de mieux se découvrir à elle-même et de clarifier ses propres idées.

Cela montre l’importance de la communication ouverte, de l’écoute attentive et de la bienveillance envers ceux qui posent des questions, car cela peut conduire à des échanges plus enrichissants et à une meilleure compréhension mutuelle.

Comment on fait les bébés ?

Prenons quelques exemples. Dans la question, « comment on fait les bébés ? », il s’agit bien d’une question de surface. Ainsi, formulée, elle est accessible pour son émetteur, et en l’occurrence, ici, pour un enfant. Il n’a pas accès au fond même du raisonnement. Aucun adulte ne s’aventurera dans une réponse expliquant le rôle du sexe du père et de celui de la mère en entrant dans de nombreux détails. Par sa question, l’enfant met en évidence une certaine observation quant au fait qu’il n’a jamais vu de magasin qui vende des bébés.

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Focaliser son attention sur le comment nous ferait passer à côté du fond de la question. D’ailleurs, la plupart des parents répondent que les garçons naissent dans les choux… d’autres expliquent que le papa a semé une graine dans le ventre de maman… encore une réponse qui ne tient compte que de la surface. À se demander si c’est la question ou la réponse qui pourrait être qualifiée de bête ?

Vous avez parfaitement saisi l’importance de reconnaître que derrière certaines questions qui semblent techniques ou simples se cachent souvent des questions existentielles profondes. Les enfants, par exemple, ont souvent une curiosité innée pour les questions fondamentales de la vie, comme l’origine de la vie. Leur quête de compréhension peut être stimulante et susciter des réflexions profondes.

La surface d’une question existentielle

La question de « comment expliquer que je sois là, vivant » est en effet une question existentielle qui a fasciné l’humanité depuis des siècles. Elle touche à notre nature et à notre place dans le monde. Les réponses à de telles questions peuvent être complexes, variées et dépendent souvent des croyances, des perspectives et des cultures individuelles. Et oui, avec « comment on fait les bébés ? », nous sommes face a une question qui taraude l’humanité tout entière, et qui le fera jusqu’à la fin des temps ; l’origine de la vie.

En reconnaissant ces questions existentielles derrière les questions en apparence simples, nous pouvons encourager la curiosité, la réflexion et l’exploration, ce qui peut contribuer à une meilleure compréhension de soi, des autres et du monde qui nous entoure. 

Percevez-vous combien la question, apparemment superficielle, contient une grande profondeur ? Eh oui, chez un enfant, se posent des questions existentielles profondes. En tant que parents, faisons confiance et rappelons-nous que derrière des questions en apparence simples se cachent souvent des questions fondamentales importantes : Comment les oiseaux font-ils pour voler ? En effet, quand on lance quelque chose dans l’air, ça retombe. Si je saute, je retombe. Cette question en surface soulève le sujet de la relativité.

Une question naïve

Ces jours-ci, j’ai mes nièces à la maison pour les vacances. Elles m’ont posé une question que j’ai trouvée intéressante, bien que certains pourraient la trouver naïve. Étant donné que c’est mon métier, je leur ai expliqué comment aider les gens à être heureux. Immédiatement, leur question a été : « Pourquoi les adultes ont-ils besoin qu’on leur apprenne à être heureux ? ». Cette question en apparence naïve comporte en réalité un fond très important. D’autant plus que, pour un enfant, il n’y a pas de question bête.

De plus, j’aimerais que systématiquement, vous vous amusiez, comme dans un exercice ou lors d’un jeu, à remarquer votre tendance à qualifier une question, un raisonnement ou une habitude de « bête ». Chaque fois que vous ressentez cette inclination naturelle à étiqueter ainsi, avec une tendance à cataloguer, interrogez-vous pour comprendre pourquoi vous réagissez ainsi, pourquoi vous adoptez ce comportement ou cette manière de voir les choses, ou pourquoi vous avez cette interrogation. Ensuite, quand c’est quelqu’un d’autre que vous, rapprochez-vous de lui ou d’elle pour lui poser des questions comme : « Je vois que tu as posé cette question. J’ai remarqué que tu as adopté tel comportement. Qu’est-ce qui t’a conduit à cela ? ». 

S’ouvrir un raisonnement qui nous est étranger

Vous savez que je ne peux pas être expert en tout, tout comme personne ne peut l’être. Cela signifie que si quelqu’un adopte un comportement ou formule quelque chose qui relève de mon domaine d’expertise, j’aurais tendance naturelle à opter pour une attitude ou un raisonnement étranger à son domaine d’expertise. A priori, je pourrais partir du principe que son raisonnement est dénué d’intelligence.

J’aurais l’impression que sa manière de voir les choses est trop légère, que cette personne n’a pas suffisamment poussé son analyse, qu’elle est dépourvue de certaines connaissances. Et cette perception est relative au fait qu’il s’agisse de mon domaine d’expertise, pas du sien !

Si je me retrouvais à raisonner ou à poser des questions dans un domaine qui n’est pas le mien, quelqu’un d’autre pourrait avoir cette même impression que celle dont j’ai fait preuve dans mon raisonnement précédent, mais de manière inversée.

La bonne nouvelle est que l’on ne peut pas exceller dans tout. Cela signifie que je me prépare au fait qu’un expert dans mon domaine d’expertise pourrait adopter une manière de raisonner, de fonctionner ou de penser qui soit différente de celle qui me paraît pertinente, tout simplement parce que son expertise ne couvre pas des domaines ou des nuances que je maîtrise. Pourquoi ? Parce que chacun a choisi, après réflexion, ce qui lui fait défaut, ce qui l’altère.

Une porte vers la libération

Le fait de sortir de cette manière de raisonner nous libère et nous permet de nous accueillir nous-mêmes ainsi que les autres correctement. Le biais consistant à considérer qu’il y a des questions bêtes nous pousse à nous retenir nous-mêmes, ce qui impacte nos relations sociales. On pourrait ne plus oser dire certaines choses, ni oser penser certaines choses.

Il serait fort dommage de s’autocensurer simplement parce que ce qui pourrait être considéré comme une question bête pourrait servir de plafond de verre. Je trouve vraiment dommage également de contribuer à limiter l’expression de l’autre en donnant l’impression que s’il dit quelque chose que j’ai considéré comme bête, je l’enverrai dans les ronces. 

Je préférerais de loin que personne ne sente le besoin de se contrôler pour rester en accord avec lui-même. Ainsi, chacun pourrait s’exprimer librement dans son raisonnement, sans craindre d’être catalogué ou étiqueté, en étant convaincu d’être accueilli tel qu’il est, car conscient d’être engagé dans un cheminement personnel. Ainsi, nous serions tous en processus, une sorte de cheminement dans lequel nous nous interrogerions. Nul besoin de maîtriser toutes les réponses, car la maîtrise totale pourrait équivaloir à un certain fondamentalisme psycho-émotionnel. En revanche, le fait de rester ouvert serait un signe d’intelligence.

Une scène d’ouverture, un signe intelligence

Par conséquent, accueillir la question comme étant la scène d’ouverture pourrait être un signe d’intelligence. Nous pourrions, en accueillant des questions que l’on pourrait qualifier de bêtes, sans les juger comme telles, finir par comprendre que la question est un matériau qui peut servir à avancer vers une meilleure compréhension de soi, à cheminer avec les autres sur le plan social, dans un raisonnement, dans une réflexion, dans une réflexion collective, et tout cela contribuant à une croissance collective. Bien entendu, cette croissance collective serait liée à une quête de soi, une quête de sens, dans une ouverture vers plus de clarté pour comprendre que l’on grandit lorsque l’on collabore avec les autres.

C’est là tout l’intérêt de poser des questions, car même si je les pose d’abord à moi-même, je les pose aussi à d’autres. Par conséquent, les autres seraient invités à collaborer ou à coopérer dans une réflexion, une analyse, une projection, une lecture différente de celle que j’aurais pu imaginer.

Garder vos questions pour vous ? Ce serait vraiment très dommage, surtout si c’est parce que vous pensez que certaines d’entre elles sont bêtes. En agissant ainsi, vous nous empêcheriez de grandir. Vous vous empêcheriez de progresser et d’avancer. 

Passer à l’action

Ne vous arrêtez pas. Laissez les gens qui vous jugent juger à leur guise. Finalement, peut-être se tromperont-ils eux-mêmes ou se priveront-ils d’occasions de grandir, de progresser en posant leurs questions. Quant à vous, continuez à poser toutes les questions, même si certaines vous paraissent bêtes.

Je vous encourage à utiliser les opportunités que vous aurez en discussion pour vous exercer à ce travail. Orientez-vous vers une relation verticale. Transformez la relation en une réflexion, en un raisonnement, et vous vous rendrez compte que l’intelligence est beaucoup plus enrichissante lorsqu’elle est partagée. C’est rarement dans l’isolement, dans son bureau, ou dans sa chambre, qu’il est possible de créer un lien social nourri par une intelligence collective.

J’apprécie particulièrement l’étymologie de « communiquer » ; devenir un. On se rapproche de l’unité. C’est par la question et l’échange de modes de pensée qu’il est possible de continuer à travailler à son bonheur. Posez des questions en pleine auto-libération. Plus vous avez la conviction de la liberté, plus vous la manifestez.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine.

Bye bye

6 commentaires

  1. J’aime beaucoup l’idée de la liberté de pouvoir poser des questions…
    et je rappelle souvent à mes enfants qu’il n’y a pas de questions bêtes… je vais tacher de me l’appliquer un peu plus souvent à moi aussi 😉

    1. Merci pour ton retour. Il est facile de dire à un enfant qu’il n’existe pas de question bête, mais il est plus difficile entre adultes de continuer à le croire.

  2. J’ai apprécié ton article autour du concept des « questions bêtes ». Il met en lumière le fait que derrière chaque question simple se cache souvent une réflexion plus profonde ou une question existentielle.
    Cela insiste sur la nécessité de ne pas porter de jugement sur ces questions et met en évidence l’importance de les accueillir pour promouvoir des conversations enrichissantes, offrant ainsi une voie vers une compréhension plus profonde, comme un chemin vers la libération.

    1. Merci Patricia de voir, dans le contenu de ce podcast, un chemin vers la libération. C’est tout à fait le cas.

  3. Cela me fait tellement penser à Newton qui se posa la question : pourquoi la pomme tombe ? Peut être qu’à l’époque, sa question semblait bête, pourtant c’est grâce à cette question qu’il a decouvert le principe de la gravité… Existe-t-il vraiment des questions bêtes finalement ?

    1. Excellente question suite à une excellente remarque 🙂

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