86# Et si c’était possible, Odile SOULAS témoigne

Odile Soulas témoigne de son parcours

Dans la continuité du rendez-vous de la semaine dernière, je reçois aujourd’hui, Odile qui exerçait une fonction de cadre dans la fonction publique et qui a choisi de tout arrêter pour embrasser une nouvelle expérience de vie. Et si c’était possible, Odile SOULAS témoigne.

Pascal Quionquion : Bonjour, Odile

Odile Soulas : Bonjour Pascal

Plantons le décors

Pascal Quionquion : La semaine dernière, je parle entre autres de personnes qui avaient eu le courage de répondre « oui » à la question « Et si je changeais de métier ? Et si c’était possible ? ». Et c’est ton cas ! Est-ce que tu veux bien, en quelques mots, me dire d’abord ce que tu faisais ? Cela nous permettra de comprendre le contexte dans lequel tu évoluais. 

Odile Soulas : Je me suis d’abord engagée dans une carrière de statisticiennes à l’INSEE. J’ai démarré par des classes préparatoires scientifiques et un concours m’a propulsé dans l’univers de l’administration publique. Cet établissement magnifique qu’est l’Institut National de Statistiques et des Études Economiques a été mon point d’atterrissage. J’y ai exercé pendant 28 ans. Pas uniquement à l’INSEE puisque j’ai évolué en allant voir d’autres administrations. J’ai travaillé à l’Agence Régionale de Santé (ARS). J’ai pris ensuite un autre tremplin en allant faire une escapade chez le préfet de région. J’ai commencé un petit pas vers le changement en prenant des risques, puisque je n’y exerçais plus en tant que statisticienne, mais en tant que chargée de mission sur des politiques publiques. 

Donc, voilà mon parcours de 28 ans dans la fonction publique.

Un parcours de succès

Pascal Quionquion : Pour faire ce que tu viens d’exprimer, quel a été ton cursus ? 

Odile Soulas : J’ai suivi le cursus Math sup. Math-spé avant de passer un concours, comme on le fait en concours d’ingénieur ou pour rentrer dans une grande école.

Pascal Quionquion : Donc en gros, tu es une tête, quoi ?

Odile Soulas : (Rire) et bien, disons que je réussissais en mathématiques là où d’autres rencontraient quelques difficultés, mais effectivement ce n’est pas forcément pour moi un gros effort. J’ai pu exploiter cette voie de par cette capacité un peu atypique. 

Pascal Quionquion : C’est dit avec beaucoup de modestie, mais pour moi, quand on me fait Math sup. Math-spé, je me dis « waouh ». Comment as-tu vécu ta carrière ? Avec les différentes étapes que tu as décrites, as-tu vraiment eu du plaisir ? T’es-tu sentie épanouie ? Comment vois-tu les choses avec le recul ? 

Odile Soulas : Je pense que j’ai toujours été dans cette voie avec le sentiment que cela m’offrait la sécurité de la vie de famille que je souhaitais. Je souhaitais avoir des enfants jeunes donc, j’ai pris un emploi qui me sécurisait et m’apportait le confort financier associé à un statut de cadre. J’ai donc vraiment pris ma carrière professionnelle comme un moyen de me réaliser d’un point de vue familial et personnel. En fait, petit à petit, au fil du temps, lié à mon parcours un peu difficile dans ma vie familiale où j’ai divorcé à deux reprises, je me suis rendu compte que cette vie professionnelle avait pris une part de plus en plus importante. Je me suis rendu compte que je me suis beaucoup investie dans cette carrière comme dans une recherche de valeurs et d’épanouissement que je n’avais pas dans ma vie. Je ne l’avais pas trouvé dans ma vie familiale. 

A la recherche de soi

Pascal Quionquion : Tu as eu l’impression d’être dans une démarche de recherche de valeurs dans ton cheminement professionnel ? 

Odile Soulas : J’avais, tout du moins, le besoin d’être reconnue dans ma capacité à réussir quelque chose. Ce que je n’avais pas réussi dans ma vie familiale et mes idéaux de jeunesse se sont retrouvés comme des moteurs dans mon activité professionnelle. J’ai donc cherché cette satisfaction dans mon travail.

bonheur écriture

Pascal Quionquion : Et, tu estimes l’avoir trouvé ? 

Odile Soulas : Je suis allé très très loin. J’ai eu, effectivement, beaucoup de satisfactions avec une grande mobilité. Il m’est arrivé de changer de postes très souvent. J’ai eu besoin d’explorer beaucoup de voix différentes pour mon propre épanouissement. Il est vrai que, de plus en plus, j’ai pris des responsabilités. J’ai été reconnue dans mon travail jusqu’à cette expérience auprès du préfet de région. Elle m’a propulsée dans un monde où l’expertise fine était moins nécessaire, mais dans laquelle j’ai travaillé davantage dans la coordination. J’y ai vécu une plus grande visibilité. Et, j’ai vraiment éprouvé mes capacités d’adaptation. J’ai donc eu beaucoup de satisfaction dans cette vie professionnelle.

Quand le déclic a commencé

Pascal Quionquion : Comment expliques-tu qu’avec une telle satisfaction, comme celle que tu es en train d’écrire, tu aies eu envie de changer ?

Odile Soulas : Il se trouve, quand même, que cette expérience professionnelle est arrivée à une sorte de sommet lorsque je suis allé en préfecture. Malgré tout, j’ai rencontré de grosses problématiques de santé. C’est arrivé à un point où, autour de moi, d’autres personnes de mon cercle proche ayant eu des problèmes de santé sont décédées. Ces événements ont été des déclics. 

Je me suis interrogé me demandant si je n’étais pas dans un univers qui ne me convenait pas. Je me suis interrogé pour savoir jusqu’où je voulais aller. J’ai interrogé ma carrière professionnelle. C’est vraiment la prise de conscience sur mon état de santé physique que je voyais en dépendance avec une problématique d’adéquation de ma vie professionnelle. Je réalisais que mon implication allait est trop loin et que cela venait heurter certaines valeurs profondes. Tout un mécanisme de questionnement s’est alors mis en place. 

Le temps des constats

Pascal Quionquion : Veux-tu partager avec nous quelques pages de ce mécanisme de questionnement ?

Odile Soulas : Tout d’abord, je suis arrivé au constat que je n’avais plus besoin de la recherche de reconnaissance, plus besoin d’être valorisée. Quand je parlais de sommeil de ma carrière professionnelle, j’ai pris conscience que ce besoin était rempli alors que d’autres ne l’étaient pas. C’est comme cela que j’ai interprété les signaux de mon corps, dans les difficultés que j’ai rencontré. D’ailleurs, en revenant à ma carrière première à l’INSEE, j’ai retrouvé un état de santé beaucoup plus confortable. De ce fait, cela m’a poussé à réfléchir. À m’interroger pour savoir comment je voulais m’épanouir dans la vie puisque mon ascension professionnelle n’était plus un moteur. Qu’est-ce qui pouvait être un moteur pour moi ? 

Ecouter son corps peut être aidant 

Pascal Quionquion : Je voudrais revenir sur ce que tu viens de dire, mais je trouve aussi intéressant que tu aies été en mesure d’être suffisamment sensible à ce que tu disais ton organisme. Tu as réalisé que ce n’était pas un dysfonctionnement, mais tu l’as accueilli comme un signal, une alarme pour t’interroger et envisager d’être en relation avec toi-même d’une manière différente. Je suis trouve que c’est une chose que je répète régulièrement et que j’encourage les personnes à accueillir comme cela. Que les gens arrivent à se dire « mon corps me dit des choses ». Je trouve vraiment intéressant que tu aies été en mesure de l’entendre. Et là je dis « chapeau ».

Entendre implique d’agir en conséquence dès que possible

Odile Soulas  : C’est-à-dire que c’est aller loin, quand même. Comme je l’expliquais, sans entrer dans tous les détails, cela a été à un point où j’ai dû consulter. Je suis allé au CHU, au centre antidouleur, où j’y ai été accompagnée à cause de douleurs extrêmes. Le CHU après moult examens divers m’a dit qu’il ne trouvait rien. Il n’y avait aucune explication physiologique à ce phénomène. Le seul moyen de me soulager était, selon eux, d’acheter un appareil qui pourrait me transmettre des ondes électriques dans la cheville dans le but de détourner ma douleur.

Quand on n’en arrive là, on se pose beaucoup de questions pour résoudre son problème autrement qu’en déplaçant la douleur par des ondes électriques :-). 

L’élément déclencheur profond

Pascal Quionquion : en parlant de prise de risque, justement, tu as pris un risque en te disant « j’arrête ma carrière ». Qu’est-ce qui a déclenché cela ? Même si tu l’as un peu évoqué avant, est-ce que tu veux bien revenir dessus et l’étayer ?

Odile Soulas : C’est une chose qui remonte à loin. Cela remonte à mon questionnement sur ma carrière professionnelle.

Il y a 15 ans, j’avais déjà fait un bilan de compétences. À ce moment-là, je me posais des questions sur la manière dont j’évoluais. Je sentais que je n’étais pas en pleine satisfaction. J’avais donc envie d’aller voir ailleurs, de faire autre chose, mais ce bilan de compétences ne m’a pas mené vers un projet. Je n’avais pas suffisamment d’idées me permettant de franchir le pas. Peut-être n’avais-je pas suffisamment confiance en moi.

femme plantes en pots

Comme dans toute expérience il y a des choses à retirer, comme ce fut le cas de mon expérience professionnelle dans laquelle j’ai senti le déclenchement de ces douleurs qui a été très difficile. Je l’ai quand même utilisé comme un tremplin pour prendre cette décision de changer d’orientation, carrément. J’ai vraiment pris conscience que j’étais capable de faire tout autre chose que ce que je faisais initialement. Je pouvais réussir en prenant de nouvelles responsabilités. Je pouvais apprendre sur le tard en étant motivée. En fait, je crois qu’en étant motivée, on arrive à peu près à tous ! Tout est accessible, à part des métiers de grosses têtes. Tout le monde ne s’invente pas chercheur en mathématiques. Mais, à part cela, beaucoup de choses nous sont accessibles si on le veut et que l’on a vraiment cette conviction profonde de pouvoir y arriver. 

“Beaucoup de choses nous sont accessibles si on le veut et que l’on a vraiment cette conviction profonde de pouvoir y arriver”

Pascal Quionquion :  tu as vécu la phase dans laquelle tu t’es rendu compte que tu avais utilisé ton métier pour aller combler un besoin qui était bien présent chez toi, béant. Quand tu as pris conscience de cela, grâce à ton passage par le bilan de compétences, tu as commencé à prendre conscience du fait que ton métier ne te définissait pas. Tu as donc intégré que tu pouvais être praticienne d’autres choses ? 

Odile Soulas  : Voilà

La rencontre avec elle-même devenue tremplin vers sa vie

Pascal Quionquion : Je trouve intéressant de constater la chose suivante. Quand j’invite une personne à se présenter, elle me donne son nom son prénom et son métier. Je prends le temps de préciser que le métier ne définit pas une personne, il la qualifie.

Odile Soulas : C’est tout à fait juste. Il est vrai que l’on est conduit, dans la vie active parfois, comme dans un tunnel. On pense « il faut que tu réussisses dans la vie, il faut que tu aies un métier, que tu construises ta famille… ». Or, dans mon parcours, je me suis pas beaucoup posé la question de savoir qui j’étais, de ce que j’aimais vraiment. Je ne m’interrogeais pas de savoir ce que je voulais accomplir et quel était le rôle que je voulais avoir dans la vie. Et ce tunnel m’a accompagné pendant très longtemps pour me réaliser dans ma vie. Cela m’a impactée en tant que mère, dans ma vie professionnelle en tant que cadre supérieur de la fonction publique. Tout cela, c’est très beau, mais finalement je suis arrivée, quasiment à 48 ans, à ne pas savoir qui j’étais ni même quelles étaient mes passions. Je ne savais pas ce qui me motivait fondamentalement.

Tout le chemin que j’ai parcouru depuis trois ans, itinéraire de travail sur moi, m’a permis de découvrir mes valeurs, ce que je voulais, ce que je pouvais apporter au monde dans ma singularité. Du coup, c’est ce qui m’a motivé à changer de vie pour exprimer cela et le faire partager à d’autres. 

Pascal Quionquion : Ces trois années, ont été trois années de transition pour aller à la rencontre de toi-même arriver à ce changement de vie. À quoi ressemble-t-elle, maintenant ? 

Le nouveau départ

Odile Soulas : j’ai quitté la ville et me suis installée à la campagne. J’ai découvert mon envie de davantage de nature, plus de vert et de tranquillité. J’ai donc choisi de développer la Perma culture et de créer un jardin-forêt dans mon espace de liberté à la campagne. C’est vraiment une chose que je trouve puissante. 

Je l’ai découvert, d’ailleurs, un peu par hasard dans mon petit jardin de ville, quand j’étais sous pression et que je travaillais énormément. Je m’étais mise à planter compulsivement des fleurs dans mon jardin, comme pour évacuer quelque chose. Petit à petit, j’ai découvert une grande satisfaction de pouvoir recréer ce lien avec la terre. J’ai joué un rôle qui permettait les plantes. J’ai pu observer l’essence de chaque fleur. C’est une chose qui est profondément inscrite dans ma volonté de rapport à la nature, dans laquelle je n’avais donné aucune ouverture jusqu’ici. 

Ce choix de vie à la campagne est vraiment fondateur d’une nouvelle tranche de vie.

Une identité retrouvée conduit vers une activité plus en phase avec soi-même

Beaucoup de choses nous sont accessibles si on le veut et que l'on a vraiment cette conviction profonde de vouloir y arriver

Pascal Quionquion : Tu te retrouves un peu plus. Et au niveau professionnel, une nouvelle orientation s’est manifestée ?

Odile Soulas : Au niveau professionnel, j’ai erré pendant quelques mois. Ce n’était pas du tout évident de faire une réorientation en pleine période de Covid. J’ai eu des idées qui ont été requestionnées par l’époque dans laquelle on vit et qui est très incertaine. Plusieurs de ces questions sont arrivées venant tirailler mes peurs profondes. J’avais envie de changer, mais pourquoi ? Pourquoi changer pour des choses qu’on ne connaît pas ?

J’ai été naturellement tentée de revenir à la sécurité. Ce faisant, j’ai décidé de devenir consultante dans des domaines que je savais faire dans mon métier précédent. J’avais déjà un réseau, ce qui aurait facilité le démarrage. J’avais également des capacités à le faire dans ce domaine-là, mais, finalement, je me suis confrontée au fait que j’avais quitté cet environnement parce qu’il ne me convenait pas. Revenir à la situation de sécurité qui consistait à faire ce que je savais faire n’était pas ce que je voulais.  

Une directions résolue

Dans ce chemin, j’en suis venue à l’idée de devenir coach professionnelle. Compte tenu de mon parcours, j’avais une connaissance du monde du travail assez affûté quant à ses contours et à ses exigences.  Cela me permettait de mieux comprendre les potentielles personnes que je pourrai accompagner dans leurs difficultés face à leurs postes professionnels. Les personnes qui pouvaient avoir envie de s’affirmer davantage, de trouver leur voie ou encore, d’accompagner des personnes qui passent par des phases de questionnement de sens dans leur vie. Ce pourrait être le cas pour des personnes qui seraient en interrogation de reconversion. Vraiment, ce choix de coaching professionnel est un choix de cœur. Je veux accompagner ces personnes parce que, aujourd’hui, je me sens pleinement épanoui dans ce chemin-là. J’ai envie d’en faire profiter d’autres. 

Sortir de sa zone de confort

Pascal Quionquion : je trouve juste pertinent d’aller mettre en évidence la tendance naturelle qui a été la tienne de te retrouver dans une zone de confort, même dans une nouvelle pratique professionnelle. Tu as ressenti le besoin naturel de rester dans l’univers de ce que tu connaissais déjà. En même temps, je pointe du doigt le courage que tu as eu de dire « non parce que je ne serai pas dans qui je suis au fond de moi ». 

Là encore, je le prends comme un encouragement et une alerte pour dire « attention ! Vous aurez naturellement tendance, Madame Monsieur, avez-vous cherché à vous retrouver dans votre zone de confort. Là où vous savez maîtriser au lieu d’aller là où vous êtes vraiment vous. Certainement, pendant un certain temps ce sera inconfortable, voire forcément un confortable.

Le réflexe du confort

Odile Soulas : Bien sûr. C’est très inconfortable parce qu’on ne maîtrise plus rien. Je l’explique aussi à des amis. Dans cette reconversion, il y a aussi une démarche personnelle très importante. Elle vient de la prise de conscience que toute la première carrière professionnelle a été le développement de ma part yang, la partie masculine de moi dans laquelle je me suis assumée. J’ai montré que je pouvais être leader. Finalement, toute la partie yin n’a pas eu le loisir de s’exprimer. Et, aujourd’hui, j’ai envie de lui donner davantage de valeur et de possibilités d’expressions. Ça passe par le jardin, par l’accompagnement. Il est indéniable que, quand on est cadre supérieur, on dirige, on a une vision stratégique, on impose un peu le rythme. Alors que dans une posture de coach, on inverse toute l’attitude. Il est question d’accompagnement, de compréhension, de suivre le rythme de l’autre personne en l’écoutant et en l’aidant à exprimer son propre potentiel. 

Pour moi, cela a vraiment été un choix conscient, fortement engagé et difficile parce que je suis passé d’un naturel sûr de moi à une tout autre perception beaucoup plus incertaine et plus fragile, face au lendemain. Malgré tout, elle ouvre une voix des possibles dans l’émotion, le ressenti, le vivant ce qui est extrêmement vivifiant.

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ESPACES DE RESSOURCES pour sortir de sa zone de confort

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La cohérence, des racines aux actes

Pascal Quionquion : Je ne sais pas si tu as déjà fait le pont entre ce que tu vis entre la Perma culture et ce que tu vis dans ton approche du coaching professionnel. Tu es dans cette même dynamique parallèle dans laquelle tu accompagnes, tu vas au rythme de…, de l’autre, de la nature ou de la personne. De plus, dans les deux situations, tu es dans une part de démaîtrise, forcément. Il y a donc une part d’insécurité et, en même temps, une sérénité dans laquelle tu es, comme une participante, une aidante. Je pense qu’il y a des ponts évidents qui rejoignent cette identité profondément que tu veux être profondément tienne. 

Odile Soulas : Oui ! La devise de ma nouvelle activité est de se relier à soi, de se relier aux autres et de se relier à la terre. Pour moi, c’est vraiment un ensemble qui conduit le sens de ma vie aujourd’hui. Ça me permet de le vivre comme un ensemble cohérent.

Regard sur les embuches

Pascal Quionquion : J’imagine qu’avant de te lancer comme coach professionnel, tu es passée par des moments d’interrogation et de doutes difficiles. Quels ont été les plus gros obstacles et les plus grosses difficultés que tu penses avoir rencontrées ? 

Odile Soulas : Vraiment, pour être très honnête, avant de partir de la fonction publique, je n’ai pas eu de réel obstacle. Comme je te l’ai dit, j’ai suivi un processus assez long pendant deux ans dans lequel j’ai travaillé sur moi-même, sur la compréhension de mes limites et mes difficultés, en relation avec mon passé. 

Il y a vraiment eu tout un retour sur mon fonctionnement personnel. Je vivais dans une dépendance affective, par exemple. Ces choses-là m’ont profondément interrogée pour essayer de comprendre d’où cela venait. J’ai voulu chercher à comprendre pourquoi j’étais dans un fonctionnement de manque qui ne m’apportait pas de satisfaction et d’épanouissement.

Une fois après avoir travaillé sur moi, il m’est apparu très clairement que je devais m’ouvrir à un autre champ des possibles.

La période la plus compliquée pour moi a été celle des quatre derniers mois, finalement. C’est quand je me suis lancée dans l’inconnu. J’avais pris la décision de partir, donc j’étais très fier d’avoir fait ce pas-là. Finalement, ensuite c’est comme sauter dans le vide. C’est là où il m’a fallu déployer mes ailes. C’est là que cela a été le plus compliqué pour moi. Ce sont donc ces quatre derniers mois, en plein hiver, en plein Covid, avec moins de rencontres et un face-à-face avec soi-même. Ce chemin-là a nécessité de me réinterroger profondément en s’accrochant au fait que l’on veut aller vers autre chose. Il m’a fallu y croire. Cette phase de « je m’autorise à briller de ma propre lumière » a sans doute été ce qui était le plus difficile pour moi dans cette dernière étape.

« Je m’autorise à briller de ma propre lumière »

Pascal Quionquion : je trouve cette formulation très jolie : « je m’autorise à briller de ma propre lumière ». Cela signifie que je suis conscient d’être, moi aussi faisant partie de la lumière. 

Dans cette phase de vie, qu’est-ce qui a été pour toi le plus facile ? Nous avons parlé des problèmes que tu as rencontrés, mais certaines choses se sont passées beaucoup plus facilement que tu ne l’imaginais. Certaines se sont suivies avec une cohérence ou une logique qui t’a surprise. Est-ce que c’est le cas dans ton cheminement ? 

femme sent des fleurs cueillies

Odile Soulas : Oui. Déjà, quand j’ai annoncé autour de moi mon désir de changement, j’ai eu des retours de personnes qui, au travail étaient à la fois surprises et inquiètes pour moi. En même temps, ce que j’ai reçu le plus n’est pas leur inquiétude mais ce qu’elle est cachait en partie. J’y lisais une forme d’envie. J’ai bien perçu que je leur communiquais une capacité à faire un changement qu’ils n’avaient pas forcément fait mais qu’ils enviaient, quelque part. Cette impression m’a facilité la prise de décision.

J’ai été également soutenue par ma hiérarchie qui m’a permis de suivre des formations. Ça a été le cas pour ma formation en Perma culture dans le but d’une éventuelle reconversion dans ce domaine. Ça a contribué à me dire que « tout est ouvert, tout est possible, à partir du moment où on n’y met de l’engagement ».

Le soutien des proches est aidant

Troisième aspect qui m’a facilité la route, c’est ma famille et mes amis. Ils m’ont dit tout de suite « finalement, ce métier de coach te va comme un gant. On te voit très bien exercer dans cette profession ». 

« Petit à petit, on se rend compte que les pistes que l’on suit, si on les assume et qu’on les présente en toute simplicité et lucidité, à ceux qui nous connaissent, ces pistes peuvent se dérouler devant nous comme par magie. Quant on ouvre les portes et, plus on accepte d’ouvrir de portes, et plus elle s’ouvrent d’elles-mêmes. C’est assez extraordinaire quand on prend ce chemin du changement. » 

Pascal Quionquion : Cela signifie que, maintenant ,que tu as déjà monté un blog qui s’appelle ecoreliance.fr sur lequel tu commences à bloguer. Tu partages de réflexion et tu te lances progressivement au point d’arriver très prochainement à faire des podcasts, ce à quoi je t’encourage vivement.

Odile Soulas : (rire) C’est une autre aventure. Déjà, merci beaucoup à toi pour cette interview. J’avoue que c’est un domaine tout à fait nouveau pour moi. Donc, un challenge extraordinaire avec une opportunité pour donner à voir sur cette transformation. C’est un nouveau monde que j’intègre. Viendra le temps des podcasts, des vidéos. On verra. Ce sont des pistes nouvelles de développement que j’ai envie d’explorer, en effet.

Offrande de conseils pour initier un changement de vie

Pascal Quionquion : Est-ce que tu veux bien donner quelques conseils, des idées, en disant « si vous voulez changer de vie et que c’est dur pour vous, que vous avez les chocottes… ». Que pourrais-tu offrir pour donner de l’encouragement ou des pistes pour des personnes qui se retrouvent dans cette hésitation ? 

Odile Soulas : Déjà, quand on a peur, la première chose à faire est de trouver un moyen de calmer sa peur et son esprit. Pour moi, j’ai découvert le Reiki qui m’a beaucoup aidé. Ça me permet d’ouvrir une voie de tranquillité intérieure propice à démarrer autre chose. Cela peut être le Reiki, comme la méditation, une activité sportive qui peut libérer l’esprit, le contact avec la nature, etc. Quoi qu’il en soit, trouver quelque chose qui permet de créer un terreau favorable en libérant l’esprit pour envisager de créer de nouvelles pistes.

Faire face à ses peurs, tranquillement

Pascal Quionquion : J’ajoute juste, à la liste que tu viens de donner, l’intérêt d’écrire les raisons pour lesquelles on a peur. Qu’est-ce qui nous fait vraiment peur ? Pourquoi ressentez-vous cette peur ?

Odile Soulas du blog ecoreliance.fr

Odile Soulas : Je trouve que c’est bien de souligner l’écriture. Elle a été fondamentale chez moi, dans les premières années où j’ai travaillé. J’ai écouté et je suis allé chercher les informations partout j’ai pu en trouver. Faites-le. Vous pouvez trouver des choses sur Internet dès qu’il y’a un sujet qui vous interroge. Vous pouvez le faire dès que vous aurez une question qui vous taraude sur vous-même. Chercher de l’info sur internet nous permet d’avancer. Il y a des choses de qualité. En plus de cela, j’avais un travail écrit permanent. Du coup, quand j’écoutais quelque chose qu’il faisait sens en moi, je notais, j’y revenais, je réfléchissais en cascade pour savoir ce que cela évoquait en moi et soulevait comme nouvelles questions. 

Mais bon, c’est un cheminement qui permet d’avancer progressivement sur soi et sur ce que l’on a envie de faire.

Pascal Quionquion : Odile, je te remercie beaucoup. Je suis ravi de t’avoir eu pour ce rendez-vous aujourd’hui. C’est ta première apparition audio sur les réseaux sociaux mais ce n’est pas la dernière. Tu sais que, si tu as besoin d’aide, tu peux compter sur moi car je me ferais un plaisir d’être à tes côtés. Je suis vraiment de tout cœur avec toi dans ton nouveau projet avec le courage dont tu as fait preuve.

Odile Soulas : merci beaucoup à toi, Pascal. Longue vie à ton blog qui est extraordinaire de ressources. Il est très inspirant pour moi.

Pascal Quionquion : Eh bien, je te remercie aussi au plaisir !

Odile Soulas : Au plaisir et très belle journée 

6 commentaires

  1. Merci pour cette superbe interview, bravo Odile c’est inspirant, je te souhaite plein de succès avec cette nouvelle orientation ! Changer de voie n’est pas toujours évident et je me retrouve dans plein de choses ici. Notre projet actuel avec mon compagnon, L’épopée Ludique, vient d’une réflexion de plus de 2 ans, même si au début ce n’était qu’une ébauche, un rêve ! En prenant le temps et en discutant à 2, nous avons affiné le projet, redéfini nos priorités (balance vie perso / vie pro) et sauté le pas 🙂

    1. Merci Helena pour ton retour,
      Je transmettrai tes encouragements à Odile. Et bon vent à l’épopée Ludique !
      Au plaisir

    2. Merci Héléna pour ton retour 🙂 Faire de sa vie un rêve, et, d’un rêve, une réalité ! C’est tout ce que je te souhaite Héléna !

  2. Quelle belle initiative, plein d’inspiration pour toutes ces personnes qui changent de voie, par la force ou par choix (dont je fais partie)! Merci pour ce partage de qualité, si agréable en audio. Dans le contexte actuel, on a absolument besoin de positif et d’encouragement à avancer !
    Merci 🙂

    1. Merci Aurélia d’accueillir le témoignage d’Odile comme tu le fais. C’est la beauté de cette femme porteuse de positif que j’ai voulu mettre en avant, d’autant que je sais combien plusieurs se ré-interrogent ces temps-ci sur le sens de ce qu’ils vivent.
      Odile, en ce sens, est une ouvreuses (involontaire) de voie d’encouragement.
      Je m’empresse de la prévenir d’aller regarder vos commentaires de manière à ce qu’elle les accueille à son tour comme des énergies positives allant dans sons sens.
      Merci encore

  3. Merci beaucoup Aurélia, je suis émue de ton retour… Car si je peux envoyer du positif et être inspirante pour d’autres, alors oui mon changement de vie prend tout son sens !

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